Le Virginien (1962-1971) Universal

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hellrick
David O. Selznick
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Le Virginien (1962-1971) Universal

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Petite critique des 10 épisodes que compte le coffret "volume 2" de la saison 2

« Monument de la télé américaine » (dixit la citation du Monde sur la jaquette), LE VIRGINIEN reste, en effet, une série assez monumentale, ne serait-ce que par son exceptionnelle longévité. Elle compte ainsi neuf saisons, diffusées entre septembre 1962 et mars 1971 et adapte un roman de 1902, « le Virginien », signé Owen Wister déjà porté à l’écran à quatre reprises (la plus « récente » étant titrée LE TRAITRE DU FAR WEST avec Joel McCrea dans le rôle principal). En tout 249 (!) épisodes d’une durée de 75 minutes qui constituent autant de (télé)films westerns souvent plaisants servis par une interprétation. La saga conte les aventures du Virginien (campé par James Drury qui avait déjà joué le personnage en 1958 dans un épisode pilote baptisé « Decision ») et ses amis dans le ranch de Shiloh. La saison 9 se vit d’ailleurs rebaptisée THE MEN FROM SHILOH et le ton s’inspira du western spaghetti alors populaire, au point de remplacer le pourtant fantastique thème musical par un nouveau morceau signé d’Ennio Morricone. Une série spin-off, LAREDO, fut également lancée en 1965 : les personnages, introduit à la fin de la saison 3 du VIRGINIEN, connurent ensuite leur propres aventures durant 56 épisodes.

Ce coffret dvd rassemble dix épisodes, soit le cœur de la saison 2 du VIRGINIEN (qui en compte 30) diffusés durant l’hiver 1963 / 1964. La mise en scène, les décors et l’interprétation sont, pour l’époque (et même aujourd’hui) de haute volée et s’élèvent au niveau des standards du western cinématographique de série B de la même époque.

Jamais diffusé dans nos contrée, « Fatal Journey » débute ce coffret de manière dramatique puisque Molly Wood, la petite amie journaliste du Virginien est abattue par quatre criminels. Se faisant passer pour un évadé de prison, notre héros rejoint la bande afin de se venger et apprend qu’ils s’apprêtent à attaquer un train en causant des dizaines de morts. Doit-il faire passer sa vengeance personnelle au-dessus du bien commun, telle est la question. Ce très bon épisode fonctionne comme un western classique et bien rythmé sur le thème de la vengeance et permet, plus prosaïquement, de se débarrasser du personnage devenu encombrant de Molly Wood, l’actrice (Pippa Scott) ayant quitté la série. Le tout fonctionne de belle manière, propose quelques bons moments de suspense (un homme suspecté d’être un marshal agissant incognito est attiré dans un piège tandis que le Virginien est sommé de l’abattre pour prouver sa loyauté) jusqu’au duel final dans les montagnes. Un excellent début pour ce « tiers de saison ».

L’épisode suivant délaisse le personnage titre pour se centrer sur le juge Garth (Lee J. Cobb) qui nous invite à une plongée nostalgique dans « A time remembered ». L’arrivée d’une ancienne amie de Garth, la chanteuse d’opéra Elena (Yvonne De Carlo) ravive les sentiments du magistrat vieillissant. Peu après, la vedette est contrainte d’abattre un admirateur trop entreprenant. Si elle jure ne pas le connaître, il apparaît rapidement qu’il s’agit de son époux. Se souvenant de son passé d’avocat, Garth assure sa défense. Quoique situé au Far West, voici un bon récit policier « procédural » sur le modèle des classiques intrigues de plaidoiries avec retournements de situation, témoins de dernière minute et les inévitables « objection votre honneur ! » qui rythment la progression de l’histoire. Très agréable.
« Siege » se centre sur Trampas, campé par Doug McClure. Le jeune homme gagne une forte somme au poker, ce qui l’amène à retourner dans sa ville natale pour régler ses dettes de jeu et retrouver son amour de jeunesse. Mais cette dernière a épouse le shérif tandis que les notables ont pactisé avec les Commancheros qu’ils laissent exercer leurs activités illicites en échange de leur tranquillité. Après le meurtre de deux fermiers, Trampas refuse de jouer le jeu plus longtemps et arrête les coupables. Les Commancheros promettent de se venger. Manifestement inspiré par les classiques du western urbain (en particulier LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS), l’épisode se centre sur les protagonistes et expose leurs différents travers jusqu’au siège annoncé de la ville par les bandits et la fusillade qui s’en suit. Du tout bon.

Continuant l’intrigue précédente, Trampas décide d’investir l’argent gagné au poker pour s’acheter un ranch avec son oncle. Malheureusement, dans la tradition de l’Ouest, le vieil homme est abattu et dévalisé par des pilleurs de banque qui se réfugient ensuite en territoire Apache. Trampas se lance à leurs trousses. Sans grande surprise mais bien mené, ce « Man of violence » joue avec les codes du western et n’évite pas les clichés (y compris l’attaque des Indiens) mais se regarde, comme toujours, avec plaisir. Les fans de « Star Trek » auront d’ailleurs plaisir à y découvrir, quelques années avant leurs aventures spatiales, Leonard Nimoy en bandit et DeForrest Kelly en…médecin.

Dans « The Invaders », Mike Tyrone un ancien ami / rival du juge Garth achète un ranch non loin de Shiloh et adopte une attitude dictatoriale afin de pousser les fermiers locaux à vendre leurs terres. Lorsque Trampas tombe amoureux de la fille de Tyrone la situation s’envenime et l’affrontement parait inévitable. Un épisode plus porté sur le drame teinté de romance avec quelques passages efficaces mais aussi d’indéniables faiblesses, en particuliers la résolution de l’intrigue, expédiée en (littéralement) deux minutes après une bonne heure de progression efficace. Moyen.

Steve Hill (joué par Gary Clarke, découvert en jeune loup-garou dans le kitsch HOW TO MAKE A MONSTER) est le héros de « Roar from the mountain » inspiré par le survival. Le cow-boy traque dans les collines un cougar mangeur d’hommes et aboutit dans la maison d’un couple en crise. En effet, l’épouse ne pardonne pas à son mari, Charles, de s’être enfuit lors d’une attaque du féroce félin, ce-dernier ayant ensuite tué leur enfant. La jeune femme tombe amoureuse de Steve tandis que Charles souhaite se racheter en traquant le cougar. Cet épisode, prévisible et peu passionnant, démontre toutefois une relative originalité en se plaçant en précurseur (grand public) des futurs long-métrages consacrés aux « agressions animales ». Si la bête ne semble pas très méchante et les nombreux stock-shots problématiques, les paysages aident à regarder sans ennui cet épisode moyen mais qui semble avoir marqué durablement les fans (« ah oui, c’est celui avec le cougar »).

Bien pire se révèle « The Fortunes of J. Jimerson Jones » dans lequel un prospecteur découragé (Pat O’Brien) devient subitement millionnaire suite à la découverte d’un énorme filon. Le bonhomme part pour la grande ville, s’initie à la vie des hommes riches (il commande une seule huître qu’il peine à avaler puis s’offre une douzaine de homards – gag !) et tombe dans les bras d’une intrigante désireuse de l’épouser pour son pognon. Au final, il découvre que l’argent ne fait pas le bonheur et se console auprès d’une gentille femme de chambre. Bref, un épisode piteux, à l’humour lourdingue et à la morale pachydermique, tourné quasiment entièrement dans les décors d’un hôtel. Le gros ratage de cette salve Virginienne.

