Le Virginien (1962-1971) Universal

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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

Chip wrote: " les chacals derrière les loups" (the wolves up front, the jackals behind)(1966) qui ressemble à du Bartlett.
Miam ! 8)

Début de l'intégrale sur le site dès samedi 06 mai ; je me régale déjà à écrire sur le premier et superbe épisode d'une noirceur inhabituelle et d'un progressisme étonnant et courageux pour une série de l'époque. L'interprétation de Hugh O'Brian et Colleen Dewhurst ne plaira pas à tout le monde ; je les ai pour ma part trouvé géniaux.
Chip
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Re: Le Virginien

Post by Chip »

L'épisode " les chacals derrière les loups "( quatrième saison) était mis en scène par Paul Stanley, réalisateur qui a pratiquement travaillé que pour le petit écran, James Farentino, Jay C. Flippen et Michael J. Pollard en étaient les " guest stars ". Je ne me souviens pas avoir vu " the executioners "(1962) premier épisode de la série.
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

Chip wrote:Je ne me souviens pas avoir vu " the executioners "(1962) premier épisode de la série.
De ce fait, cette série à priori distrayante débute par une scène de pendaison publique. Un épisode très progressiste contre la peine de mort et la vengeance abordant des thèmes comme la frustration sexuelle et au cours duquel le héros de la série avoue sa lâcheté. Il fallait oser ! :o
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

C'est donc parti pour l'intégrale ? Voici en tout cas déjà l'introduction et la chronique du premier épisode ainsi que le test du coffret du premier volume de la saison 1.
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Alexandre Angel
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Re: Le Virginien

Post by Alexandre Angel »

J'attends évidemment la suite des évènements. Mais là, tu m'as bien hameçonné. Ça sent l'investissement.. :)
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

Alexandre Angel wrote:J'attends évidemment la suite des évènements. Mais là, tu m'as bien hameçonné. Ça sent l'investissement.. :)
eh eh :uhuh: Je ne rembourse pas hein :mrgreen:
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

2ème épisode -signé Burt Kennedy- en ligne
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

Je pense ne pas m'être trompé en me lançant dans le défrichage de cette série. Pour tout dire je ne m'attendais vraiment pas à une série aussi adulte et progressiste : "lorsqu'il y a une injustice il faut agir, sinon vous la cautionnez" dit le Virginien en prenant les armes contre son propre patron et tous ses amis pour aller aider les fermiers... Ce troisième épisode signé Ted Post enfonce donc le clou ; il dame le pion à 95 % des westerns des années 60 et s'avère être probablement ce qui s'est fait de plus intelligent sur la guerre entre éleveurs et fermiers... et pourtant ce ne sont pas les westerns qui manquent pour avoir abordés le sujet. L'avis plus complet à suivre bien évidemment.

Bref, avec cette série, j'ai trouvé de quoi me régaler pendant un bon moment. :D
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Kevin95
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Re: Le Virginien

Post by Kevin95 »

Vendu !
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

3ème épisode en ligne, toujours au même endroit.
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

J'avoue que j'avançais sur des œufs avant de visionner le 4ème épisode, premier dit 'léger" de la série, de peur de tomber soit sur une pantalonnade soit sur un épisode un peu naïf voire mièvre. Me voici rassuré, non seulement l'épisode propose l'interprétation la plus délicieuse depuis le début -jamais probablement Ricardo Montalban n'a été aussi savoureux- mais possède un parfait timing dans la comédie -avant de basculer dans une partie un peu plus 'dramatique- et le tout s'avère hautement spirituel -le scénariste est celui de My Darling Clementine-, plus proche de Billy Wilder que de Burt Kennedy. Le film auquel l'épisode m'a fait le plus penser dans son ambiance et son ton est le délicieux Frenchie de Louis King, l'épisode de Earl Bellamy encore même meilleur. Bref, loin d'être déçu et avis plus complet à suivre 8)
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

