Le Virginien (1962-1971) Universal

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Morgan
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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

Post by Morgan »

Jeremy Fox wrote: 27 Sep 20, 08:27 Le prochain est un chef-d'oeuvre 8)
9/10 c'est alléchant, mais il me faudra d'abord terminer la saison 6 :lol:
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

Post by Jeremy Fox »

Apprécies tu toujours autant la série Morgan ?
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Morgan
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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

Post by Morgan »

Jeremy Fox wrote: 5 Oct 20, 11:22 Apprécies tu toujours autant la série Morgan ?
oui mais il est vrai que c'est très inégal d'un épisode à l'autre, pour certains je me suis ennuyé ferme et par contre d'autres comme : 5.04- An Echo of Thunder, se révèle de la qualité d'un bon western de série B !
Pour moi un des meilleurs de la série !
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

Post by Jeremy Fox »

Morgan wrote: 5 Oct 20, 11:47
Jeremy Fox wrote: 5 Oct 20, 11:22 Apprécies tu toujours autant la série Morgan ?
oui mais il est vrai que c'est très inégal d'un épisode à l'autre, pour certains je me suis ennuyé ferme et par contre d'autres comme : 5.04- An Echo of Thunder, se révèle de la qualité d'un bon western de série B !
Pour moi un des meilleurs de la série !
Ah oui, pour moi aussi, dans le top 10 en tout cas. L'acteur John Anderson est de tous les bons coups :wink: Pour le reste aussi nous sommes raccords ; c'est assez inégal mais les grands épisodes nous font oublier tout ça.
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

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Ellen Burstyn



7.16- Last Grave at Socorro Creek

Réalisation : Leo Penn
Scénario : David Levinson & Stanford Whitmore
Guest stars : Steve Inhat
Première diffusion 22/01/1969 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 6.5/10

Le Pitch : Alors qu’il est à la recherche de mustangs, le Virginien croise le chemin de son ami Burden dans la famille duquel il a passé ses meilleurs années alors qu’il était sans le sou et qu’elle l’avait hébergé quelques temps. Malheureusement Burden est au centre d’une machination ourdie par le vil Four-Eyes (Steve Inhat) ; après avoir été accusé d’avoir assassiné un rancher voisin, il est lynché. Le Virginien s’en veut car il est arrivé 24 heures trop tard ; en effet, le fils de Bill était venu le trouver pour lui dire que son père emprisonné demandait son aide mais il avait préféré finir la tâche que Grainger lui avait confié avant de se rendre à Socorro…

Mon avis : Après le formidable Death Wait, ce nouvel épisode reste à nouveau dans les tons sombres mais la réussite s’avère moindre même si Last Grave at Socorro Creek se suit cependant sans aucun ennui. Disons-le d’emblée, même si Leo Penn ne nous avait pas habitué à grand-chose, ses deux précédentes participations s’étant révélées calamiteuses, la faute en incombe cette fois principalement au trio de scénaristes ; et une fois encore on en vient à conclure à ce grand paradoxe maintes fois constaté : dans la majorité des cas, plus d’auteurs se rassemblent pour pondre un scénario plus ce dernier s'avère laborieux. Car pour pouvoir prendre grand plaisir à cet épisode, il faut en revenir aux années d’enfance au cours desquelles on cherchait avant tout à savoir qui étaient les 'méchants' et les 'gentils' et ne plus se soucier de rien d’autre, attendant et se délectant ensuite à ce que les premiers se fassent châtier par les seconds. Appréhendé comme ceci, cet épisode fonctionnera en l'occurrence très bien car les Bad Guys sont bien sadiques alors que les gens honnêtes subissent tous leurs pires outrages. Pourquoi en revenir à un tel manichéisme de spectateurs ? Car la machination meurtrière mise en place par Steve Ihnat est rendue tellement obscure par les scénaristes qui ont également été incapables de nous présenter tous les protagonistes qui sont mouillés dans cette manigance que le récit manque totalement de limpidité quant aux causes et conséquences de ce qui se déroule sous nos yeux. Bref, on arrive vite à définir qui sont les criminels et on n'attend plus qu'une seule chose, que leurs malversations soient portées au grand jour même si personne n’aura vraiment compris ce qu’ils avaient mis en œuvre pour en arriver à ce qu'ait lieu un lynchage.

Car c’est avant tout de ça dont il s’agit au sein de ce récit, du lynchage d’un personnage sympathique que nous avons accompagné durant les 20 premières minutes et qui s’était révélé être un vieil et très bon ami du Virginien, au point que lui et son épouse avaient hébergé plusieurs mois celui qui allait devenir le contremaitre de Shiloh mais qui n’avait dans ses jeunes années encore pas un sou en poche. Un rancher donc très affable qui se voit d’un jour à l’autre emprisonné pour meurtre et que l’on retrouve se balançant au bout d’une corde la séquence suivante alors que nous nous attendions à un procès et à la venue du Virginien que le fils du prisonnier était venu prévenir de la situation périlleuse dans laquelle se trouvait son père. Et l’on se souvient alors du premier épisode de la série dont c’était la thématique principale, Le Virginien s’étant immédiatement présenté à nous comme un farouche détracteur de cette ignoble pratique qui ne semblait en revanche aucunement horrifier ses concitoyens. Ici c’est peut-être encore plus violent : alors qu’il arrive à Socorro avec un jour de retard pour avoir voulu terminer un travail qui lui avait été confié par son patron, quelle n’est pas sa désagréable surprise de trouver son vieil ami non pas en prison où il pensait pouvoir le faire libérer, mais tournoyant sous un arbre ! La petite ville disait n’avoir pas besoin de shérif car assez calme pour pouvoir très bien s’en passer ; et voici ce qui en a résulté, la justice expéditive des citoyens. Non seulement le Virginien va vouloir faire éclater la vérité quant à l’innocence de Burden et en profiter pour mettre un terme aux agissements de ceux qui ont monté cette cabale criminelle, mais également le fils du mort qui n’arrive pas à comprendre pourquoi personne n’a empêché cette pendaison se met en tête de venger son père de la plus violente des manières.

Quant à Kate, la mère et épouse, elle est à l’origine d’une romance assez touchante (la partie la plus réussie de l’épisode) entre elle et notre régisseur de Shiloh. A l’époque où il avait été hébergé dans la famille, il avait déjà eu le coup de foudre pour cette belle femme mais rien ne s’était jamais passé, ne voulant pas ‘trahir’ son ami. Ce que l’on apprend maintenant que Bill Burden est mort c’est que sa femme ne l’a jamais vraiment aimé et qu’elle aussi à l’époque était tombée sous le charme du Virginien sans vouloir tromper son époux. Ils pourraient maintenant entamer une histoire d’amour sauf que la situation dramatique où ils se retrouvent les empêche de vivre sereinement cette romance et que le fils se met entre eux deux, ne supportant pas ce rapprochement alors que le cadavre de son père est encore chaud. Kate est interprétée par la comédienne Ellen Burstyn qui sera l'une des actrices fétiches de Peter Bogdanovich mais que tout le monde connait surtout pour avoir été la mère de Linda Blair dans l’éprouvant L’Exorciste de William Friedkin. Elle nous prouve avoir été déjà formidable dans cet épisode, tout comme Steve Ihnat, déjà protagoniste principal de Jed de Abner Biberman dans la saison 6, son personnage-titre s’étant avéré l’un des plus attachants qu’il nous ait été donné de croiser au sein de la série ; ici c’est au contraire l’un des plus inquiétants et il est tout aussi convaincant, preuve de son immense palette dramatique ; dommage qu’il n’ait pas eu le temps de nous faire profiter plus longtemps de son talent car il décèdera quelques années plus tard d’une crise cardiaque à l’âge de 37 ans. Et encore donc plus dommage que cette conjugaison de talents n’ait pas abouti à un épisode plus mémorable faute à une mise en scène sans grande ampleur mais surtout comme déjà expliqué ci-avant à un scénario peu limpide qui nous perd dans les méandres de son intrigue et manquant singulièrement et de chair et de rigueur.

