Le Virginien (1962-1971) Universal

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John Doe
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Re: Le Virginien

Post by John Doe »

J'ai regardé le 1er épisode hier soir et ça a l'air effectivement pas mal. J'attends d'en voir un peu plus avant de me faire une opinion définitive mais le ton à la fois léger et sérieux me plaît assez. Les décors n'ont pas à rougir par rapport à de plus grosses productions et les personnages semblent bien écrits et ne demandent qu'à évoluer.
Petit bémol pour l'acteur principal, peut-être un peu fade.
A suivre !
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

John Doe wrote: Petit bémol pour l'acteur principal, peut-être un peu fade.
Attends de le voir en personnage principal dans le 3ème épisode et tu changeras peut-être d'avis ; personnellement j'apprécie beaucoup James Drury :wink:

Premier faux pas hier soir avec le 7ème épisode. J'y reviens assez vite.
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

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1.07 - Riff-Raff

Réalisation : Bernard Girard
Scénario : John Boothe
Guest Star : Ray Danton
Première diffusion 07/11/1962 aux USA – 29/07/1983 en France
DVD : VF et VOSTF
Note : 5/10


Le Pitch : Molly revient d'un voyage au cours duquel elle a récolté des informations à propos de la guerre qui s’engage entre les USA et l’Espagne en cette année 1898. A force d’en entendre parler ainsi que du prestige de l’uniforme, pour impressionner la jolie journaliste, Trampas part au Texas pour s’engager. Le Virginien qui a impérativement besoin de lui, envoie Steve le chercher. Mais à son tour, ce dernier décide de revêtir la tunique bleue. Il ne reste plus au régisseur du ranch Shiloh qu’à aller les ramener lui-même. Ils finiront tous sur le front à à Cuba sous le commandement du Lieutenant Hamilton (Ray Danton)...

Mon avis : Lorsque l’on entame une série au long cours et surtout lorsque l’on sait que -comme pour quasiment toutes les séries d’avant les années 80- chaque épisode possèdera un arc dramatique assez indépendant de celui des autres, l’on est conscient qu’en toute logique certains épisodes seront médiocres et qu’aussi bonne soit-elle la série ne pourra pas constamment surfer sur les sommets ! On espère bien évidemment que la déception arrivera le plus tard possible pour avoir eu au préalable le temps de s’être familiarisé avec le ton et l’atmosphère d’ensemble, avec les situations et les personnages, ce qui évite ainsi d'avoir d'emblée une idée faussée de l'ensemble. Au vu de ce préambule, vous aurez bien évidemment compris que nous en sommes arrivés au premier faux pas de la série, un épisode humoristique qui succède heureusement à deux petites pépites qui prouvaient que dans le domaine de la 'comédie' les auteurs étaient capables de ne pas sombrer dans la pantalonnade assez vulgaire –ce qui est le cas ici-, le spirituel The Big Deal avec Ricardo Montalban ainsi que le chaleureux Big Day, Great Day avec Aldo Ray. D’ailleurs, outre une écriture légère et savoureuse, la qualité de ces deux épisodes reposait aussi grandement sur les épaules de leurs guest stars, ce qui n’est malheureusement pas le cas pour celui de Bernard Girard, Ray Danton nous octroyant une interprétation loin d’être marquante contrairement jusqu’ici à tous les précédents prestigieux invités de la série.