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1.04 - The Big Deal
Réalisation : Earl Bellamy
Scénario : Winston Miller d'après une histoire de Richard Jessup
Guest Stars : Ricardo Montalban
Première diffusion 10/10/1962 aux USA – 26/02/1967 en France
DVD : VF et VOSTF
Note : 7.5/10

Le Pitch : Les hommes du ranch Shiloh viennent accueillir Enrique Cuellar (Ricardo Montalban) à sa descente du train. L’élégant colombien est l’invité du juge Garth ; les deux hommes doivent renégocier la location d’un lopin de terre que Cuellar avait hérité de son père, un bout de terrain enclavé sur le domaine du rancher et dont le bail vient de se terminer. Les négociations ne vont pas se dérouler aussi bien que prévu, Garth ayant caché à son bailleur la véritable valeur de ce terrain qui lui est indispensable pour le passage de son bétail, lui proposant de le racheter à un prix ridiculement bas…


Mon avis : J'avoue avoir éprouvé une petite appréhension avant de visionner le 4ème épisode de cette saison initiale ; ayant lu comme quoi il s’agissait du premier de la série au ton dit ‘léger’ et s’apparentant le plus à une comédie, j’ai craint de tomber soit sur une pantalonnade un peu lourde soit sur un épisode un peu naïf voire mièvre d’autant plus lorsque l’on sait que les deux personnages principaux s’avèrent être un bel hidalgo et la fille du juge qui s’en enamoure. J’aurais dû faire confiance au créateur chevronné qu'était Charles Marquis Warren ainsi qu'à toutes ses équipes artistiques et techniques, et ne pas m’en faire pour si peu ! Quoiqu’il en soit me voici rassuré pour le reste de ce parcours-découverte de la série : non seulement l'épisode propose l'interprétation la plus délicieuse d’une Guest Star depuis son début -malgré déjà l’immense talent des précédentes- mais s’avère également tout à fait harmonieux dans le mélange des genres, la légèreté de la première demi-heure allant bifurquer ensuite vers plus de gravité sans que ça ne détonne, le ton restant constamment juste à l’image de l’interprétation magistrale de Ricardo Montalban qui à ma connaissance n’aura jamais été aussi savoureux, son gentleman colombien raffiné et galant se révélant un personnage inoubliable. La direction d’acteurs étant d’un égal 'haut niveau' depuis le début, il se pourrait bien que ce soit Charles Marquis Warren en personne qui ait d’emblée imposé sa marque et ses directives aux différents réalisateurs qui se sont succédé derrière la caméra.

L’arrivée de ce colombien à Medicine Bow va dans un premier temps être l’occasion d’une suite de séquences plus cocasses les unes que les autres sans que jamais elles ne s’avèrent pénibles de lourdeurs grâce d’une part au talent des comédiens tous très bien dirigés, de l’autre à des dialogues souvent très spirituels alliés à la finesse d’écriture de Winston Miller, scénariste d’un bon nombre de très grands westerns dont La Poursuite infernale (My Darling Clementine) de John Ford ou Terreur à l’Ouest (The Bounty Hunter) de André De Toth. Pour résumer un peu grossièrement, nous sommes ici plus proches d’un Billy Wilder que d’un Mel Brooks, un peu dans la même veine de westerns que Femme ou démon (Destry Rides Again) de George Marshall ou encore de l’exquis Frenchie de Louis King avec Shelley Winters. Il est tout aussi savoureux de voir Trampas se moquer des manières délicates du Sud Américain –de sa savonnette, du nombre de ses bagages, de son vocabulaire précieux et de ses expressions châtiées, du fait de se laver tous les jours qui plus est en poussant haut et fort la chansonnette…- que d’être témoins des contrastes avec les siennes, bien plus frustres, par exemple lors d’un diner au restaurant absolument désopilant, une séance de poker où il devient l'arroseur arrosé. Durant cette première partie nous ne pourrons pas non plus passer sous silence cette séquence inénarrable et au timing parfait de l’hôtel aux chambres bondées ‘comme tous les samedis soirs’ -des détails qui, mine de rien, renforcent l’authenticité de la série par leur crédibilité et par le fait de ne les avoir pas vu souvent mis en avant au cinéma- au cours de laquelle le Virginien va apprendre -sans grande réussite- à Enrique à se faire une place dans des lits déjà occupés.