Parmi les points positifs – plus nombreux d’ailleurs que les défauts - nous pouvons noter, immédiatement reconnaissable, et ce dès les premières mesures, la musique de l’immense Bernard Herrmann ; une dénonciation vigoureuse du lynchage et une ode à la justice (ce n'est pas une première au sein de la série mais ce n'est jamais inutile d'en remettre une couche) ; une étonnante utilisation du hors-champs et des ellipses ; des seconds rôles tous très bons (je pense entre autres à Lonny Chapman ou Larry Ward) même si pas toujours très bien exploités ; des paysages naturels bien choisis – notamment celui où se trouve le cimetière - et enfin des séquences d’action qui ne manquent pas de sécheresse ni d’efficacité avec un Virginien particulièrement teigneux. Avec un tel casting, une thématique intéressante et un Bad Guy plus inquiétant que jamais avec ses petites lunettes à double foyer, nous aurions pu nous attendre à un sommet de la série ; ce n’est pas le cas mais Last Grave at Socorro Creek n’en est pas moins un épisode loin d'être désagréable. Quant à la dernière réplique du Virginien, elle nous rappelle qu’il ne se considère pas comme un héros mais comme un être humain comme tout le monde avec ses forces et faiblesses : "Danny, your pa wasn't as strong as some wanted, but he wasn't as weak as some said......Just like the rest of us."



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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

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James Brolin



7.17- Crime Wave at Buffalo Spring

Réalisation : Charles S. Dubin
Scénario : Robert Van Scoyk
Guest stars : Yvonne de Carlo & James Brolin
Première diffusion 29/01/1969 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 2/10


Le Pitch : Après s’être battu avec Trampas, David décide de quitter Shiloh. S’arrêtant pour soigner une jeune fille blessée à la jambe, il se retrouve dépouillé de ses vêtements et de sa monture. Arrivé à Buffalo Spring vêtu des habits de son agresseur, on l’emprisonne en le prenant pour celui qui vient de dévaliser la banque. Trampas qui atteint à son tour la petite ville en espérant convaincre David de revenir travailler au ranch se trouve pris dans une bagarre qui le conduit lui aussi derrière les barreaux… dans la même cellule que David. Nos deux cowboys sont en fait tombés en plein milieu d’une rivalité entre le banquier et la tenancière du saloon (Yvonne de Carlo)…

Mon avis : J’imagine aisément la mine dépitée de celui ayant entendu parler du Virginien comme d’une série westernienne adulte et mature qui tomberait en premier sur cet épisode se rapprochant du splastick à la Mack Sennett comme le sera quelques années plus tard Blazzing Saddles (Le Shérif est en prison), les moyens et le talent en moins. Déjà que j‘avais eu beaucoup de mal avec le film de Mel Brooks mais en l’occurrence ici nous tombons donc vraiment bien bas. Car si la comédie peut très bien se marier au western, le cinéma comme la télévision l’ayant prouvé à maintes reprises - notre série y compris, et ce dès les premiers épisodes avec par exemple les délicieux The Big Deal de Earl Bellamy ou Big Day, Great Day de Harmon Jones –, pour que le mélange soit harmonieux il faut absolument un scénario qui tienne la route et des comédiens aguerris à ce genre d’exercices ; ce n’est malheureusement pas le cas pour ce Crime Wave at Buffalo Springs pourtant réalisé et écrit par deux hommes ayant fait leurs preuves au sein de la série mais sur un registre beaucoup plus sérieux : Charles S. Dubin à la caméra qui venait de réaliser l’un des sommets du Virginien deux épisodes plus tôt avec le magnifique Death Wait, ainsi que Robert Van Scoyk à l’écriture dont on se souvient du poignant The Good-Hearted Badman, épisode assez rapproché dans le temps lui aussi.

Mais personne ne pourra dire qu’il n’aura pas été prévenu d’emblée car dès le début et sa musique expressément calquée sur les films burlesques, on comprend que l’on va assister à une histoire saugrenue, le générique défilant alors qu’un hold-up de pacotille se déroule sous nos yeux, les bandits semblant aussi maladroits que le shérif, une grosse dame poussant un cri strident qui durera quelques secondes de trop pour nos fragiles oreilles ; d’ailleurs de ce point de vue-là nous ne serons servis pas qu'à moitié car tout le monde parle fort voire vitupère constamment comme par exemple et surtout l’insupportable Tom Bosley dans le rôle du banquier, plus connu par la suite pour avoir été le père de famille dans la série Happy Days. Ca court, ça grimace hors de propos, ça se cogne dans les portes et les murs toutes les deux secondes, ça hurle, ça crie, ça rit fort, et, pour ne rien gâcher à cet infernal tintamarre les Irish Rovers viennent terminer de nous achever les tympans avec trois chansons dont on se serait volontiers passé. Alors que sauver de cet épisode volontairement bouffon et foutraque mais sans aucune rigueur ni véritable drôlerie ? Le personnage du shérif ahuri interprété par Gary Vinson, même si au bout d’un moment il tournera lui aussi en rond ; deux ou trois gags bien sentis ; une deuxième moitié un tout petit mieux tenue et un peu moins pénible...

Et, puisque nous n’allons pas nous attarder plus longuement ni sur la mise en scène médiocre ni sur l’intrigue aussi inintéressante que peu amusante, prenons exemple sur Patrick Brion lors de ses présentations de films sur divers bonus, faisons le tour des participants à cet épisode qui aurait néanmoins mieux fait de rester dans les oubliettes de Universal. Parmi les protagonistes récurrents, seuls Doug McClure et David Hartman sont de la partie, James Drury ayant échappé à cet épisode totalement ‘hors-sujet’ comme ce fut quand même déjà le cas de deux ou trois autres auparavant. Si les deux comédiens nous ont prouvé à maintes reprises qu’ils avaient du talent autant pour le drame que pour la comédie, ici comme le reste de l'équipe ils se lâchent aussi, et ce n’est pas toujours à leur avantage car leur cabotinage se révèle plus souvent lourd qu'amusant. Mais surtout quelle tristesse de ne pas avoir profité des talents de comédienne de Yvonne de Carlo, l’une des actrices les plus prolifiques à la Universal dans le western des années 40 et 50, surtout inoubliable dans les films de George Sherman (Tomahawk ; Black Bart ; Calamity Jane and Sam Bass…) ou encore dans ce film resté totalement méconnu mais qui mériterait de sortir de l’oubli, Shotgun de Lesley Selander aux côtés de Sterling ‘Johnny Guitar’ Hayden. Quant à James Brolin dans le rôle de ce gentil Robin des Bois de pacotille, il est à peu près le seul à attirer la sympathie et à nous faire sourire. Le personnage qui le fit surtout connaitre dans le monde entier fût celui du jeune Dr Steven Kiley dans la série télévisée Marcus Welby, M.D. entre 1969 et 1976. En revanche pas grand-chose à dire sur le reste de la distribution.