« The Thirty days of Gavin Heath » remonte le niveau mais souffre d’un scénario prévisible et d’une morale sans légèreté : un ancien militaire accusé de lâcheté, Gavin Heath (campé par Leo Genn), est mordu par un chien enragé. Apprenant qu’il lui reste un mois à vivre, l’homme décide de se racheter. La fine équipe de Shiloh apparait peu dans cet épisode mais, lors du final attendu, Gavin sauve cependant Trampas retenu en otage par les Indiens et regagne, in extremis, son honneur perdu. Rien de bien original ni de passionnant mais une intrigue qui se suit néanmoins sans déplaisir.

Plus intéressant, « The Drifter » est un épisode flash-back situé sept ans avant le début de la série. Le Virginien débarque et travaille pour un ranch rival de Shiloh mais la situation s’envenime rapidement entre les deux clans en présence. Romance malheureuse, action allant crescendo jusque la résolution par l’inévitable violence des conflits et interprétation solide en font un épisode de référence, ne serait-ce que pour mieux connaitre le background du héros.

Le dernier épisode de cette salve, « First to thine own self », se suit sans déplaisir mais s’avère une relative déception de par son caractère linéaire et prévisible. Un jeune homme, témoin d’un crime, est pris pour l’assassin et traqué par les hommes de Shiloh quoique le Virginien doute de sa culpabilité. Ayant peu de matière à disposition, le réalisateur place trois morceaux chantés par le jeune cow-boy (joué par Randy Boone) qui s’accompagne à la guitare. Le sympathique personnage gagne, au final, le droit de s’installer à Shiloh (il y restera jusque la fin de la saison 4).

Au final, ces dix épisodes s’avèrent globalement de bonne tenue. Excepté le désastreux « The Fortunes of J. Jimerson Jones » que l’ont peu zapper sans remords, tous sont d’un bon niveau et quelques-uns, comme « Fatal Journey » et « Siege » sont de grandes réussites qui sauront plaire à tous les fans de westerns.

http://www.sueursfroides.fr/critique/le ... ume-2-3210 :wink:
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Jeremy Fox
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Le Virginien : Saison 1 / Vol.1

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1.01 - The Executioners

Réalisation : par David Friedkin
Scénario : Morton S. Fine & David Friedkin
Guest Stars : Jon Larch, Collen Dewhurst & Hugh O'Brian
Première diffusion 19/09/1962 aux USA - 28/07/1983 en France
DVD : VF et VOSTF
Note : 7.5/10

Le Pitch : Même si des doutes semblaient exister quant à sa culpabilité dans le meurtre d'une femme, un homme est pendu. Peu de temps après un inquiétant et mystérieux étranger (Hugh O'Brian) arrive en ville et sème rapidement le trouble en questionnant les habitants sur ce ‘lynchage’, et notamment l’institutrice (Colleen Dewhurst), vieille fille semblant avoir été bouleversée par cette pendaison. Quoiqu’il en soit et même s'il agace beaucoup de monde, l'étranger arrive à se faire embaucher par le régisseur du ranch Shyloh, Le Virginien...

Mon avis : Un premier épisode qui frappe très fort et ce dès son ouverture, pas moins qu’une pendaison publique en pleine rue, 'spectacle' dont semblent se délecter la majorité des habitants de la petite ville de Medicine Bow qui sont venus y assister en famille. Une séquence qui ne démérite pas face à celles des meilleurs westerns progressistes sur le sujet comme The Ox-Bow Incident de William Wellman et qui préfigure celle d’ouverture très réaliste du True Grit de Henry Hathaway. Pour une série de cette époque, c’est tout aussi étonnant que courageux et en tout cas sacrément engageant ! D’ailleurs l’on constate peu après que Le Virginien n’a pas voulu assister à la pendaison, pas plus que son patron, le juge Garth. A la fin de cet épisode d’une grande noirceur l’on s’apercevra aussi au travers d’une tirade mémorable de notre personnage principal qu’il est non seulement contre la peine capitale mais également contre toute idée de vengeance conduisant à la mort ; il avoue même avoir été lâche et qu’il accepte même de porter sa culpabilité –ainsi que celle de ses concitoyens- dans le drame qui s’est déroulé au début de l’histoire. Il fallait oser ! Mais l’intrigue ayant de fortes corrélations avec le film noir, le suspense principal étant basé sur la personnalité inquiétante d’un étranger venu semer le trouble dans les esprits, il va sans dire que je ne pourrais pas vous en dire grand-chose de plus sous peine de déflorer plusieurs singulières surprises. Sachez juste que l’épisode ressemble assez à ces westerns jouant de l’apparition en ville d’un inconnu faisant tomber les masques de tous ses habitants qui ont presque tous sur la conscience des actions -ou inactions- pas très flatteuses ; du style Une Balle signée X (No Name on the Bullet) de Jack Arnold avec Audie Murphy ou encore Un homme est passé (Bad Day at Black Rock) de John Sturges.

Film noir mais également mélodrame psychologique teinté de tragédie grecque -quasiment digne d’un Tennessee Williams- au travers les personnages fortement torturés tenus par les deux Guest-Star, à savoir les excellents Hugh O’Brian et Colleen Dewhurst, qui dament d’ailleurs ici le pion aux comédiens principaux même si certains auront probablement du mal avec leurs interprétations respectives, très extraverties. Des rôles peu faciles, des protagonistes fortement agaçants et peu aimables de prime abord, remarquablement interprétés par ce duo composé par Hugh O'Brian qui a toujours été un second rôle très convaincant -Victime du destin (The Lawless Breed) de Raoul Walsh ou surtout L’heure de la vengeance (The Raiders) de Lesley Selander dans lequel il était sadique à souhait- et Colleen Dewhurst, une comédienne de théâtre surnommée 'Queen of Broadway' et que l’on retrouvera plus tard dans Les Cowboys de Mark Rydell, Les Complices de la dernière chance de Richard Fleischer ou encore Un silencieux au bout du canon de John Sturges. Les séquences réunissant le mystérieux étranger et l’institutrice s’avèrent d’une ambigüité et d’une puissance assez considérables, abordant des thématiques aussi adultes que le harcèlement, la frustration sexuelle ou encore la place de la femme dans la société de l’époque, une maîtresse d’école se devant de par son statut d’être moralement irréprochable au point de ne pas oser assumer sa sexualité voire même ne serait-ce que se 'montrer' avec un homme. L'actrice est étonnante alors que Hugh O’Brian n’a peut-être jamais été aussi bon, sans arrêt sur le fil du ridicule mais n’y tombant jamais grâce à un cabotinage remarquablement bien maitrisé : ses mimiques, sa manière de se déplacer et de parler resteront dans les annales de la série ; la direction d'acteurs doit y être aussi pour beaucoup.

Le troisième invité de l'épisode est le toujours excellent John Larch dans le rôle d'un homme de loi pas très rassurant et dont on a aussi du mal à comprendre immédiatement les motivations, personnage moins présent mais dont l’écriture se révèle presque aussi riche que celle des deux précédents. Quant à nos protagonistes principaux, 'les hommes du ranch Shiloh', ils restent encore un peu en retrait même si James Drury a droit à quelques mémorables séquences avec entre autres un combat à poings nus très teigneux, très bien monté et chorégraphié, filmé dans un cadre idyllique avec jolie cascade en fond de plan. Série de distraction en Prime Time oblige, Doug McClure et Gary Clarke apportent légèreté et humour sans que le ton ne se fasse jamais lourd, sans que le contraste soit trop pénalisant avec la noirceur de l'ensemble, tandis que Lee J. Cobb est toujours aussi charismatique sans avoir besoin de trop en faire. Quant à Roberta Shore qui incarne sa fille -qui fête ses 15 ans lors de ce premier épisode-, son rôle n’est encore pas bien défini hormis le fait d’amener lui aussi un peu de fantaisie en essayant de gentiment flirter avec les hommes du ranch. Universal ne semble pas avoir trop lésiné sur les moyens, témoins de très beaux extérieurs sans utilisation de transparences, une figuration parfois assez importante, d'amples travellings lors des scènes de chevauchées pour rassembler les pur-sangs, une efficace scène de dressage de chevaux ou encore une belle séquence de bal avec danseurs chevronnés…

Une histoire solide, des thématiques fortes, des personnages complexes et des situations tout à fait crédibles, de l’humour côtoyant la plus extrême gravité sans que ça ne détonne de trop, une mise en scène honorable et pour englober le tout une merveilleuse partition de Percy Faith qui renforce la puissance et la beauté des dernières 20 minutes dont le tournage en studio n’est absolument pas rédhibitoire, les techniciens Universal -comme c'était déjà le cas dans les années 50 pour leurs séries B- ayant accompli un travail remarquable. Une formidable réussite que l’ouverture ambitieuse de cette série, signée par David Friedkin, un réalisateur ayant accompli la quasi intégralité de sa carrière à la télévision. On part ici vraiment de très haut ; il va être difficile de transformer cet essai. La réponse très bientôt ici même avec Burt Kennedy pour prendre le relais...