De belles occasions de rire et sourire sans oublier que cet ‘étranger’ séducteur et beau parleur fait tourner les têtes de toutes les femmes et notamment de Molly et de Betsy, flirtant avec la première –rendant ainsi jaloux Trampas et le Virginien qui cherchent toujours à ce qu’elle réponde à leurs avances- faisant la cour en tout bien tout honneur à la seconde qui, par sa maladresse sera à l’origine de l’envenimement du litige entre l’hôte et l’invité. En effet, ayant fait visiter le domaine à Enrique, elle se coupe en expliquant que le lopin de terre appartenant à son interlocuteur est primordial pour le ranch puisque les bêtes doivent obligatoirement le traverser pour se rendre et revenir de leurs pâturages sur les hauts plateaux. Il comprend ainsi qu’il peut en le vendant en tirer un profit raisonnable sauf que le rancher lui en propose une somme dérisoire. Sentant être pris pour un pigeon, il demande par 'vengeance' un prix faramineux. Les deux hommes, blessés dans leur orgueil, s’engagent dans un combat juridique ainsi que sur le terrain –mise en place de clôtures en barbelés d’un côté, rassemblement rapide du bétail de l’autre afin de pouvoir passer avant qu’elle soit installée- qui s’annonce impitoyable. Encore une fois, point de manichéisme, nos héros se retrouvant d’ailleurs tous du ‘mauvais’ côté, le juge étant décrit par la journaliste comme étant une tête de mule arrogante et assez dictatoriale pour avoir toujours réussi à faire accomplir ses 4 volontés –ici dès la première seconde en imposant l’édification d’une horloge au centre de la place principale de la ville, objet à cette époque insolite et qui sera l’occasion de quelques répliques et situations très amusantes- et ne pas apprécier qu’on lui tienne tête. Car comment ne pas prendre fait et cause pour ce Sud Américain stylé, personnage aussi affable que sympathique, cordial qu’intelligent et d’une franchise qui lui fait honneur même lorsqu’il sait que ses paroles le mettront à mal ; ici auprès de Molly avec qui il avait commencé à former un couple ?!

On se doute bien que malgré une séquence très tendue qui risquait de finir mal pour tout le monde, les auteurs en seraient venus à un Happy-End dans la continuité du ton drôle et spirituel du début ; ce sera le cas, désamorçant avec intelligence l’absurdité et la bêtise de la situation. Même si la conclusion est un peu trop hâtive -durée imposée oblige-, elle n’en est pas moins tout à fait satisfaisante et nous fait revenir le sourire aux lèvres, tout comme à celles du Juge Garth à cause de qui, une fois encore, le drame a failli se produire. L’on notera également un très bon Ross Elliott en shérif, la première apparition du magnifique Appaloosa du Virginien et une mise en scène très agréable de Earl Bellamy qui dans le courant de la décennie réalisera également quelques bons westerns pour le cinéma, Gunpoint avec Audie Murphy ou Incident at Phantom Hill avec Robert Fuller. Un épisode plutôt détendu au ton toujours très juste et jamais outrancier que ce soit dans la comédie ou le drame et où James Drury et Doug McClure ne servent que de faire-valoir au mémorable Ricardo Montalban. Assez réjouissant !