Bouffonnerie, quiproquos en pagaille, gags ‘tartes à la crème’ à foison, totale hystérie des personnages sans cesse en mouvements et en vitupérations, cocasserie grotesque des situations… ceux à qui ces éléments plaisent pourront éventuellement trouver de quoi passer un bon moment mais on peut quand même se demander ce qui passe parfois par la tête des producteurs pour risquer ainsi de se couper d’une bonne partie des amoureux de la série en bifurquant sur tout autre chose ? Bien évidemment que tout ça n’est pas à prendre au sérieux mais à l’inverse a-t-on demandé un jour à Benny Hill de réciter du Shakespeare durant toute la durée d'une des émissions de son show télévisé ?! Mais le prochain épisode semble revenir à des bases plus traditionnelles avec notamment un comédien qui nous avait forte impression dans un épisode dont on parle dans ce texte (The Good-Hearted Badman), l’excellent Pete Duel, qui sera accompagné des non moins bons James Gregory et Skip Homeier. Croisons les doigts après une telle douche froide !


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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

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Pete Duel


7.18- The Price of Love

Réalisation : Michael Caffey
Scénario : Richard Carr
Guest stars : Pete Duel, James Gregory & Skip Homeier
Première diffusion 12/02/1969 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 6.5/10

Le Pitch : Denny (Pete Duel) arrive à Medicine Bow où il fait soigner sa monture. Alors qu’au saloon il est pris à partie par deux cowboys du ranch Kimbro, Trampas arrive pour prendre sa défense. Lorsque ce dernier dit à Denny qu’il travaille pour un certain Clay Granger, la joie du jeune garçon est à son comble ; en effet durant trois ans il a été élevé par les Grainger qui le considéraient comme leur fils. Les retrouvailles sont joyeuses et Denny accepte d’être embauché à Shiloh. Les rivalités entre Grainger et Kimboo à propos d’un point d’eau vont causer des morts alors que les deux hommes avaient dans l'idée de régler leur différend devant la justice…

Mon avis : En conclusion de mon texte sur le précédent et pénible Crime Wave at Buffalo Spring, j’écrivais : "...mais le prochain épisode semble revenir à des bases plus traditionnelles avec notamment un comédien qui nous avait forte impression dans The Good-Hearted Badman, l’excellent Pete Duel, qui sera accompagné des non moins bons James Gregory et Skip Homeier. Croisons les doigts après une telle douche froide !" Si The Price of Love s’avère un peu décevant si l’on s’attendait à une réussite telle que l’épisode cité ci-avant, les auteurs reviennent cependant bel et bien à la tradition westernienne la plus sérieuse avec comme toile de fonds l’éternel conflit, non pas entre éleveurs et fermiers, mais entre plusieurs ranchers se disputant ici la propriété d’un point d’eau ; rivalité qui aurait dû être réglée devant un tribunal mais qui va se transformer en bain de sang à l’arrivée d’un jeune homme dont toutes les 'caractéristiques' comportementales et historiques font penser que les auteurs se sont beaucoup inspirés de l’histoire de Billy the Kid. Et bien évidemment, il s’agit de Denny, le jeune protagoniste interprété par le comédien Pete Duel, tout aussi convaincant que lors de sa première participation à la série, les deux personnages se ressemblant d'ailleurs énormément, seront tous deux vecteurs de tragédie et auront eu également chacun une romance avec Elizabeth Grainger, ici cependant un peu moins touchante que la précédente.

La première séquence le voit au bord d’un chemin aux côtés de sa monture apparemment blessée. Deux hommes passent devant lui à vive allure, leurs chevaux le bousculant mais les cavaliers ne s’arrêtant pas pour s’excuser, revenant même en arrière pour continuer à le charrier. Arrivé à Medicine Bow avec son cheval qu’il emmène au maréchal-ferrant afin qu’il lui répare un sabot, Denny retrouve les deux mufles au saloon ; c’est à nouveau suite à leurs provocations que Denny se lance dans une violente bagarre à poings nus aidé par Trampas qui se désaltérait lui aussi à ce même moment et qui trouve là l’occasion idéale pour pouvoir cogner le régisseur du ranch voisin, Grainger ayant sinon strictement interdit aux cowboys de Shiloh de défier leurs homologues pour qu’aucune altercation plus sanglante ne puisse en découler. Une fois le combat terminé, Denny et Trampas sympathisent et quelle n’est pas la surprise du jeune arrivant lorsqu’il apprend que son nouveau compagnon a pour patron un certain Clay Granger. En effet, devenu orphelin très jeune suite aux massacres de ses parents par des indiens, élevé par ces derniers mais ayant fui leur camp à l’âge de 11 ans, il s’est autrefois retrouvé accueilli à bras ouverts par Clay et Holly Grainger qui venaient peu de temps avant de perdre leurs deux enfants morts d’une épidémie et qui le considérèrent alors comme leur propre fils. Denny était resté trois ans chez le couple, vivant tous trois dans le plus grand des bonheurs, avant de partir à nouveau durant 15 longues années sans leur donner de nouvelles. Les retrouvailles sont chaleureuses, s’étant tous autant manqués les uns que les autres.

Quand Clay lui propose un travail à Shiloh, Denny accepte avec plaisir malgré les réticences du Virginien qui repère immédiatement chez le jeune homme un tempérament violent, un écorché vif quelque peu tourmenté. Et il va rapidement s’avérer que le régisseur de Shiloh avait vu juste, sauvant de justesse la vie d’un jeune cowboy ayant seulement proféré une parole de travers à l'encontre d'un membre de la famille Grainger et suite à ça ayant failli mourir sous les coups de Denny. Mais le Virginien ne sera malheureusement pas présent au bon endroit à chaque fois et plusieurs personnes tomberont sous les balles de cet as de la gâchette qui a décidé de protéger non seulement la vie de ses parents adoptifs mais également leur honneur : chaque fois que quelqu’un leur manquera de respect ou les provoquera même sans conséquences, il va se sentir obligé de mettre fin à leurs vies… Mais j’en ai déjà sans doute trop dit même si on le comprend assez vite, le jeune et gentil orphelin s’est endurci et s’est transformé en un tueur sans scrupules. Cela ne l’empêchera pas de taper dans l’œil d’Elizabeth, leur histoire d’amour n’étant d'ailleurs pas ce qui est le plus réussi, quelques séquences comme celle du pique-nique sombrant presque dans la mièvrerie. Quoiqu’il en soit, et malgré aussi quelques bavardages intempestifs, incohérences et invraisemblances lors de la tragique séquence finale, les comédiens sont tous très bien dirigés et l’histoire se suit avec plaisir grâce également aux talents conjugués du scénariste du remarquable The Decision avec Kenneth Tobey durant la saison 6 ainsi que du réalisateur du non moins exceptionnel Ride to Misadventure dans la saison 7 avec Joseph Campanella, Michael Caffey allant à nouveau officier à six reprises jusqu'à la fin de la série. Comme précédemment, sa mise en scène s’avère à nouveau très cinématographique et bougrement efficace notamment lors des séquences d’action comme celle du teigneux pugilat du début de récit.

Pour en revenir au casting, en plus de Pete Duel, nous retiendrons la prestation de James Gregory (Nightfall de Jacques Tourneur ; La Charge de la 8ème brigade de Raoul Walsh ; Les 4 fils de Katie Elder de Henry Hathaway…) dans le rôle du rancher ennemi ou encore de l’excellent Skip Homeier que tous les amateurs de western connaissent bien (La Cible humaine de Henry King ; L’Homme de l’Arizona et Comanche Station de Budd Boetticher…), ici dans la peau du régisseur du ranch adverse ; sans parler d’un James Drury très en forme qui tente d’ouvrir les yeux à son patron quant au tempérament de son protégé mais qui dans le même temps cachera des faits lors du procès pour à son tour ne pas le mettre dans l’embarras, ainsi que du couple Jeanette Nolan et John McIntire dont la complicité et l’amour à la ville rejaillit à l’écran, le boss de Shiloh ne comprenant pas qu’on ait pu penser qu’il ait pu avoir l’idée de louer les services d’un tueur à gages (ce dont tout le monde est persuadé s'agissant de Denny) : "You people know me. You know when I have a dispute I settle it in court, not hire a gunfighter." Quant à la conclusion de cette histoire elle pourrait être cette phrase prononcée par l’un de ses protagonistes : "It isn't right to take a human life no matter what the reason". Un épisode très correct à défaut d'être mémorable.