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1.02 – Woman from White Wing

Réalisation : Burt Kennedy
Scénario : Morton S. Fine & David Friedkin
Guest Stars : Barry Sullivan
Première diffusion 26/09/1962 aux USA – Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 7/10


Le Pitch : Alors qu’il se rend assez loin du ranch Shiloh s’occuper du bétail, le Virginin arrive à White Wing, une maison dans un coin isolé que le Juge Garth, 15 ans auparavant, avait commencé de construire en souvenir d’une femme qu’il avait aimé et qui est morte depuis. Il y trouve trois hommes inquiétants dont Dawson (Barry Sullivan) qui lui demande de prévenir Garth qu’il vient régler des comptes et que bientôt tout ce que le juge possède n'aura plus aucune valeur à ses yeux. Le passé va remonter pour le propriétaire du plus grand domaine de Medecine Bow…

Mon avis : Alors que le précédent épisode commençait de manière très sombre, les premières scènes de Woman from White Wing –inédit en France- s’avèrent au contraire plutôt bucoliques ; les paysages forestiers traversés par nos trois comparses alors qu’ils conduisent un troupeau et recherchent quelques bêtes sont d’une grande beauté, rehaussés par des couleurs qui nous rappellent à peu près le glorieux et incomparable Technicolor des décennies précédentes. Quelques instants de quiétude et de nonchalance assez légers et plutôt humoristiques -avec notamment Trampas en éternel vantard de ses prouesses avec les femmes- ayant surtout pour but de témoigner de l’amitié et de la complicité qui lient Trampas, Steve et le Virginien. A ce propos, leur patron dira au Virginien lors d'une discussion intime en se remémorant des compagnons très chers de son passé : "Vous êtes des amis, presque des frères, comme les trois doigts d’une main." Puis l’on arrive à ce fameux White Wing du titre, une maison en bois non terminée où se trouvent réunis trois personnages inquiétants. Tout comme pour celui qu'interprète Hugh O’Brian dans The Executioners, on n’arrive pas immédiatement à saisir les motivations de ces trois hommes peu affables dont on comprend très vite qu'ils sont des hors-la-loi évadés ; d’où une partie du mystère qui court durant le premier tiers de l'épisode. L’on apprend juste que Dawson a des comptes à régler avec le juge Garth et qu’un dramatique secret semble les lier. Il va falloir patienter un peu pour savoir ce qu’il en est.

En attendant, pour détendre l'atmosphère, l'on assiste à une séquence extrêmement cocasse qui voit l'arrivée en train du premier sénateur du Wyoming dans la ville de Medecine Bow ; scène au cours de laquelle Trampas se moque de Steve par le fait s'extasier comme un enfant devant une parade avant de provoquer avec le Virginien une sorte d'esclandre en libérant un peu tôt leurs nouvelles têtes de bétail qui vont faire un raffut pas possible, ce qui va provoquer une fâcherie entre le sénateur et celui qui l'accueillait, non moins que leur patron dont la carrière politique est ainsi ruinée. A cette occasion, on constate avec plaisir que nos héros peuvent parfois se révéler de véritables chenapans indisciplinés, capables de désobéir à leur boss qui cependant ne leur en tient pas trop rigueur, ce qui rend tout ce petit monde encore plus humain. Il faudra néanmoins se contenter de ces quelques moments de fantaisie dans un épisode encore une fois plutôt sombre et qui s'attarde avant tout sur le passé du propriétaire du ranch Shiloh, sur les circonstances assez dramatiques qui l'ont conduit dans la région et sur certains de ses actes qui ne s'avèrent à postériori pas très glorieux. Savoir dès le deuxième épisode que l'on trouve des parts d'ombre chez l'un des protagonistes principaux de la série -et non des moindres- renforce d'une part l'humanité de ce dernier, de l'autre nous démontre que le manichéisme ne semble pas être de mise chez les auteurs -la dernière très belle séquence l'entérinera par l'intermédiaire de Dawson- même si évidemment tous nos héros du ranch Shiloh s'avèrent extrêmement attachants.

L'épisode -superbement écrit par Burt Kennedy en personne- va donc principalement tourner autour de Garth, de sa fille Betty et du personnage interprété par la Guest Star de l'épisode, Barry Sullivan, les deux thématiques principales étant à nouveau la vengeance mais aussi, encore plus prégnante, l'amour filial qui sera d'ailleurs décliné à partir de deux points de vue différents. Je vous laisse cependant découvrir les relations qui existent entre ces trois personnages à travers une histoire que les auteurs ont eu l'intelligence de ne pas nous dévoiler par flash-back mais -grâce à une remarquable direction d'acteurs et des dialogues superbement écrits- par la narration de tous ces évènements dramatiques par Lee J. Cobb au cours de longues et sobres séquences en simples champs/contrechamps. Un épisode donc très bavard et quasiment dénué d'action -si ce n'est durant les 5 dernières minutes- mais cependant jamais ennuyeux pour autant grâce au talent des comédiens et des scénaristes. Lee J. Cobb se révèle un conteur hors-pair et cela fonctionne parfaitement surtout qu'il a en face de lui un partenaire également talentueux, le charismatique Barry Sullivan (inoubliable aux côtés de Barbara Stanwick dans 40 tueurs -Forty Guns de Samuel Fuller ou encore dans Les Sept chemins du couchant -Seven Ways from Sundown de Harry Keller où il donnait la réplique à Audie Murphy) à qui l'on a confié avec son visage dur un personnage déterminé mais au final extrêmement touchant. Quant à la maladresse et l'inexpérience de la jeune Roberta Shore, elles conviennent parfaitement à son rôle et contribuent à nous la rendre bien plus sympathique que dans le premier épisode. Quant à James Drury -absolument pas terne contrairement à ce que j'ai pu lire ici et là-, comme déjà dans The Executionners, son Virginien se trouve en quelque sorte relégué au second plan alors même que le personnage sait se faire remarquer par sa force de caractère, sa droiture et sa franchise, ses interventions aidant toujours à faire avancer l'action dramatique ou à démêler les situations.

Pour le reste, une histoire solide et qui aime à prendre son temps pour se dévoiler, des situations et un environnement toujours aussi crédibles -l'on découvre dans cet épisode le dortoir des cow-boys du ranch Shiloh-, un Tom Reese inquiétant avec son gros nez au milieu de son visage grêlé, une belle délicatesse de ton lors des séquences tout en retenue réunissant Roberta Shore et Lee J. Cobb -qui nous livre un grand numéro dans des séquences qui sans lui auraient pu être ennuyeuses-, de l'émotion et une certain tension qui trouvent leur paroxysme dans le magnifique dénouement, les dernières images et ce très beau travelling ascendant. Un épisode encore assez ambitieux pour une série télévisée familiale. Et s'il s'agissait tout simplement de ce que Burt Kennedy avait fait de mieux derrière une caméra durant cette décennie ? Maintenant, il laisse le flambeau à Ted Post !