L’épisode démarrait pourtant assez bien et d’une manière très amusante grâce notamment à l’éternel vantard et tombeur de ces dames, à savoir bien évidemment Trampas. Il faut l’avoir vu fausser compagnie aux cow-boys –leur laissant tout le travail- pour aller accueillir Molly de son retour de voyage, l'avoir vu fanfaronner puis se faire reprocher son manque de curiosité concernant la politique internationale avant de se faire piéger par la journaliste qui le pousse à aller s’engager par le seul fait de lui dire apprécier les hommes courageux en uniformes. On appréciera aussi la savoureuse colère du Virginien qui constate la fuite de Trampas puis le 'non-retour' de Steve qu’il avait envoyé le ramener. Un prologue donc assez drôle même si l’on se doute immédiatement que l’épisode ne sera pas du niveau des précédents, manquant singulièrement de finesse. On se dit cependant qu’il sera intéressant au moins par le fait d’évoquer un fait historique véridique, la bataille de San Juan Hill ; un combat s’étant déroulé à Cuba en juillet 1898 durant la guerre hispano-américaine, mené du côté américain par le 1er régiment de cavalerie commandé par le futur Président Roosevelt, les Rough Riders. Il s'agissait d'un bataillon de volontaires levé pour contribuer à l’effort de guerre, qui aurait du être une unité de cavalerie mais qui au final aura combattu à la manière de l’infanterie ; situation d’où découlera une partie des gags de l’épisode, nos cowboys ne supportant pas être à pieds. Malheureusement les 20 dernières minutes entérineront la médiocrité de l’épisode, tout autant au niveau du scénario que de la mise en scène. Non seulement la reconstitution de la bataille n’est absolument pas captivante mais elle est également laborieuse, cette succession de séquences 'de guerre' très gentillettes nous donnant l’impression de se trainer lamentablement pour meubler le temps qu’il restait pour atteindre les 72 minutes réglementaires. Une dernière partie guerrière qui aurait du représenter le climax de l’épisode mais qui s’avère totalement inintéressante, dénuée de rythme et de tension.

Quant à la direction d’acteurs, depuis le début de cette saison 1 elle laisse pour la première fois à désirer, témoin les prestations des guest stars, celle totalement transparente de Ray Danton –dont le rôle le plus célèbre doit être celui en 1960 du gangster Legs Diamond dans La Chute d’un Caïd de Budd Boetticher- ou celle pas très fine de Karl Swenson dans le rôle un peu caricatural de Roosevelt. James Drury se révèle également peu à l’aise dans les séquences purement comiques, cabotinant parfois assez mal. Reste heureusement Doug McClure grâce à qui l’on suit néanmoins cet épisode avec amusement -notamment par le fait que Trampas soit non seulement indiscipliné mais dans l’incapacité d’obéir à quelconque ordre qui ne lui plait pas-, ainsi que la charmante et délicieuse Pippa Scott –dans le rôle de Molly- dont on regrette déjà qu’elle ait dû quitter la série au cours de cette saison, James Drury avouant qu’elle ne s’était jamais sentie à sa place dans la peau de son personnage et que l’alchimie ne fonctionnait pas vraiment entre eux deux. Quant au juge Garth interprété par l'excellent Lee J. Cobb, il ne bénéficie même pas ici d’une seule apparition. Concernant les thématiques abordées, outre la guerre et l’engagement, on parle beaucoup du manque de curiosité des gens de l’Ouest pour ce qui se passe dans le reste du monde, des qualités pour faire un bon soldat, du fait que les cow-boys n’avaient pas nécessairement à vouloir s’engager, participant déjà à l’effort de guerre par le fait de ‘nourrir les soldats’...

Malgré tous ses défauts -dont le fait d’avoir vraisemblablement été écrit à toute vitesse et sans la moindre rigueur ni cohérence dans les changements de ton- ainsi qu'un dernier quart minable, le fait de s’être attaché depuis le début de la série aux personnages nous permet néanmoins de prendre un certain plaisir à les voir évoluer même au sein d’un épisode aussi médiocre. L’on aura également eu l'occasion de savourer la beauté des paysages traversés pour arriver à San Antonio, de se réjouir de la petite satire de l’armée et de ses officiers ainsi que de quelques situations ou images assez cocasses comme cette loufoque partie de polo entre soldats et ranchers ayant bénéficié de cascadeurs chevronnés. Enfin on aura eu le temps de se délecter de cette réplique du Virginien à Molly qui résume assez bien le caractère infantile et immature de Trampas : "As a matter of fact, in those heads any idea at all is a complete disaster." Un petit ratage qui devrait vite être oublié !