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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

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Robert Pine



7.19- The Ordeal

Réalisation : Michael Caffey
Scénario : Don Ingalls
Guest stars : Robert Pine & Jennifer Gan
Première diffusion 19/02/1969 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 5/10

Le Pitch : Scott (Robert Pine) a été envoyé à Shiloh par son père, un grand magnat de l’Est des USA. Grand ami de Clay Grainger, le père de Scott lui a demandé d'accueillir son fils dans son ranch durant tout l’été afin qu’il puisse recevoir une éducation un peu plus virile et acquérir ainsi du caractère et le sens des responsabilités, le trouvant à son goût bien trop souvent plongé dans les livres. Clay étant en voyage à Denver, le Virginien est chargé de l’intégrer à son équipe de cowboys même s’il n’avait pas vraiment besoin d’hommes supplémentaires. Scott n’est pas non plus très motivé pour travailler, préférant conter fleurette à Elizabeth…

Mon avis : Ce n’est pas la première fois que l’on met entre les mains du Virginien un jeune homme 'à former' sans que ni l’un ni l’autre n’aient rien demandé. Ce furent parfois des repris de justice à essayer de remettre dans le droit chemin, le régisseur de Shiloh ayant toujours cru à la deuxième chance et n’ayant jamais trop rechigné à éduquer ces fortes têtes afin qu’elle reparte dans la bonne voie ; ou alors des connaissances de un tel ou un tel autre, en quelque sorte des jeunes gens venus là ‘par piston’. Ici il s’agit d’un fils à papa, celui d’un Tycoon de l’Est, vieil ami de Clay Grainger. Alors que ce dernier se trouve à Denver, il envoie une lettre à son intendant pour le prévenir que le jeune Scott Austin va venir se présenter au ranch et qu’il faudra l’intégrer en ‘stage’ durant l’été à l’équipe des cowboys qu’il dirige. Tout cela pour faire plaisir à son ami qui voudrait que son fils soit élevé quelques temps ‘à la dure' : "knock some education out of him and put some manhood in." Trop intellectuel et dilettante à son goût, il voudrait que son rejeton acquiert un peu plus de virilité, de caractère et de sens des responsabilités, trop plongé dans la lecture et autres occupations 'sans intérêts'. On pense un peu à Celui par qui le scandale arrive (Home from the Hill) de Vincente Minnelli dans lequel un tyrannique Robert Mitchum voulait faire de son fils tout fluet joué par George Hamilton, "un homme, un vrai" pour l'éloigner de ses préoccupations un peu trop cérébrales, incompatibles avec son statut de 'mâle'.

Sauf que dans cet épisode du Virginien on ne verra jamais le père, l’intrigue ne prenant place et ne se déroulant qu’aux alentours de Medicine Bow, des environs cependant un peu plus étendus que dans la plupart des cas puisque un tiers du récit se situera au sein de paysages désertiques situés à plusieurs dizaines de kilomètres, les auteurs utilisant pour l’occasion les célèbres lieux fétiches d’un des plus grands réalisateurs de westerns, Budd Boetticher, à savoir les décors rocheux de Lone Pine. L’épisode débute par l’arrivée du jeune Scott Austin à Medicine Bow, amenant sa monture à faire soigner, se faisant alors prêter un buggy pour se rendre à sa destination, à savoir le ranch Shiloh. Entre temps le Virginien et Trampas auront été mis au courant de son arrivée prochaine, pas très contents de n’avoir été prévenu qu’à la dernière minute, n’ayant en plus pas vraiment besoin de main d’œuvre supplémentaire et surtout pas beaucoup de temps à consacrer à sa formation. Ils sont encore plus dépités lorsqu’ils le voient arriver complètement soul. Après avoir été chahuté en ville, il sera à nouveau bizuté par ses collègues, avec un peu trop de virulence par l’un d’entre eux, Morgan, qui ne le lâchera plus, en faisant sa bête noire. Toute cette entrée en matière est plutôt convaincante et bien vue grâce surtout au comédien Robert Pine (le futur Sergent Getraer dans la série policière Chips) qui malgré tous les pièges tendus reste constamment juste, jamais cabotin.

Toute la réflexion et les questionnements qui s’ensuivent sur l’éducation masculine n’est pas inintéressante non plus, Scott avouant avec franchise ne pas être manuel, n’être que peu enclin à s’épuiser à la tâche et préférer de loin les activités intellectuelles. Un homme doit-il nécessairement prouver sa virilité dans la souffrance et le labeur ? Le personnage nous parait alors très sympathique ainsi que les idées des auteurs à ce sujet… sauf que la seconde partie va tout faire capoter, non seulement interminable par ses longueurs mais nous faisant surtout nous rendre compte que le progressisme deviné est finalement totalement bafoué, pour couronner le tout le Virginien ayant l’idée la plus idiote depuis le début de la série. Mais avant ça, on se sera déjà pris à penser que les scénaristes devaient être en manque d’inspiration et vouloir faire trainer pour en arriver à boucler les 75 minutes réglementaires, témoin cette séquence au cours de laquelle Scott raconte dans les détails à Elizabeth Grainger ce à quoi nous avons déjà assisté durant le premier quart d’heure. Ce sera ensuite la romance naissante entre Scott et la nièce de Clay avec quelques scènes bucoliques plutôt réussies ; puis arrive la séquence censée faire basculer l’épisode vers plus de drame et de noirceur. Le Virginien demande à Scott d’aller faire paitre les chevaux dans un endroit marécageux – quelle idée saugrenue d’ailleurs ?! – en le prévenant de bien faire attention ; sauf que le jeune homme s’endort alors que la monture d’Elizabeth se fait piéger par les sables mouvants. La tentative de sauvetage semble durer des heures après quoi, dépité et honteux d’avoir fait périr le cheval de la femme à qui il faisait la cour, il décide de quitter le ranch et la région, s’enfuyant alors en passant par le désert : décidément la vraisemblance n'est pas de mise.

Le Virginien part à sa poursuite et après encore quelques bien trop longues minutes guère captivantes - malgré les paysages de Lone Pine traversés - parvient à le rejoindre et à le décider de rentrer au ranch après une nuit de repos. Mais là, tout droit sortie de l’imagination probablement avinée du scénariste, alors que Scott s’est endormi, l’intendant de Shiloh a l’idée la plus idiote qu’il lui ait été donné de trouver depuis le début de la série, détacher les chevaux pour donner une leçon au fuyard, espérant ainsi par le fait de devoir rentrer à pied lui faire subir une épreuve qui devrait l’endurcir. Sauf qu’il va devoir lui-même souffrir car c’est toute une traversée de déserts qu’ils doivent effectuer, longue, éprouvante et sans eau. Et voilà qu’en plus il se blesse à la jambe… Nous assistons donc durant tout le dernier quart à un récit de ‘survival’ un peu ridicule, sans tension et pas du tout crédible, ce segment semblant lui aussi durer une éternité. Bref, à part un postulat de départ et quelques pistes de réflexion intéressantes, le récit s’enlise vite, paradoxalement à partir du moment où débute l’action : The Ordeal (l’épreuve) en est alors une non seulement pour le fils à papa mais aussi pour le spectateur qui perd tout attention en cours de route. Dommage car la direction d’acteurs était réussie et le thème susceptible de captiver. Ce n’en est pas pour autant irregardable comme ce fut parfois le cas au sein de la série.
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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