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1.03 - Throw a Long Rope

Réalisation : Ted Post
Scénario : Harold Swanton
Guest Stars : Jack Warden
Première diffusion 03/10/1962 aux USA – Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 8/10

Le Pitch : Le Virginien craint de revivre à Medicine Bow ce qui s’est déroulé récemment au Mexique et au Montana, soit une sanglante bataille entre éleveurs et fermiers. En effet, des vols de bétail ont eu lieu et les soupçons se portent sur un paysan (Jack Warden) sur le point d’être lynché par le Major Cass, l’un des gros propriétaires de la région qui décide d’ailleurs de partir en guerre contre tous ces nouveaux colons, voire de les exterminer s’il le faut. Si le Juge Garth reste indécis quant à ce qu’il convient de faire, Le Virginien refuse cette solution radicale quitte à se désolidariser de ses amis et de son patron…

Mon avis : Grâce au scénariste Harold Swanton ainsi qu’au réalisateur Ted Post -qui avait déjà travaillé à plusieurs reprises sur Rawhide avec Charles Marquis Warren, le créateur de ces deux séries westerns cultes- et même si les deux épisodes précédents volaient déjà bien haut, avec Throw a Long Rope on monte encore d’un cran. Cet épisode ‘politique’ fait partie de ces admirables fictions –du style La Porte du diable de Anthony Mann- qui prennent immédiatement leur sujet principal à bras le corps sans quasiment en dévier et qui, au risque d’une certaine austérité, ne se laissent distraire par aucune digression, filent droit sans se retourner et en s’attachant uniquement à leur réflexion sur des thématiques assez graves, en l’occurrence celles étroitement imbriquées au sein de l’intrigue que sont la justice expéditive pour les voleurs de bétails ainsi que les conflits sanglants qui opposaient souvent à l’époque gros éleveurs et petits fermiers. Des thèmes maintes fois mis sur le tapis dans le domaine du western -Le Souffle de la violence de Rudolph maté en étant un des exemples les plus connus- mais qui auront rarement été aussi approfondis que dans ce film de télévision de 72 minutes qui s’avère tout aussi adulte que passionnant et progressiste, ce qui n’est pas la moindre de ses qualités, la série pouvant également à nouveau se targuer de ne jamais sombrer dans le manichéisme, les fermiers comme les éleveurs ayant chacun leur part de responsabilités dans cette montée outrancière de la violence contre laquelle le Virginien va d’ailleurs s’élever au risque de se voir abandonné de tous.

"If there’s a wrong; you fight it. If you don’t you become part of it. That ain’t so hard to understand, is it." : pour résumer, s’il se trouve une quelconque injustice, il faut agir, car ne rien faire reviendrait à la cautionner. Pour notre héros ce ne sont pas de mots en l’air et, ne voulant pas recommencer l’erreur du premier épisode, il décide cette fois de prendre le taureau par les cornes, mettant ainsi non seulement son avenir en danger mais aussi sa vie en choisissant le camp de la justice plutôt que celui de sa loyauté à ses amis/patrons/collègues. Alors qu’il n’était relégué qu’en arrière-plan dans les deux précédents épisodes, James Drury obtient cette fois le rôle principal et autant dire que, allant à l’encontre de ceux qui le jugeaient terne, le comédien se révèle aussi charismatique que son personnage s’avère admirable de droiture, d’intelligence et d’éthique. Même s’il reste un doute quant à la culpabilité ou non des fermiers dans les vols de bétail, Le Virginien considère que ce n’est pas par la violence que se réglera le conflit qui se fait jour et que même si le fait s'avérait exact, ce ne serait pas une raison pour les traiter ainsi. Les auteurs ne craignent pas non plus de voir les spectateurs s’offusquer de certains comportements des autres protagonistes principaux et notamment celui de Trampas -qui tient ici dans un premier temps un discours assez haïssable disant en substance que peu importe les lynchages si c’est pour ne pas perdre d’argent- ou du juge Garth qui tergiverse et qui après mûre réflexion estime qu’il n’a pas d’autre choix que d’en passer par l’extermination des colons. Avant ça nous l’aurons entendu raconter à son régisseur les difficultés qu’il a eu à s’installer, ayant eu à combattre les indiens, à construire son ranch de ses propres mains, à s’échiner au travail… Sur quoi Le Virginien lui rétorque que les indiens ont bien dû tant bien que mal s’adapter à leur venue et qu’au lieu de partir en croisade c’est à son tour de s’adapter à cohabiter avec de nouveaux habitants. Un discours vraiment novateur et qui force le respect et l’admiration.

Au vue de la violence inouïe des idées des éleveurs, le Virginien va aller combattre aux côtés des fermiers –pour certains assez belliqueux, notamment lorsqu’ils se servent de Tatum comme d’un martyre en le faisant savoir en plein office du dimanche, une séquence étonnante elle aussi- et donc prendre les armes contre son camp ; mais avant ça et malgré les réticences de la famille, il aura décidé d’aller aider Tatum aux travaux de la terre -ce dernier s’étant cassé la jambe lorsque la corde destinée à le pendre a été sectionnée- et sera également parti enquêter sur les véritables coupables des vols, prétexte pour les auteurs à de nombreuses séquences en extérieur, à une rencontre avec un homme des bois assez pittoresque dans son accoutrement et à l’insertion d’un personnage de policier suédois dont on entendra beaucoup parler sans jamais le voir ; et pour cause ! Une cause faisant partie des quelques surprises que je ne me permettrais pas de vous dévoiler, le résultat des investigations sur les vols étant pour le moins culotté tout en restant totalement crédible. Autant dire que le scénario de Harold Swanton s’avère en tous points enthousiasmant, tout aussi bien dans sa construction qu’au travers ses passionnantes réflexions sur une thématique pourtant rebattue dans le genre, ainsi enfin que dans l’écriture des personnages d’une richesse assez incroyable pour une série de l’époque. Il faut dire que les comédiens méritent tous les éloges, que ce soit James Drury aussi ‘grand’ que son personnage, mais aussi les Guest Star que sont John Anderson dans le rôle du Cattle Baron qui "semble être en manque d’actions sanglantes depuis la fin des guerres indiennes" ou bien Jack Warden –l’un des 12 jurés de 12 hommes en colère de Sidney Lumet- dans celui du fermier martyr ainsi que Jacqueline Scott qui interprète son épouse.