Avec illustrations
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Alexandre Angel
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Re: Le Virginien

Post by Alexandre Angel »

Quelle idée aussi de s'appeler Bernard Girard :roll:
O'Malley
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Re: Le Virginien

Post by O'Malley »

Alexandre Angel wrote:Quelle idée aussi de s'appeler Bernard Girard :roll:

il a au moins le mérite d'avoir donné à Harrison Ford sa première apparition au cinéma!
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

O'Malley wrote:
Alexandre Angel wrote:Quelle idée aussi de s'appeler Bernard Girard :roll:

il a au moins le mérite d'avoir donné à Harrison Ford sa première apparition au cinéma!

Et d'avoir écrit -et non réalisé- l'épisode 8 (Impasse avec Eddie Albert) qui lui est en revanche formidable, un vrai grand western qui aurait largement pu sortir en salles sans avoir à rougir des classiques sortis cette même année 1962. Mon avis plus détaillé en début de semaine prochaine.
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

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1.08 - Impasse

Réalisation : Maurice Geraghty
Scénario : Donn Mullally d'après une histoire de Bernard Girard
Guest Star : Eddie Albert
Première diffusion 14/11/1962 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 8/10

Le Pitch : Le Virginien et ses hommes ramènent un troupeau d’une centaine de chevaux sauvages qu’ils viennent de capturer sur les hauts plateaux et qui sont destinés à être vendus à l’armée. Tout irait pour le mieux sauf qu’ils vont être gênés dans leur avancée par la famille Kroeger qui, installée sur place depuis 15 ans, estime que tout ce qui se trouve sur ces terres lui appartient. Le patriarche (Eddie Albert) qui a éduqué ses cinq enfants d’une manière dictatoriale décide de mettre des bâtons dans les roues aux hommes du ranch Shiloh afin de récupérer les mustangs alors que la fille de la famille tombe amoureuse de Trampas…

Mon avis : Après le médiocre et lourdingue Riff-Raff, avec Impasse la série se hisse à nouveau vers les sommets… aussi bien au figuré qu’au propre puisque dans ce 8ème épisode qui se déroule intégralement en extérieurs, les cow-boys du ranch Shiloh sont chargés de convoyer une centaine de chevaux sauvages qu’ils ont réunies sur les hauts plateaux du Wyoming et qu’ils doivent désormais redescendre jusqu’en plaine afin de pouvoir honorer une commande de l’armée. Démarrant sans préambule alors que les hommes du Virginien rassemblent les bêtes, l’épisode signé par Maurice Geraghty -réalisateur ayant quasi-exclusivement travaillé pour la télévision- va se révéler être le premier de la série visant le spectacle et l’aventure pure ; en effet l’intrigue va intégralement tourner autour du voyage qui doit ramener les cow-boys chez eux ainsi que sur les difficultés qu’ils vont rencontrer en chemin, dues principalement à la seule famille vivant dans la région et qui par ce fait estime avoir les droits sur tout ce qui s’y trouve. La famille est constituée d’un veuf tyrannique et de ses cinq rejetons, quatre garçons et une fille. Il les a élevés avec autoritarisme, considérant ses décisions comme irrévocables, ses enfants n’ayant jamais leurs mots à dire. Ne connaissant rien de ce qui existe ailleurs, les quatre jeunes Kroeger sont néanmoins très soudés et prêts à soutenir leur père coûte que coûte. Ceci étant, le doute instauré dans leurs esprits quant à leur absence de libre arbitre et les certitudes ainsi ébranlées par les paroles du Virginien vont logiquement amener à la perte de ce patriarche conservateur et castrateur qui aura surestimé les liens du sang et qui n’a plus sa place dans ce monde qui bouge, dans cette époque où le droit de propriété doit être acté.