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James Olson & Doug McClure




7.20- The Land Dreamer

Réalisation : James Sheldon
Scénario : Robert Van Scoyk
Guest stars : Don Francks, James Olson & Cloris Leachman
Première diffusion 26/02/1969 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 8/10

Le Pitch : Alors qu’en train de bâtir sa maison, on venait pour l’évincer de ses terres nouvellement acquises, Hosea McKinley (James Olson) blesse grièvement le shérif et tue l’escroc qui voulait lui reprendre son bien. Il s’enfuit jusque chez lui où il est caché par son épouse (Cloris Leachman) et son jeune fils. Le Virginien, Trampas et David partent à sa recherche et finissent par le retrouver. Alors que David aimerait l’aider à fuir sachant que les habitants de Medicine Bow pensent à le lyncher poussés en cela par le frère du défunt qui leur fait du chantage, le Virginien préfère le ramener en ville afin qu’il y soit équitablement jugé…

Mon avis : A propos du récent Big Tiny j’écrivais : "et dire que c’est James Sheldon à la réalisation ; celui-là même à qui nous avions accordé toute notre confiance depuis qu’en cette même année 1968 il nous ait fait cadeau de trois des plus beaux épisodes de la série !" On va pouvoir désormais conclure avec soulagement qu’il s’agissait d’un malencontreux raté car dès le suivant qui n’est autre que ce The Land Dreamer qui nous concerne ici, le réalisateur nous revient au sommet de sa forme. On oubliera par la même occasion le scénario de Crime Wave at Buffalo Spring, autre erreur de parcours de Robert Van Scoyk à l’écriture, dont on se souviendra plutôt du poignant The Good-Hearted Badman du même niveau d’excellence que ce superbe nouvel épisode. Ce dernier bénéficie également d’une direction d’acteurs absolument parfaite, outre tous nos comédiens récurrents pour une fois réunis (y compris John McIntire et Sara Lane), les Guests Stars nous octroyant tous de belles prestations, que ce soit James Olson dans le rôle principal du fermier criminel Hosea McKinley, de son fils le jeune et très juste John Daniels, Don Francks dans la peau d’un usurier haïssable et surtout Cloris Leachman déjà mémorable en saloon Gal dans Requiem for a good Doctor durant la saison 5 et qui rappelons le sera inoubliable deux ans plus tard dans le touchant et magnifique La Dernière séance (The Last Picture Show) de Peter Bogdanovich alors que son premier rôle au cinéma reste également célèbre pour les cinéphiles puisque ce fut dans Kiss Me Deadly (En quatrième vitesse) de Robert Aldrich où nous la découvrions dès la fulgurante séquence initiale puisque c’est elle qui apparaissait à l’écran vêtue d’un imper, courant seule dans la nuit au milieu d’une route et qui, éclairée de dos par les phares d’une voiture, forçait le véhicule de Mike Hammer à s’arrêter.

Mais revenons-en à ce The Land Dreamer dont le seul défaut pourrait être sa trop grande densité dramatique ainsi que sa formidable richesse thématique et scénaristique qui auraient mérité une durée bien plus longue pour pouvoir se développer dans des conditions idéales ; mais force est de constater que malgré cette obligation contractuelle de 75 minutes le final ne sera pas bâclé comme nous aurions pu le craindre en de telles circonstances. L’épisode débute par une séquence tragique : le shérif, accompagné d’un usurier que l’on sent immédiatement peu aimable, vient demander à un fermier ayant tout récemment acheté une terre près de Shiloh de la quitter car il ne l’aurait pas acquise dans la légalité. Le spectateur sent bien que ce brave homme s’est fait rouler et que son expulsion est honteusement injuste. La tension est d’ores et déjà présente ; preuve en est, hors-champ des coups de feu éclatent et l’on voit Trampas qui passait par là, attiré par ce bruit, se précipiter sur les lieux où il découvre non seulement un cadavre mais également le shérif Abott sans connaissance et grièvement blessé. En ville, on décide de constituer un posse afin de partir à la recherche du criminel. Tout ceci se déroule en extérieurs avec maintes haltes et chevauchées au sein de très beaux paysages que sait parfaitement bien filmer James Sheldon dont j’ai déjà évoqué à plusieurs reprises la mise en scène assez cinématographique et son talent dans la gestion de l'espace. Les traces finissant par se diviser, deux groupes indépendants continuent dont celui composé par David, Trampas et Le Virginien. C’est bien évidemment ce dernier qui va finir par retrouver le fugitif. Mais avant ça nous aurons assisté aux retrouvailles des trois membres de la famille, ce qui aura renforcé chez le spectateur l’empathie pour ce meurtrier absolument pas cynique et qui semble en temps normal ne pas devoir faire de mal à une mouche. Sa réaction violente est venue du fait de s’être rendu compte s’être fait escroquer dans les grandes largeurs, ses nouvelles terres représentant la survie pour lui, son épouse et son fils car de celles sur lesquelles ils habitent actuellement, il n’y a décidément rien à tirer.

Il se sentait d'autant plus gêné et acculé qu'il avait en quelque sorte contraint sa femme à venir s’installer dans cette région alors qu’ils vivaient très confortablement en Louisiane : lui était contremaitre et elle possédait aussi un emploi pas désagréable. Malgré les regrets de l’épouse et leurs soucis actuels, il s’agit d’une famille aimante et unie, leur jeune fils leur étant également d’une aide et d’un réconfort peu négligeable. C’est évidemment un drame qui leur tombe sur la tête ; mais lorsque arrivent nos trois cowboys de Shiloh, Hosea accepte cette fatalité. Cependant, trop fatigué par la course qu’il vient de faire sur des dizaines de kilomètres, il ne pourra pas les suivre jusqu'en prison avant le lendemain. Trampas retourne alors au ranch prévenir que le meurtrier a été retrouvé tandis que Dave et Le Virginien restent à dormir chez les McKinley pour prendre un peu de repos. Le fils avait auparavant pris le soin de faire fuir les montures des arrivants afin de faire gagner du temps à son père ; il va se prendre d’amitié pour Dave, tous deux partant à la recherche des chevaux. Beaucoup de tendresse et d’émotion durant toutes ces séquences ; et si Dave va essayer de laisser s’enfuir à nouveau Hosea, le Virginien n’est pas du tout d’accord et l'en empêche, toujours aussi rigide lorsqu’il s’agit de ne pas bafouer la loi et la justice. Les voilà donc repartis le lendemain pour Medicine Bow ou entre temps le frère du défunt a lui aussi fait son apparition, se révélant encore bien pire que son frère mort, ayant décidé de reprendre les affaires – ou plutôt le racket - de ce dernier et d’en profiter pour faire chanter tous les habitants de la ville lui devant de l’argent sous peine de les ruiner s’ils ne prenaient pas partie pour sa vengeance et le lynchage de Hosea. Et comme si ça ne suffisait pas, pour être certain d’arriver à ses fins, il engage un groupe de Gunmen !