Pour la première fois dans cet épisode il est fait allusion au passé du Virginien dans le comté de Fairfax, sa voix off nous donnant dans le même temps quelques éléments historiques concernant des conflits similaires à celui qui se prépare à Medecine Bow. La vie quotidienne de ses habitants est décrite avec toujours autant d’authenticité : cette fois nous assistons aux travaux des champs par un Virginien qui fait tomber la veste du dimanche pour aller bêcher et sarcler la terre d’une famille pour laquelle il éprouve de la compassion pour ce qu’on leur a fait subir. Cette fiction signée Ted Post –qui, entre ses deux westerns pour le cinéma, The Legend of Tom Dooley et Pendez-les haut et court, n’aura travaillé que pour la télévision- enfonce donc le clou concernant la qualité des débuts de la série ; il dame non seulement le pion à 95 % des westerns des années 60 mais s'avère également être probablement ce qui s'est fait de plus intelligent et approfondi sur la question des rivalités féroces entre éleveurs et fermiers pour la possession des terres et points d’eau. Il va être difficile de faire mieux que cet épisode qui prend également le risque d'oublier humour et fantaisie qui auraient contribué à atténuer son aspect grave et tendu. Petit chef-d’œuvre !
Steed3003
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Re: Le Virginien

Post by Steed3003 »

Nous avons lançé un dossier sur Le Virginien sur Le Monde des Avengers, les critiques sont publiées au fur et à mesure des éditions DVD chez Elephant Films (trois volumes par saison!):
http://theavengers.fr/index.php/hors-se ... -1962-1971
http://lemondedesavengers.fr: le site dédié aux séries et films cultes
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hellrick
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Re: Le Virginien

Post by hellrick »

Steed3003 wrote: des éditions DVD chez Elephant Films (trois volumes par saison!)
Une honte!
Ca met la saison autour des 120 euros. :evil: :shock:

A noter que la saison 1 est ressorties en une intégrale à 60 euros, cher mais déjà moins arnaque!
(sachant qu'un zone 2 sans st existe pour 30 euros)
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Steed3003
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Re: Le Virginien

Post by Steed3003 »

Malheureusement, je crois qu'il n'y a pas d'autres solutions pour que ces séries sortent, vu le marché de niche que ces séries représentent. Si ils en vendent plus de 500 exemplaires chaque, je crois que ce serait déjà pas mal.
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hellrick
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Re: Le Virginien

Post by hellrick »

Steed3003 wrote:Malheureusement, je crois qu'il n'y a pas d'autres solutions pour que ces séries sortent, vu le marché de niche que ces séries représentent. Si ils en vendent plus de 500 exemplaires chaque, je crois que ce serait déjà pas mal.
EN même temps on peut retourner l'argument: si une intégrale à une cinquantaine d'euros sort je serais nettement plus enclin à l'acheter que de devoir débourser 3 X 40 euros...(j'ai reçu le volume 2 pour le chroniquer, je n'aurais pas mis 40 euros pour un tiers de saison en dvd...c'est juste un tarif hallucinant). J'ai un copain fan de western qui ne l'a pas acheté non plus à cause de ce prix. 120 euros la saison pour une série datant de 50 ans à un moment faut arrêter...et pourtant j'ai trouvé ces 10 épisodes très bon.

Du coup j'ai acheté Bonanza à 15 euros la saison :fiou:
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Steed3003
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Re: Le Virginien

Post by Steed3003 »

Je pense qu'ils ont fait leurs calculs, et plutôt bien car pour le moment toutes les séries sont sorties dans leur intégralité contrairement aux majors qui avaient interrompu des séries comme Kojak ou L'Homme de Fer après quelques saisons que eux ont repris et sont entrain de boucler, et que 500 personnes à 40 x 3 valaient mieux que 1500 personnes a 30 x 1.
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Re: Le Virginien

Post by Mère-Grand »

Pour les anglophones, la meilleure solution reste l'achat directement aux USA ou UK, que cela soit pour Kojak ou Le Virginien, première saison complète disponible pour 20$ (10 DVD).
http://www.amazon.com/gp/offer-listing/ ... 886&sr=8-1
cremers
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Re: Le Virginien

Post by cremers »

:( a quand le coffret integral de la saison 2 svp.............car trop chers les coffrets a la piece :oops: :evil: :fiou:
Steed3003
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Re: Le Virginien

Post by Steed3003 »

Quand les trois volumes seront sortis, nul doute que Elephant Films sortira une intégrale de la saison 2 comme ils l'ont fait pour la 1.
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Re: Le Virginien

Post by hellrick »

Saison 2 Vol 1 - première salve (les 5 premiers épisodes sur les 10)...la suite fin du mois :wink:

Construit sur le principe du flashback, « Ride a dark trail » nous raconte l’arrivée de Trampas au ranch de Shiloh. Le jeune homme a longtemps cherché à venger son père, Frank, tué en légitime défense par un riche éleveur dont il ignore l’identité. Bien sûr, il s’agissait du juge Garth mais le seul indice dont dispose Trampas est un révolver sur lequel est gravé un « S ». Il cherche donc un éleveur dont le nom commence par cette lettre, ne se rendant pas compte que l’initiale est celle de Shiloh. La vérité sera finalement dévoilé mais le désir de vengeance l’emportera t’il sur l’amitié qui le lie à présent au juge ? Un bon épisode classique, avec une intrigue classique mais bien emballée et suffisamment riche pour maintenir l’intérêt jusqu’à sa résolution. Trampas et le juge Garth ont ici les rôles principaux et quelques belles scènes, notamment lorsque le jeune chien fou cherche à établir l’identité du juge après avoir manqué de se noyer. Un très bon début de saison.

« To make this place remembered » est un autre épisode centré sur le juge Garth et se conforme aux codes classiques du « film de procès ». Quoique nous soyons dans l’ouest, le récit se révèle intemporel : l’homme de loi accepte de défendre, à titre posthume, un jeune homme pendu par la communauté. Fils d’une danseuse et donc mal accepté par la ville, le gamin a été exécuté sans jugement, ce que sa mère décide de lui offrir afin de blanchir sa mémoire. Garth accepte et met à jour quelques vérités peu reluisantes. Un classique mélange d’intrigue policière procédurale et de whodunit qui n’évite pas les effets de manche et les bavardages mais qui se regarde sans déplaisir en dépit d’une conclusion assez prévisible.

Nouvel épisode procédural, « No tears for Savannah » conduit le Virginien à une ancienne amie aujourd’hui accusé du meurtre d’un homme. Quoique la légitime défense ne fasse guère de doute, le père de la victime, un riche notable, fait pression sur le juge et remporte la condamnation à mort de la jeune femme. Le Virginien la fait évader pendant que Garth tente d’obtenir la révision du procès…Gene Rowlands (SEULS SONT LES INDOMPTES) campe la pauvre Savannah aux côtés d’Everett Sloane (CITIZEN KANE, LA DAME DE SHANGHAI) et Harold Gould (L’ARNAQUE) pour cet épisode très classique mais plaisant en dépit d’une résolution finale un peu expédiée.

Le vétéran du serial John English (ZORRO ET SES LEGIONNAIRES) dirige « A Killer in town » et lui confère un rythme enlevé en mêlant adroitement deux intrigues. Un chasseur de primes débarque en ville à la recherche d’un fugitif qui pourrait être Trampas (jadis accusé d’un crime qu’il n’a pas commis), lequel décide de fuir. Parallèlement une épidémie de typhoïde se déclare. Un épisode très plaisant dans lequel les deux récits fonctionnent tous deux de belle manière jusqu’aux diverses révélations du final où ils finissent, forcément, par se rejoindre. Du bel ouvrage.

« The Evil that men do » se paie la présence d’un Robert Redford même pas trentenaire et qui, à l’époque, enchainait les prestations télévisuelles. Il joue ici Matthew, un orphelin ayant passé la moitié de sa vie en prison. Le juge Garth accepte de l’engager à Shiloh dans l’optique de le réinsérer mais Matthew ne parvient pas à s’intégrer au ranch ce qui cause bien des problèmes au Virginien, d’autant que Betsy tombe amoureuse de l’ancien détenu. Un bon épisode davantage axé sur le drame psychologique et la romance perturbée que sur l’action ou les rebondissements. L’interprétation de Redford et de Roberta Shore (qui joue Betsy et qui considère l’épisode comme son préféré) constitue évidemment une plus-value notable.
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Re: Le Virginien

Post by hellrick »

et voilà la fin de cette salve:

« The Evil that men do » se paie la présence d’un Robert Redford même pas trentenaire et qui, à l’époque, enchainait les prestations télévisuelles. Il joue ici Matthew, un orphelin ayant passé la moitié de sa vie en prison. Le juge Garth accepte de l’engager à Shiloh dans l’optique de le réinsérer mais Matthew ne parvient pas à s’intégrer au ranch ce qui cause bien des problèmes au Virginien, d’autant que Betsy tombe amoureuse de l’ancien détenu. Un bon épisode davantage axé sur le drame psychologique et la romance perturbée que sur l’action ou les rebondissements. L’interprétation de Redford et de Roberta Shore (qui joue Betsy et qui considère l’épisode comme son préféré) constitue évidemment une plus-value notable.