Sur le site avec illustrations
Lockwood
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Re: Le Virginien

Post by Lockwood »

Je ne connaissais pas du tout cette série, j'ai réussi à trouver la partie 3 de la saison 1 en occaz, et après 3 épisodes, pour l'instant c'est du tout bon! j'en toucherai quelques mots quand j'aurai un moment..
Merci à toi!
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

Lockwood wrote:Je ne connaissais pas du tout cette série, j'ai réussi à trouver la partie 3 de la saison 1 en occaz, et après 3 épisodes, pour l'instant c'est du tout bon! j'en toucherai quelques mots quand j'aurai un moment..
Merci à toi!
De rien au contraire ; ç'est à moi que ça fait plaisir de constater ne pas m'être trop trompé dans mon enthousiasme. :D
5ème épisode pour moi ce matin et ça continue sur sa lancée : encore du tout bon et pas du tout la série familiale à laquelle je m'attendais probablement pour de mauvaises raisons. C'est l'inverse de Bonanza en quelque sorte.
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

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1.05 - The Brazen Bell

Réalisation : James Sheldon
Scénario : Roland Kibbee
Guest Stars : Royal Dano & George C. Scott
Première diffusion 17/10/1962 aux USA – Jamais diffusé en France mais sorti doublé en salles le 23/10/63 sous le titre Panique à l'Ouest
DVD : VOSTF
Note : 7/10

Le Pitch : Arthur Lilley (George C. Scott) arrive à Medicine Bow. Il vient de l'Est pour le poste vacant d'instituteur. Là où il enseignait avant, faute à sa lâcheté, un drame s'était produit qu'il souhaiterait oublier. Pas de chance, peu après avoir débuté dans sa nouvelle fonction, deux bagnards évadés font irruption chez lui avec pour idée de prendre les enfants de l'école en otages afin d'obtenir en échanges toutes les vivres et munitions dont ils auront besoin pour rejoindre la frontière canadienne. L'un d'eux est un demeuré très dangereux tandis que son chef (Royal Dano) est un homme cultivé mais qui ira jusqu'au bout quitte à tuer...

Mon avis : L'épisode commence par l'évasion violente de deux bagnards alors qu'ils étaient en train d'effectuer des travaux forcés en extérieur au sein de paysages idylliques. L'un des deux, Molder, semble être un homme cultivé puisqu'il cite d'emblée Kipling, tandis que son compagnon d'échappée est un jeune fou sanguinaire qui se joint à lui en lui forçant la main, lui disant que s'il avaient besoin de tuer au cours de leur périple pour ne pas être repris, il s'en chargerait avec plaisir. Autant dire que l'on comprend d'emblée qu'il ne s'agira pas d'un épisode 'léger' comme pouvait l'être le précédent puisque l'on apprend également que Molder allait probablement être pendu le lendemain, ayant été condamné pour le meurtre de sa femme. Malgré tout, les 30 premières minutes -hormis les séquences où l'on suit la cavale des prisonniers- restent très amusantes et une fois encore, grâce ici surtout au personnage de Molly, nous sommes en présence d'un épisode sacrément progressiste, mettant en avant l'importance du civisme et de l'éducation malgré la réticence des parents qui préfèrent garder leurs enfants à la maison dans le but de les aider plutôt que de les envoyer à l'école. La journaliste déplore également que ses concitoyens -adultes cette fois- ne soient pas plus matures et "n'élargissent pas leurs centres d'intérêt au lieu de ne lire et de ne s'intéresser qu'aux seuls faits divers sanglants". Car, comme c'était déjà le cas dans les épisodes précédents, l'on est témoin que dans cette gentille petite ville où le puritanisme est encore bien présent, que la majorité des habitants regrettent le temps de la justice expéditive, qu'ils aiment bien se saouler et se bagarrer le samedi soir et que certains n'hésitent pas en s'en vantant à escroquer leurs concitoyens, notamment ici l'épicier.