La sortie du coma du shérif qui jusque-là était resté inconscient, n’avait encore pas pu émerger et raconter ce qu’il s’était réellement passé, la situation dramatique dans laquelle se retrouvent l’épouse et le fils de l’accusée, les malversations et violences de l’ignoble frère du défunt, le lynchage imminent du meurtrier, la mission qu’à Trampas de remplacer le shérif le temps qu’il puisse reprendre ses fonctions, se prenant alors d’amitié pour son prisonnier... on se rend compte de la richesse dramatique de cet épisode qui se terminera cependant sans bâclage et dans une grande dignité : contrairement au premier épisode de la série, les habitants sont devenus bien plus respectueux de la vie humaine, contre cette pratique du lynchage qu’ils jugent désormais barbare et refusant de vendre leur âme au diable même sous les menaces. Et c’est Clay Granger – superbe John McIntire - qui viendra porter un ultime message de justice et de paix, expliquant également que tout un chacun aurait probablement réagi pareil que Hosea pour sauvegarder son foyer dans la situation d’extrême injustice dans laquelle il s’était retrouvé acculé. Un scénario qui au cinéma aurait pu prétendre à deux heures pour avoir le temps d’être positivement délayé mais qui s’en sort cependant haut la main grâce aux talents conjugués de l’auteur de l’histoire, du réalisateur et des interprètes. A signaler aussi la très bonne décision de James Sheldon de faire cesser la musique le temps de quelques séquences dramatiquement très tendues, ce qui n’avait pas toujours été le cas précédemment. Une grande, émouvante et belle réussite aussi bien dans l’action que dans la psychologie des personnages ou des dialogues. Un violent réquisitoire contre le lynchage ainsi que sur les malversations d’hommes d’affaires peu scrupuleux qui se servent de la loi pour dépouiller d’honnêtes gens en jouant sur leur naïveté. Espérons que ce troisième tiers de saison saura se maintenir à un tel niveau après qu'elle se soit montrée jusque-là un peu trop inégale sur l’ensemble.



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Debbie Watson



7.21- Eileen

Réalisation : Anton Leader
Scénario : Don Ingalls
Guest stars : Debbie Watson & Richard Van Vleet
Première diffusion 05/03/1969 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 4.5/10

Le Pitch : Clay accueille à Shiloh durant six semaines la fille d’un ami, Eileen (Debbie Watson). Mais la véritable raison de sa visite, Eileen demande à Clay à ce qu’elle reste secrète : son père qui n’est pas prêt à prendre pour gendre l’homme qu’elle fréquente, Peter (Richard Van Fleet), lui a demandé de s’en éloigner un certain laps de temps en espérant que loin des yeux loin du cœur, elle l’aura oublié en rentrant. Seulement Peter est venu lui aussi à Shiloh se faire embaucher incognito pour pouvoir garder sa fiancée à proximité sans que personne ne sache rien de leurs relations. Eileen lui demande de respecter les désirs de son père mais Peter refuse…

Mon avis : Et une fois encore, ne se révélant décidément pas le plus doué de la série, il est fort dommage que ce soit Anton Leader qui ait été choisi comme réalisateur pour mettre en scène cet épisode qui aurait pu être très intéressant ou tout du moins captivant avec un peu plus d’efforts niveau mise en scène et direction d’acteurs. Non seulement Leader ne possède pas le talent nécessaire pour magnifier n’importe quelle intrigue, ne dirige pas vraiment ses comédiens mais est également incapable de nous tenir en haleine lorsque l’histoire s’emballe et nous embarque dans une course poursuite qui aurait eu toutes les chances d’être passionnante entre les mains d’un réalisateur chevronné mais qui ici se révèle d’une mollesse pas croyable, finissant de faire de cet épisode qui commençait pourtant assez bien une nouvelle désillusion au sein de cette saison 7 qui n’en est malheureusement pas avare. On pourra donc d’emblée affirmer qu’il s’agit là d’un épisode fort décevant voire plus que moyen par son incapacité à nous faire accrocher à un récit qui avait pourtant toute les chances d’être enthousiasmant. Le premier tiers dans un ton léger est cependant plutôt agréable et assez drôle notamment grâce à Doug McClure qui a fait pousser une petite moustache à Trampas qui en est d’ailleurs très fier ; moustache qui sera à l’origine de nombreuses moqueries assez cocasses de la part de ses ‘collègues’ de travail ainsi que du Virginien ou d’Elizabeth.

Fort de ce nouvel attribut dont il se vante, il va vouloir séduire une nouvelle arrivante à Shiloh. Cette dernière, Eileen, est la fille d’un vieil ami de Clay ; officiellement elle est là pour passer quelques semaines de vacances aux côtés d’Elizabeth qui aura enfin de la compagnie féminine durant cette période. Mais officieusement, le secret ne devant être connu que d’elle et Clay, Eileen est envoyée en visite dans le ranch par son père qui espère ainsi, qu’éloignée de son prétendant durant un certain laps de temps, elle l’oubliera ; en effet le père n’ayant absolument pas confiance en lui préfèrerait ne pas l’avoir pour gendre. Nous avons alors droit à quelques séquences assez amusantes, Elizabeth connaissant par cœur son Trampas et devinant à l’avance toutes les démarches qu’il va entreprendre pour appâter Eileen ; et ça ne manque pas ! Nous sommes en terrain connu, tout le monde s’amuse et l’actrice Debbie Watson possède un joli petit minois (dommage en revanche qu’elle soit aussi limitée dans son jeu comme c’était déjà le cas dans l’épisode Requiem for a Country Doctor, peu aidée en cela par le réalisateur qui n’en tire pas grand chose). Puis arrive un inconnu qui se fait embaucher comme cowboy par le Virginien (à signaler que dans cet épisode James Drury ne nous propose que le minimum syndical, semblant s’y ennuyer à mourir, peut-être pas dupe de la médiocrité du scénario ?!) Devant le trouble que cette apparition jette sur Eileen, on comprend et apprend vite que ce nouveau venu n’est autre que Peter, le fiancé d’Eileen, celle-ci très mécontente car la promesse d’éloignement faite à son père ne sera ainsi pas tenue. Sans révéler son identité aux autres, elle le rencontre en cachette à la nuit tombée pour lui demander de repartir et de patienter ces quelques semaines avant de se revoir mais lui, prétextant un amour trop pressant lui faisant ne pas supporter l’attente, la force à des embrassades auxquelles elle ne tient pas ; une forme de harcèlement qui va conduire Peter à se confronter à Trampas qui ne peut pas deviner que la jeune femme est sa promise.

Au bout d’un moment, s’étant mise également à dos Elizabeth qui l’a surprise dans les bras de cet homme alors que la nièce des Grainger sait très bien qu’elle est déjà engagée ailleurs, elle va tout avouer afin de faire retomber les tensions et pour qu'il n’y ait plus de méprises. Jusqu’ici, sans pour autant nous captiver, ça se laissait regarder sans trop d’ennui même si Richard Van Fleet ne se révélait guère meilleur comédien que sa partenaire. Et puis on bifurque vers un peu plus de noirceur avec l’arrivée de deux hommes très peu engageants qui semblent connaitre parfaitement bien Peter. Et effectivement il s’agit de complices, l’empressement de Peter auprès de la charmante Debbie n’étant pas uniquement motivé par l’amour mais encore bien plus par l’appât du gain… Je n’en dirais pas plus afin de ne pas déflorer plus avant l'intrigue mais sachez quand même que le menu sera copieux et que nous allons assister ensuite à un virage vers le film noir avec enlèvement, demande de rançon, course poursuite jusqu’à une grotte et piège tendu par nos héros. Sur le papier tout cela semblait devoir tenir en haleine le spectateur sauf que comme nous le disions plus avant, un scénario mal ficelé, des comédiens mal dirigés - ou qui semblent vouloir que ça en finisse au plus vite -, ajouté au fait que le réalisateur soit incapable de tirer quoi que ce soit de séquences pourtant susceptibles de pouvoir nous procurer du plaisir dû au suspens et à l’action… au fur et à mesure de l’avancée du récit nous nous en détachons de plus en plus pour arriver à souhaiter que comme James Drury ça se termine promptement d'autant que non plus aucune intéressante réflexion ne vient pointer le bout de son nez.

Nous aurons néanmoins connu bien pire au cours de la série et la première demi-heure nous aura bien distrait grâce surtout à Doug McClure qui grâce à sa moustache prépare le spectateur à la tête qu’il aura tout au long de la neuvième et dernière saison qui ne s’appellera plus The Virginian mais Men from Shiloh. Le spécialiste du serial Willam Witney qui œuvrera sur l’épisode suivant saura-t-il faire remonter la pente à cette fin de saison ?! Au vu de ce qu’il a déjà montré sur la série, ce n’est pas gagné d’avance mais croisons néanmoins les doigts.