Dans « It takes a big man », le juge accepte d’aider un de ses amis en engageant au ranch son fils indiscipliné. Mais celui-ci ne parvient pas à s’intégrer et provoque sans arrêt les cowboys, s’attirant l’inimité de Trampas. Un épisode assez convenu qui prend cependant son temps pour présenter ses principaux personnages, d’abord schématique puis plus nuancé. L’interprétation de Chris Robinson (« Amour gloire et beauté » mais aussi le film d’épouvante STANLEY) est digne de louanges tandis que Ryan O’Neal (BARRY LINDON, LOVE STORY) est nettement plus effacé. L’intrigue, solide, amène dans la seconde partie à une confrontation intéressante et à un dernier acte de belle facture où chacun doit faire face aux conséquences de ses actes.

« Brother Thaddeus » est l’épisode le plus faible de cette fournée : un voyou nommé Willy Kane revient à Medecine Bow après avoir trouvé la foi. Devenu Frère Thaddeus il n’en est pas moins soupçonné de complicité lorsque ses anciens amis dévalisent le train. Une certaine bonne humeur bienvenue n’empêche pas de trouver le temps long, en particulier durant les passages les plus pétris de bons sentiments. Albert Salmi grimace beaucoup pour amuser la galerie mais parvient surtout à agacer et seule une petite scène de fusillade réveille le spectateur égaré dans cette comédie balourde et très datée. A oublier.

« A portrait of Marie Valonne » donne dans le polar noir à la sauce western. Le scénario resservira d’ailleurs cinq ans plus tard pour un épisode de « L’Homme de fer ». L’intrigue voit le Virginien rencontrer une jeune femme nommée Marie Valonne. Celle-ci disparait après le diner et nul ne semble s’en soucier, la police exhumant le passé peu reluisant de la demoiselle pour s’abstenir d’enquêter. Mais le Virginien, lui, persiste à retrouver la disparue. Un épisode pas franchement original ni surprenant qui s’éloigne des sentiers battus par la série mais sans transcender une intrigue trop faiblarde et mélodramatique pour convaincre. Un peu au-dessus du précédent mais pas beaucoup plus convaincaint.

Nettement plus classique (un peu trop sans doute), « Run quiet » refait le coup du marginal engagé à Shiloh pour être guéri de ses « mauvais penchants ». Ici c’est un sourd muet, Jud, avec une inclination importante à la violence qui est amené par Steve au ranch. Tout se passe bien jusqu’à une partie de poker où notre homme et deux autres joueurs se font plumer par un professionnel. Si Jud prend la chose avec philosophie, les deux autres pigeons ne l’entendent pas ainsi et tuent le professionnel précité. Bien sûr, Jud est accusé du crime et Steve doit mener l’enquête afin de l’innocenter. Clu Gulager (plus tard revu dans LA REVANCHE DE FREDDY) offre une bonne interprétation dans le rôle de ce sourd-muet malheureux même si l’épisode ne fait pas dans la demi-mesure, pratiquement tous les protagonistes le rejetant à cause de son handicap. L’épisode avance toutefois à un rythme soutenu ce qui excuse une certaine prévisibilité empêchant d’emporter totalement l’adhésion. Après deux épisodes médiocres ce retour aux fondamentaux de l’Ouest se révèle néanmoins intéressant et de bonne facture.

Dernier épisode de cette première fournée, « Intermède à Medecine Bow » se situe dans une honnête moyenne mais ne possède rien de particulièrement remarquable. Une jeune femme voyageant en train, Caroline Witman, se trouve coincée à Medecine Bow suite à un éboulement. Elle décide de s’y installer et fait tourner les têtes de tous les cow-boys de la région. Tolliver, un ami du Virginien, s’engage ainsi dans la voie de la criminalité pour éblouir la très vénale Caroline. Dick York (« Ma sorcière bien-aimée ») joue avec conviction ce pauvre cow-boy et l’épisode, débuté sur un ton très léger (et, à nouveau, peu convaincant) devient rapidement plus sombre. Joan Freeman (VENDREDI 13 – CHAPITRE FINAL) campe la frivole demoiselle dont les actes apparemment innocents mais en réalité très manipulateurs conduiront à une conclusion tragique et désespérée qui tranche résolument avec le côté humoristique de la première partie. Une aventure en demi-teinte mais une bonne manière de conclure cette première salve globalement réussie mais quelque peu inégale. Les épisodes étant tournés en huit jours (et deux à la fois), certains se concentrent sur des personnages secondaires où se déroulent loin de Shiloh, permettant aux vedettes d’assurer une diffusion hebdomadaire, la série ayant rituellement occupée la case du mercredi soir pratiquement chaque semaine durant neuf ans. Malgré ce rythme de tournage infernal, LE VIRGINIEN tient encore bien la route après plus d’un demi-siècle et chaque épisode peut se voir comme un bon western n’ayant rien à envier aux séries B de la même époque (plusieurs furent d’ailleurs exploités en salles dans les années ’60. Bref, à part l’un ou l’autre raté (« Brother Thaddeus » en particulier) que du bonheur, ou presque, pour les nostalgiques de l’Ouest.
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Re: Le Virginien

Post by hellrick »

SAISON 4 - volume 1

Nouvelle salve pour le « monument de la télévision américaine » qui en arrive à sa quatrième saison, datant de 1965. Les dix premiers épisodes ici proposés en dvd n’ayant jamais été diffusés en France, ils sont évidemment présentés uniquement en version originale anglaise sous-titrée. Détaillons donc cette nouvelle fournée.

« The brothers » voit un homme honnête, Matt Denning, forcé de transgresser la loi pour sauver son frère Will, condamné à mort pour un crime qu’il n’a pas commis. Malheureusement, en délivrant son frère, Matt tue accidentellement un vieux gardien de prison fort aimé. Une chasse à l’homme est lancée à son encontre et Ryker tente de retrouver les fugitifs avant l’armée qui souhaite les abattre sans sommation. Si l’intrigue parait a priori sans surprise, l’épisode démontre une certaine originalité lorsque Will avoue à son frère avoir bel et bien commis le crime dont il est accusé. Le reste du récit joue donc sur le dilemme moral du protagoniste et sur les conséquences de ses actes. Pour l’anecdote le fils du fugitif est campé par un tout jeune Kurt Russell.

La confrontation entre cow-boys et bergers, déjà exploitée dans de nombreux westerns, est au coeur de « Day of the scorpion » au cours duquel le Virginien tue, en légitime défense, le fils d’un riche éleveur de mouton originaire d’Australie. Le conflit de voisinage dégénère rapidement, compliqué par la présence de la fille de l’éleveur, Reagan, dont le Virginien tombe amoureux. Un bon épisode, au classicisme éprouvé même si on en devine rapidement l’issue dramatique.

« A Little learning » s’intéresse à la nouvelle institutrice de Medecine Bow, la très séduisante Martha Perry, laquelle fait tourner toutes les têtes, y compris celle de Trampas et du Virginien. Elle donne également des leçons particulières à Rafe, un brave gars benêt et analphabète décidé à apprendre à lire pour prendre connaissance du journal de sa mère. Malheureusement, le passé de Martha la rattrape : ancienne entraineuse de saloon elle doit faire face à son mari violent, criminel récemment libéré de prison. Celui-ci, jaloux, s’en prend à Rafe avec la complicité du barbier de Medecine Bow. Un épisode quelque peu prévisible mais néanmoins plaisant sur le thème, souvent exploité dans la série, du personnage cherchant à fuir son passé. Ici, Susan George (que l’on reverra à trois reprises mais dans des rôles différents) veut refaire sa vie mais, poursuivie par son époux, elle devra, au final, quitter la ville après que son passé ait été dévoilé (« les gens ne comprendraient pas » déclare t’elle). Le petit twist final sur la nature du journal intime donne un intérêt supplémentaire à l’intrigue.