Trampas est une fois de plus d'une muflerie et d'un égoïsme 'drôlement réjouissant', refusant d'aider à porter le courrier "car personne ne lui écrit", et sera à nouveau l'arroseur arrosé suite à une mauvaise blague faite au juge, ayant fait croire au couple de nouveaux arrivants que la maison de son patron était un hôtel où ils seraient bien accueillis, nourris, logés. Pour en revenir aux idées modernistes des auteurs -ici Roland Kibbee qui écrira plus tard le très beau scénario de L'Homme de la Sierra (The Appaloosa) de Sidney J. Furie avec Marlon Brando-, le Virginien qui s'est vu confier le poste de shérif en l'absence de ce dernier, préfèrera la prévention à la répression pour ce samedi soir chahuteur qui l'attend. Que des sujets étonnamment toujours autant d'actualité, comme également toutes ces notations et réflexions sur ce que doit être le journalisme, l'empathie que le reporter doit avoir -ou non- face à un dramatique fait divers relaté... Répliques qui fusent, séquences savoureuses de drôlerie, intelligence du propos, rythme enlevé... puis c'est l'irruption brutale de la violence après avoir déjà assisté à celle, effrayante, qui émane de certains élèves ; à ce propos la séquence au cours de laquelle l'un des adolescents turbulents -comme par hasard le rejeton du père qui regrettait le temps des lynchages- menace son professeur, n'est pas indigne -même si bien plus brève- des moments tendus dans Graine de violence (Blackboard Jungle) de Richard Brooks. C'est là que le couple venu de 'l'Est civilisé des USA' se rendra compte du contraste entre leur lieu de départ et cet Ouest encore sauvage ; il vont y être directement et brutalement confrontés au cours d'un huis-clos éreintant de tension et au cours duquel ils auront une nouvelle fois à s'interroger sur les notions de courage, d'instinct de survie et de lâcheté.

Durant toute cette dernière partie que je ne me permettrais pas de raconter pour éviter de dévoiler des importants éléments de l'intrigue, l'on sera une fois encore étonné de la continuité de la modernité du discours, notamment celui sur l'inhumanité des prisons dans lesquelles, en citant Oscar Wilde, "seules les qualités de l'homme s'y épuisent et s'y flétrissent", phrase tirée de son recueil 'La ballade de la geôle de Reading' publié en 1898 à la fin de sa propre incarcération. C'est le remarquable George C. Scott -futur Patton- qui déclame une longue partie d'un des poèmes -qui sera aussi son arme- lors du climax de la séquence finale se terminant par un Gunfight d'une cinglante sécheresse et d'une redoutable efficacité, une violente prise d'assaut menée par Le Virginien. Aux côtés de cet immense comédien tenant ici un contre-emploi dans le rôle d'un instituteur timoré et trouillard, pour tenir celui des évadés, deux autres acteurs tout aussi convaincants et dont les visages sont bien plus connus que les noms, à savoir Royal Dano (l'un des amis d'Audie Murphy dans le fabuleux La Charge victorieuse - The Red Badge of Courage de John Huston) ainsi que l'inquiétant John Davis Chandler qui, avec ses yeux bleus et ses paupières tombantes, interprétait avec James Drury cette même année l'un des épouvantables frangins dans le chef-d’œuvre de Peckinpah, Coups de feu dans la Sierra - Ride the High Country. Ce segment permettra de lancer d'autres réflexions sur la violence, le danger du port d'armes ou la 'Self Preservation' tout en nous contant une belle histoire de rédemption ; tout un programme !

Même si tout à fait subjectivement ces histoires de prises d'otages en huis-clos ne m'ont jamais vraiment passionnées, je dois avouer que l'écriture du scénario, sa construction, la qualité de l'interprétation et de la mise en scène ont fait que l'ennui n'a quasiment jamais pointé le bout de son nez. Ajoutez à ça une astucieuse utilisation des ellipses, une belle gestion du suspense, une mise en scène de qualité... et la rigueur de l'ensemble finit d'entériner la réussite de ce Brazen Bell, un épisode dans lequel James Drury et Doug McClure n'ont pas un grand temps de présence. Le réalisateur James Sheldon qui aura fait sa carrière entière à la télévision signera encore sept autres épisodes de la série ; on s'en réjouit par avance !

Le même texte illustré sur le site.