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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

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Gary Collins




7.22- Incident at Diablo Crossing

Réalisation : William Witney
Scénario : Andrew Blanc, Margaret Blanc & Joel Rogosin
Guest stars : Gary Collins, Kiel Martin, Lee Kroeger & Anthony Caruso
Première diffusion 12/03/1969 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 3/10

Le Pitch : Trampas prend la diligence pour se rendre à une vente aux enchères. Deux soldats montent avec lui en guise d’escorte car des indiens auraient été vus dans les parages. Ils déposent une caisse qui va devenir à leur prochain arrêt l’objet de toutes les convoitises ; halte qui va se faire par obligation dans une ville fantôme où l’on a découvert le cadavre du ‘passeur’, son embarcation totalement détruite. Pour pouvoir poursuivre leur voyage et traverser la rivière ils vont devoir reconstruire le bac avec l’aide de celui dont que l'on soupçonne être le meurtrier ainsi que d’un jeune homme et de sa sœur étrangement restés seuls dans ce lieu désert...

Mon avis : On ne s’improvise pas scénariste ! Voici quelle pourrait être la leçon à tirer de la vision de cet épisode écrit n’importe comment avec pourtant des éléments de départ sacrément prometteurs. Et effectivement le couple Margaret et Andrew Blanc a beau avoir été soutenu par Joel Rogosin (lui aussi plus prolifique producteur que scénariste), leur travail ressemble à un beau gâchis. William Witney, réalisateur chevronné auparavant spécialiste du serial, en signant son dixième et dernier épisode pour Le Virginien ne parvient pas à sauver les meubles, tout comme c’était déjà le cas avec son précédent, le calamiteux Beloved Outlaw ; à cette occasion il marquait déjà le pas quant à sa direction d’acteurs, ce qui se confirme ici, à nouveau incapable de faire jouer convenablement sa comédienne principale, à savoir la très pénible Lee Kroeger, déjà insupportable lors de sa première participation à la série dans Stacey au cours de la saison 6. De William Witney et de sa collaboration à la série, souvenons-nous plutôt de sa plus grande réussite en son sein, A Man of the People, épisode médian de la saison 3 qui abordait principalement la thématique de la répartition des terres entre ranchers et fermiers et l’arrivée de nouveaux habitants orchestrée par un député un peu roublard joué à merveille par James Dunn.

Mais pour donner une idée de la déception finale, essayons de raconter cette histoire aux multiples personnages et innombrables ramifications, le récit se situant dans la mouvance de ceux aux potentiels de départ souvent alléchants, décrivant un petit groupe constitué de personnes diverses et variées s’étant retrouvées toutes coincées dans un lieu restreint, obligés de cohabiter tant bien que mal malgré leurs grandes différences de tempéraments et caractères. Promiscuité d’autant plus difficile ici qu’une caisse remplie d’argent (la paie des militaires) est constamment sous leurs yeux. Convoitise, duplicité, roublardise… vont aller bon train. Mais repartons du début en essayant d’être plus fluide que les scénaristes ! Trampas a donc pris une diligence pour se rendre à une vente aux enchères ; voiture conduite par un vieil ami à lui, Sam (Anthony Caruso, vilainement grimé pour se vieillir et cabotinant un peu trop). A un premier relais, deux tuniques bleues s’invitent à monter dans la diligence (le soldat Rankin entré dans l’armée par obligation, préférant ce choix à la prison, ainsi que le caporal Harvey) ; ils transportent avec eux une caisse sans doute remplie de la paie des militaires et disent qu’ils serviront d’escorte à la voiture sachant que des indiens belliqueux sillonnent la région. Arrivés à un point d’eau, Trampas découvre le cadavre de son ami Hank ainsi qu'un homme penché sur lui, Jason (Gary Collins). Il semblerait que ce dernier n’ait aucun rapport avec le crime et qu’il venait lui aussi de découvrir la tragédie. Trampas reste néanmoins sur sa réserve, peu convaincu par les explications de cet ancien officier de cavalerie chassé de l'armée pour avoir commis des atrocités lors de la Guerre de Sécession et qui est heureux de pouvoir se joindre à eux par le fait d'avoir perdu sa monture.

Plein de méfiances les uns envers les autres, les voici tous repartis jusqu’au prochain arrêt, la ville où travaillait Hank en tant que passeur, conduisant le bac d’une rive à l’autre d’un large cours d’eau. Seulement Diablo Crossing est devenue une ville fantôme, l’embarcation de Hank totalement détruite, personne ne pouvant désormais poursuivre leur chemin de l’autre côté de la rivière. Les seuls habitants qu’ils trouvent sur place sont un jeune homme Bud (Steve Carlson) et sa sœur Marcy (Lee Kroeger) qui se sont retrouvés coincés après cette attaque qui serait selon eux due à des Indiens. Ils vont tous se mettre à réparer le bateau afin de poursuivre leur route et aussi d’échapper aux natives dont la menace pèse sur le petit groupe. On ne sait trop pourquoi mais l’officier a demandé à ce que la caisse probablement remplie de billets soit posée au sommet de la diligence au vue de tout le monde ; afin de mieux pouvoir sans doute la surveiller ?! Ce ‘trésor’ en première loge va susciter des convoitises, la tension et la paranoïa vont aller bon train d’autant que Rankin va tenter de séduire la jeune Marcy qui semble ne pas avoir froid aux yeux, qui parait vouloir même le titiller alors que son frère menace tout le monde de punir le premier qui mettrait la main sur elle. Les chevaux disparaissent, les relations entre Sam et Jason se désagrègent, le second étant probablement l’assassin de l’épouse du premier… Vous en voulez encore ? A partir de ces innombrables pistes dramatiques, il y avait à priori de quoi produire une mini série d’une dizaine d’heures. Mais les auteurs ont eu plus grand yeux que grand ventre et ont pensé tout faire tenir en 75 petites minutes qui nous auront malgré tout semblé bien longues tellement elles auront manqué de puissance mais surtout de fluidité, faute non seulement à un scénario inepte qui n'arrive jamais ni à nous captiver ni à nous intéresser à ses protagonistes, mais également à une mise en scène sans ampleur et surtout à une interprétation on ne peut plus inégale, Gary Collins étant le seul à nous faire sortir de notre torpeur.

Voyage en diligence, Ghost Town, menace indienne, tuniques bleues, blonde incendiaire, cargaison d’or, coups de feu à foison, suspense… Innombrables éléments mis en place pour aboutir à un épisode westernien en diable pour ceux qui pensaient que la série s’en éloignait un peu trop souvent. Mais voilà, les bonnes intentions ne sont pas tout le temps suffisantes et plutôt qu’une intrigue serrée et tendue nous aurons été obligés d’assister à un 'gloubiboulga' totalement indigeste composé de personnages dont nous n’aurons pas toujours compris les motivations ainsi que d’intrigues inextricablement emmêlées ; épisode cependant sauvé par quelques séquences dont un final plutôt sympathique avec ce soldat noir souhaitant profiter de sa retraite de l’armée pour faire revivre cette ville fantôme dans laquelle le groupe a été prisonnier quelques jours. Et puis William Witney a trouvé quelques décors naturels pour le moins très agréables à regarder. C’est bien minime mais on se raccroche à quoi on peut.