Dans l’épisode « The Claim » Trampas joue les têtes d’affiche : en pleine crise existentielle, notre homme quitte Shiloh en compagnie d’un de ses amis, Luke. Il gagne Deadwood et se reconvertit en chercheur d’or pour aider un vieux prospecteur malchanceux. Or, contre toute attente, ils découvrent une petite fortune en pépites. Trampas doit alors affronter Luke, gagné par la fièvre du métal jaune. Cet épisode classique et à l’intrigue linéaire se suit cependant avec plaisir et ménage son lot de rebondissement d’autant qu’on y retrouve dans le rôle du vagabond avide cette trogne de William Shatner.

Pour « The Awakening » la vedette sera Roberta Shore dans le rôle de la jeune Betsy qui vivait là ses adieux avec la série. La demoiselle tombe amoureuse du cow-boy David Henderson et décide finalement de l’épouser. La majorité de l’épisode se consacre par conséquent à la romance entre nos deux protagonistes, l’aspect western et aventures se limitant à une grève des mineurs que tente de résoudre Ryker.

Ce Ryker s’octroie le rôle principal de « Ring of silence », lequel débute de manière traditionnelle, à la STAGECOACH, en embarquant dans une diligence une poignée de protagonistes bien typés. Le conducteur honnête, le vieux riche accroché à sa valise, l’alcoolique, la prostituée, le sale type, le Mexicain et le shérif. Attaqué par des Mexicains mal intentionnés, tout ce petit monde se réfugie dans une maison isolée et s’apprête à soutenir un siège : Wiley, le sale type a, en effet, tué la petite fille d’un chef de village local et celui-ci, ami de Ryker, réclame une justice immédiate et expéditive. Mais l’homme de loi refuse, décidé à ce que Wiley soit jugé en bonnes et dues formes. Ce schéma classique du western permet aux différents points de vue de se confronter, l’intrigue se voulant une réflexion sur le sens du devoir et de la justice (« il est facile de défendre ses amis, plus difficile de défendre quelqu’un qu’on déteste »). Clu Gulager livre une belle interprétation en shérif courageux (« si je retire mon insigne ais-je tort pour autant ? ») et l’épisode se révèle très efficace jusqu’au final certes attendu mais effectif. Du tout bon digne des meilleures séries B westerns hollywoodiennes.
L’élément féminin représenté par Betsy ayant disparu il importait d’amener à Shiloh une nouvelle demoiselle susceptible d’exacerber les tensions sexuelles de tous ces mâles virils. Diane Roter jouera ce rôle pendant toute la saison 4 en campant la nièce du juge Garth. Cet épisode de transition, « Jennifer », nous présente donc la jeune fille qui s’oppose tout d’abord au juge avant de revenir à de meilleures dispositions après avoir aidé un fugitif injustement (ou pas ?) accusé de meurtre. Un bon épisode qui équilibre adroitement l’aspect western avec la romance.

Classique, « Nobility of Kings » donne la vedette à Charles Bronson dans le rôle d’un éleveur têtu et taciturne, Ben Justin, terriblement angoissé à l’idée d’échouer dans ses entreprises. Voisin de Shiloh, il refuse l’aide du juge, persuadé de pouvoir réussir seul afin de devenir riche et respecté. Tandis que son épouse s’éprend du Virginien et que son fils trouve dans le juge Garth un substitut paternel, Ben s’obstine à investir jusqu’à son dernier cent dans l’achat d’un très cher taureau de race. Linéaire mais efficace, cet épisode bénéficie d’une partition signée Bernard Hermann et de la présence de George Kennedy en cow-boy grande gueule. A noter qu’en 1971, cet épisode fut remonté avec le « Duel at Shiloh » de 1963 pour créer un « long-métrage cinéma » exploité dans les salles sous le titre LE SOLITAIRE DE L’OUEST destiné à capitaliser sur la notoriété de Bronson.

Autre guest star, Leonard Nimoy effectue son troisième et dernier tour de piste dans l’Ouest avec le neuvième épisode de cette saison, « Show me a hero ». Trampas sauve un homme, Frank Colter, dont le charriot s’était emballé, mais blesse son cheval dans l’aventure. Le voici forcé de rester quelques jours dans le petit patelin en pleine expansion d’Eagle Rock. Il y retrouve un de ses vieux amis, Midge Conway, au service du riche homme d’affaires Philip Leland. Ce dernier souhaite prendre le contrôle de la cité en y implantant des maisons de jeux. Devant le refus de Colter, Midge employe la force et Trampas, aidé d’un shérif sur le retour, va prendre les armes. Encore un épisode de bonne tenue en dépit de son côté très prévisible : les personnages possèdent une véritable épaisseur et l’intrigue progresse de manière logique et implacable vers la confrontation finale attendue (et quelque peu expédiée malheureusement). Une réussite.
Retour à la romance contrariée avec « beyond the border », dernier épisode de cette fournée qui expédie le Virginien et Trampas au Mexique où ils doivent acquérir six chevaux Palomino. Tombé malade, le Virginien passe sa convalescence dans un petit hôtel dont l’unique cliente est Maggie, ancienne chanteuse de saloon alcoolique et petite amie d’un redouté bandit. Bien sûr, Maggie tombe amoureuse du Virginien et souhaite changer de vie… Encore une réussite qui, cette fois, joue la carte du drame en huis-clos. Confiné dans un minable hôtel mexicain, l’intrigue développe largement la relation conflictuelle qui se noue entre le Virginien et la « fille perdue » mais s’intéresse également aux personnages secondaires comme le patron de l’établissement et son barman qui rêve de s’établir aux Etats-Unis. Même le bandit bénéficie d’un bon traitement et échappe à la caricature, achevant de faire de cet épisode un plaisant divertissement.

Avec ses intrigues variées exploitant toutes les possibilités du cadre « western » (romance, ville ou maison assiégées par des méchants, rivalité entre éleveur, dilemmes moraux, personnage tentant d’échapper à leur passé) et ses guest-stars (Kurt Russell, Susan George, Leonard Nimoy, George Kennedy, William Shatner, Charles Bronson,…) ces dix épisodes sont de très bonnes tenues : tous se situent au-dessus de la moyenne et quelques-uns (« The brothers », « Ring of silence », « Show me a hero ») sont même d’excellents westerns n’ayant rien à envier aux productions cinématographiques de la même époque. Bref, que du bonheur et vivement la suite !
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

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Shelly Novack



7.26- The Stranger

Réalisation : Michael Caffey
Scénario : Mel Goldberg
Guest stars : Shelly Novack
Première diffusion 09/04/1969 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 7/10


Le Pitch : Alors qu’il est détroussé par trois brigands, Le Virginien est étonné de voir un homme au loin ne rien faire pour lui venir en aide. Plus tard la situation est inversée mais le régisseur de Shiloh se porte au secours de l’étranger (Shelly Novack). Ce dernier, Garrison, cherche du travail et le Virginien l’embauche à Shiloh malgré les réticences de toute son équipe car très peu aimable et même totalement renfrogné. Néanmoins tout le monde constate qu’il accomplit sa tâche à la perfection. Tout irait pour le mieux si l’intendant d’un rancher voisin n’était pas retrouvé mort. Le caractère de Garrison fait peser les soupçons sur lui et il finit par être arrêté…

Mon avis : Sur 26 épisodes, une dizaine de réussites – dont celle qui nous concerne ici - : c’est moins que durant les précédentes saisons mais le nombre demeure cependant assez important ; malgré un tiers de ‘déchets’ les afficionados ne doivent donc pas faire l’impasse sur cette septième saison certes un peu plus inégale et décevante que les autres mais qui compte au moins un sommet, Death Wait de Charles S. Dubin avec en Guest Star Harold J. Stone. The Stranger fait se terminer plus qu’honorablement cette saison même si l’on aurait souhaité que les auteurs ne se débarrassent pas de David Sutton comme d'une vulgaire chaussette ; en effet, pour sa dernière apparition on ne peut pas dire que David Hartmann ait été gâté, relégué en second voire troisième plan sans qu’on ne s’en soucie ; dommage pour ce sympathique comédien ! Pour le reste, hormis quelques acteurs assez limités comme Jadeen Vaughn ou Michael Conrad et un scénario peut-être un peu trop dense pour 75 minutes - avec notamment un déséquilibre entre la première partie qui ne s’embarrasse pas d’ellipses et la seconde au contraire qui prend parfois un peu trop son temps -, nous sommes en présence d’une intrigue très satisfaisante qui permet donc à cette saison de se clore sur une note d’espoir pour la suite. Le thème principal en est la différence qu’il est parfois difficile de faire accepter ; c’est Clay Grainger et Le Virginien qui porteront ici à bout de bras ce ‘combat’ progressiste pour essayer de faire cesser la méfiance envers tous ceux qui ne se comportent pas nécessairement comme la majorité. Et ici il n’est pas question de racisme ou d’intolérance religieuse ; le personnage mis à l’index est simplement un homme peu expansif, pas bavard et pas forcément aimable de prime abord qui n’aime ni boire ni forcément aller faire la fête et qui enfin ne s’embarrasse pas de fausse modestie : "Je suis le meilleur dans mon travail !"

Garrison, c’est Shelly Novack (ancien footballeur professionnel) qui nous livre ici une prestation admirable tout en underplaying. Lors de la première séquence le Virginien se fait attaquer par trois hommes qui le délestent de son argent. Alors que les bandits s’enfuient le régisseur de Shiloh se rend compte qu’un homme observait la scène de loin sans intervenir. Ce même soir, c’est au tour de cet étranger (Garrison donc) de se faire appréhender par les mêmes brigands qui veulent lui voler son cheval ; mais le Virginien qui avait réussi à les suivre met fin à leurs agissements en aidant l’homme qui n’avait précédemment pas levé le petit doigt pour lui. Quoiqu’il en soit, Garrison se retrouve à Medicine Bow au saloon et a une altercation avec l’intendant d’un rancher voisin de Shiloh par le fait d’avoir refusé de boire à sa santé. Le Virginien ayant été témoin de la bagarre vient discuter avec lui, apprend qu’il cherche du travail et lui propose de l’embaucher ; avant ça cet étranger aura essuyé plusieurs refus de la part des habitants de Medicine Bow, ces derniers s’en méfiant comme de la peste, le jugeant pas sympathique et peu engageant par sa manière de rester taiseux et de sembler ne pas vouloir partager leurs joies et fêtes. Il atterrit donc à Shiloh malgré les réticences des cowboys pensant la même chose que leurs concitoyens. Ils seront cependant obligés de se rendre à l’évidence ; même si peu aimable, il travaille à la perfection, ce qui n’est pas pour déplaire au Virginien qui semble le prendre sous sa coupe. Clay Granger lui fera prendre conscience que Garrison lui fait certainement penser à lui lorsqu’il était plus jeune : la même façon de se comporter, le même caractère. Une partie qui ne s’embarrasse pas de longueurs et qui aurait même tendance à aller un peu trop vite sans néanmoins que ça ne la pénalise grâce à la qualité de l’écriture. On apprend à connaitre Garrison, son mutisme mais aussi sa franchise (c’est le seul à avouer à Elizabeth qu’elle ne sait pas cuisiner), son air peu avenant mais aussi son honnêteté, son asociabilité mais aussi son sérieux dans le travail qui lui fait préférer soigner une bête plutôt que de se rendre à une fête de mariage.

A cause de ce choix, de son tempérament guère jovial et des circonstances qui l’ont fait se retrouver sur les lieux du crime dans la même journée, on va l’accuser du meurtre du futur marié même s’il clame son innocence. Le Virginien n’a jamais été aussi sûr de lui et va tout faire pour le sortir de ce mauvais pas. Malheureusement pour lui on retrouve une somme d’argent dérobée sur les lieux du crime à l’endroit où Garrison faisait le plus gros de son travail : on le met en prison mais, persuadé d’avoir un procès partial et les jeunes avocats ne désirant pas risquer leur réputation pour le défendre, il s’évade, ce qui renforce les soupçons à son encontre. Le Virginien demande au shérif de ne pas lever un posse tout de suite, le temps que lui-même prenne l’affaire en main et le ramène malgré les dangers encourus. Le rythme devient alors assez différent, les auteurs prenant leur temps pour décrire la course poursuite qui s’engage entre l’intendant de Shiloh et le jeune homme ; belle mise en scène qui atteint son paroxysme d’efficacité au moment où les deux hommes se rejoignent et où le Virginien n’hésite pas à risquer sa vie pour arrêter Garrison, cependant intimement persuadé qu’il ne lui arrivera rien : montage, cadrages en plongées/contre plongées pour un suspense qui se termine par une partie de franche rigolade, les deux hommes se reconnaissant un peu comme des doubles. Séquence superbe suivie par une dernière partie qui commence par le procès du soi-disant meurtrier, le piège tendu par Grainger et le Virginien pour faire se dévoiler le véritable coupable… Nous n’en dirons évidemment pas plus ou alors en restant dans le vague au paragraphe suivant ; mais notons tout de même encore que les auteurs en auront également profité pour tacler un peu les journalistes un peu trop zélés capable de faire pencher l'opinion pour la peine de mort ainsi que pour nous rappeler à quel point le patron de Shiloh et son régisseur sont des protagonistes profondément tolérants et humains, des hommes d’honneurs d'une grande loyauté.

Dans un premier temps Clay, après avoir fait la leçon à Elizabeth comme quoi on ne devrait pas se méfier de ce qui est différent de nous, affirme avec conviction et sincérité préférer perdre de l’argent et se couper de quelques fortes amitiés plutôt que d’envoyer un innocent à la potence : "If all that's to be lost because you're doing the right thing, helping a man who needs help, we'll survive without selling those horses and we'll live without Willis's friendship, too, if that's the price of it." Quant à la dernière séquence elle conclut en beauté la saison lorsque Le Virginien dit à son protégé dépité qui préfère quitter la région plutôt que de rester parmi des gens qui l’ont tous mal jugés et rejetés sans trop le connaitre : "It's hard to be yourself, be your own man, go your own way. I hope you find what you're looking for." Avant ceci nous aurons assisté à un numéro émouvant de John Doucette - grand second rôle hollywoodien, surtout dans le western d'ailleurs - lors de son long témoignage final qui va nous donner toutes les clés de l'intrigue. Maintenant je suis curieux de savoir comment la saison 8 va évoluer...


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Re: Le Virginien

Post by Addis-Abeba »

Jeremy Fox wrote:J'attends tous les jours des promos sur cette série. Tes avis me font d'autant plus m'impatienter. Mais 50 euros la saison, c'est beaucoup trop pour moi :(
J'en garde un très bon souvenir de jeunesse, mais effectivement le prix est prohibitif, surtout quand on sait au final le nombre de saison.
"On va voir King-Kong au cinéma avec les collègues, tu viens avec nous ? Non j'aime pas les films Chinois..."
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