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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

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Sara Lane


7.23- Storm over Shiloh

Réalisation : Michael Caffey
Scénario : Frank Chase
Guest stars : aucune
Première diffusion 19/03/1969 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 4/10

Le Pitch : Tout le monde est inquiet à Shiloh : Elizabeth, partie en balade à cheval, n’est toujours pas rentrée. Au lieu de partir dépenser leur paie en ville, Trampas et le Virginien décident de rester auprès des Grainger pour les aider à supporter l’attente. Lorsque la monture de Liz revient seule et blessée, tous les quatre partent pour retrouver la jeune fille. Ils sont stoppés dans leur recherche par un violent orage. Le lendemain, après que Trampas ait repensé à un vieil ami qui avait creusé sa mine non loin d’ici et où Liz aurait pu se réfugier, ils y retrouvent effectivement la nièce Grainger prisonnière à l’intérieur suite à un éboulement dû à la tempête…

Mon avis : La fin de cette saison 7 commence sérieusement à sentir le sapin puisque malheureusement Storm over Shiloh s'avère être à nouveau un épisode sacrément faible malgré deux ou trois séquences assez émouvantes. Il s’agit du premier depuis le début de la série sans aucune Guest Star, le récit ne mettant en scène que cinq protagonistes, que des habitués : les époux Grainger, leur nièce Elizabeth, Trampas et le Virginien. Ça aurait pu être sympathique de se retrouver en ‘famille’ restreinte pendant 75 minutes sauf que les auteurs ne se sont pas trop foulés pour cette occasion inespérée qui leur était donné. Ce 23ème épisode de la saison est ce que l’on pourrait appeler un récit de sauvetage, ce qui n’est pas du tout facile à rendre captivant à moins d’avoir un scénariste et un réalisateur tous deux chevronnés ; les meilleurs exemples télévisuels qui me viennent à l’esprit sont certains épisodes de Thunderbirds (Les Sentinelles de l’air), la mémorable série de marionnettes animées de Sylvie et Gerry Anderson. Au cinéma dans le domaine du western, nous avons encore un exemple néanmoins assez court au sein du plaisant Les Conquérants de Carson City de André de Toth lorsque Randolph Scott et ses hommes qui creusaient un tunnel se retrouvent prisonnier sous la montagne suite à un éboulement. Car c’est à peu près de ça dont il s’agit aussi dans Storm over Shiloh sauf que ça ne dure pas à peine une dizaine de minutes comme dans le film du 4ème borgne d’Hollywood (comme on a pris l’habitude de le nommer en France), mais pas loin de ¾ d’heures.

Mais revenons-en au début de l’histoire ! Les cowboys de Shiloh se préparent à aller dépenser leur paie du samedi soir à Medicine Bow alors que Clay et Holly Grainger commencent à s’inquiéter de ne pas voir rentrer Elizabeth qui est parti depuis un long moment faire une balade à cheval. Sa monture arrivant seule et blessée, Trampas et le Virginien préfèrent se passer de sortie pour demeurer auprès de leurs patrons afin de leur soutenir le moral. Alors que le régisseur part avec Clay à la recherche de la nièce de ce dernier, Trampas reste avec Holly. Une tempête se profile à l’horizon et nos deux hommes sont obligés de s’arrêter pour bivouaquer à l’abri ; on ne sait pas trop ce qui passe par la tête du Virginien mais il décide de quitter subrepticement son patron alors que celui-ci est endormi, sans se soucier de l’inquiétude qu’il va provoquer lorsque celui-ci se réveillera seul. Nous tenons là une première totale incohérence dans le scénario et ce n’est malheureusement pas la première décision complètement idiote que prend le Virginien durant cette saison, nouvelle preuve du relâchement de la rigueur des auteurs arrivée à cette période ; souvenons-nous déjà à ce propos (dans ce même coffret) de The Ordeal au cours duquel le régisseur pour donner une leçon à un de ses hommes le faisait traverser un désert à pied sans avoir pensé qu'il aurait lui aussi à subir cette épreuve par le fait d'avoir fait fuir leurs montures. Un épisode qui était déjà réalisé par Michael Caffey qui ne s'avère décidément pas doué non plus pour maintenir la tension : dans ce même The Ordeal les dernières minutes s’étaient avérées longues à n’en plus finir. Il en va de même ici car Elizabeth va évidemment être retrouvée et les deux dernier tiers de l’épisode seront consacrés au laborieux sauvetage de la jeune fille.

En effet, après que Trampas et Holly soient venus rejoindre pour leur apporter à manger Clay et le Virginien toujours bredouilles, Trampas se remémore que près du lieu où ils viennent de retrouver les rênes du cheval - qui aurait donc désarçonné sa cavalière à cet endroit - se trouve une mine abandonnée dans laquelle Elizabeth aurait pu se réfugier pour échapper à la violence de la tempête de la nuit précédente. Et c’est effectivement ce qui s’est passé, Elizabeth étant désormais coincée par un éboulement. Les trois hommes vont se mettre à l’ouvrage et essayer de dégager un passage mais en vain ; trop de travail pour lequel il faudrait beaucoup plus de main d’œuvre. Mais la prisonnière leur dit qu’elle sent une arrivée d’air au-dessus d’elle et comme il semblerait qu’à chaque mine corresponde une sortie de secours, nos sauveteurs entament des nouvelles recherches, aidés en cela par une horde de loups que l’on vient de voir sortir de nulle part ; ce nulle part où les bêtes passent leurs nuits est bien évidemment cette cavité qui va faire arriver Trampas aux côtés de la captive ; sauf que là aussi l’accès est bloqué par des pierres trop lourdes à soulever. Une dernière chose à entreprendre, les faire sauter ! Mais il ne faut pas trainer car Liz n’a rien à manger ni à boire et surtout les poutres au-dessus d’elle sont prêtes à s’effondrer. On se doute bien que tout va finir pour le mieux et que l‘on va réussir à dégager Elizabeth de sa ‘prison’, mais pour en arriver à ce happy-end il aura fallu assister à des longues et laborieuses séquences sans vraiment de montées dramatiques ni de tension faute principalement à une mise en scène bien trop terne pour un tel récit, tout le monde ne s’appelant pas Jacques Becker et étant comme lui capable de filmer comme dans le magistral Le Trou des séquences étirées montrant de fastidieux travaux durant de très longues minutes sans ennuyer le spectateur une seule seconde…

Mais puisqu'il serait dommage de jeter le bébé avec l'eau du bain, notons que grâce à cet épisode nous aurons néanmoins assisté à trois face à face très émouvants dus aux talents des comédiens, Sara Lane participant aux trois. Dans le premier elle est confrontée à la toujours aussi admirable Jeanette Nolan sachant à merveille interpréter la tristesse et le désespoir ; dans le deuxième c’est Doug McClure qui vient prouver qu’il est souvent très bon lui aussi dans le registre de l’émotion ; quant au troisième c’est John McIntire qui s’y colle, lui aussi sachant parfaitement bien faire passer le désarroi. Nous n’aurons ainsi pas tout perdu mais il faudrait vraiment que les trois derniers épisodes remontent vite le niveau auquel cas contraire la motivation pour attaquer l’avant dernière saison pourrait fortement retomber.



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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

Post by Morgan »

Pas terribles ces derniers épisodes testés :(
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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

Post by Jeremy Fox »

Morgan wrote: 3 Dec 20, 19:29 Pas terribles ces derniers épisodes testés :(
Curieux de savoir si tu valideras ou pas ces déceptions :wink:
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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

Post by Morgan »

Jeremy Fox wrote: 4 Dec 20, 11:07
Morgan wrote: 3 Dec 20, 19:29 Pas terribles ces derniers épisodes testés :(
Curieux de savoir si tu valideras ou pas ces déceptions :wink:
Certainement, en général je partage tout à fait tes impressions :D

Mais avant d'attaquer la saison 7 il me reste encore quelques épisodes de la 6 à regarder !