Essayant au départ d’intimider les cowboys indésirables en créant différents obstacles sur leur route -chutes de pierres, incendies du corral, vols, menaces…- qui vont effectivement amener à la défection de plusieurs hommes du ranch, constatant que le régisseur et principal rival reste cependant inébranlable et qu’il mènera sa mission jusqu’au bout , Kroeger va avoir dans l’idée de proposer au Virginien de l’aider à convoyer le troupeau à cause du mauvais temps hivernal qui s’annonce et afin que les bêtes ne meurent pas de froid… à condition cependant de se partager les chevaux à l’arrivée. Notre héros accepte tout en se doutant bien que le patriarche despotique a une idée derrière la tête, qu’il faut s’en méfier et rester sur ses gardes. C’est ainsi qu’il décidera de mettre en place des tours de garde nocturnes qui seront l’occasion pour les auteurs de nous faire découvrir Trampas sous un jour nouveau, sensible et extrêmement attachant. Alors que jusqu’à présent nous avions à faire à un égoïste vantard et coureur de jupons, on est agréablement surpris de le voir très attentif et extrêmement protecteur quant à cette jeune fille inexpérimentée qui vient de tomber amoureuse de lui. Contrairement à ce qu’il aurait fait jusqu’à présent, il ne profite absolument pas de la situation, poussant au contraire Mildred à s’émanciper d’abord de la tutelle paternelle pour pouvoir ensuite prendre le temps de se laisser courtiser et d’apprécier les différentes étapes conduisant à l’amour sans rien précipiter. Au cours de cette superbe séquence nocturne Trampas se révèle d’une douceur inhabituelle, touchant par son respect et sa compréhension de la jeune fille ; ceci est d’autant plus agréablement épatant que l’alchimie entre Doug McClure Denise Alexander fonctionne parfaitement, voir également à ce propos les grandes moments de complicité qui les réunissent comme ceux où ils rient tous deux.

Hormis quelques gros plans au tout début -d’ailleurs assez mal intégrés-, ces scènes de nuit seront les seules de l'épisode à avoir été tournées en studio sans que ce ne soit aucunement rédhibitoire. En effet les équipes techniques du studio Universal ont fait un excellent travail à ce niveau, d’une sobriété qui empêche tout aspect trop factice et carton-pâte, à l’instar de ce qui avait été fait à la MGM pour les séquences nocturnes de Fort Bravo de John Sturges, peut-être les plus belles de l’histoire du western. Esthétiquement Impasse est très bien fait et semble avoir bénéficié d’un budget conséquent, témoin les nombreux paysages traversés et une centaine de chevaux à disposition. On se souviendra longtemps de cet aplomb rocheux sur lequel monte la famille Kroeger pour épier les cow-boys jugés intrus, concrétion géologique aussi belle et impressionnante en vue plongeante que de dessous. Par la belle utilisation de ce décor naturel ainsi que par les choix de placement des caméras, on se rend compte d’emblée que Maurice Geraghty est un réalisateur inspiré et il le restera jusqu’au bout, le seul reproche qu’on pourrait lui faire étant l’intégration peu convaincante des stock-shots de l’incendie à la toute fin de son épisode. Sinon, les diverses séquences mouvementées (bagarres, rassemblement des chevaux, chevauchées fusillades…) sont toutes extrêmement bien filmées, digne d’un western de cinéma de l’époque à côté desquels cet épisode n’a vraiment pas à rougir et qui aurait d’ailleurs très bien pu sortir en salles. Enfin signalons à nouveau une formidable direction d’acteurs avec notamment un excellent Eddie Albert dans la peau du fermier tyrannique –qui prouve au passage pouvoir être aussi à l’aise dans le drame que dans la comédie, le genre qui l’a rendu célèbre-, mais également un tout jeune Tom Skerritt (Alien), une attachante Denise Alexander et un Doug McClure qui nous étonne par le fait d’être très convaincant dans un total contre emploi rapport avec ce que nous avions pu voir de lui jusqu'à présent.

Reste James Drury qui, après Throw a Long Rope, devrait finir de convaincre les plus récalcitrants : il possède ici une autorité, une présence et un charisme qui n’ont rien à envier aux grandes stars hollywoodiennes ayant œuvrées dans le genre. En l’absence une deuxième fois consécutive de Lee J. Cobb, il prouve à nouveau que la série peut compter sur son talent et sa puissance de conviction. Au cours de cet épisode, non seulement il doit faire montre d’une puissante détermination, d’un pragmatisme très moderne ("You can't fight the whole world unless you want to live like an animal") mais doit également essayer de convaincre les fils de se détacher de leur père qui risque de les conduire à leurs pertes. L’intelligence du scénario adapté d'une histoire de Bernard Gérard- réalisateur du précédent épisode- font que malgré le sens éthique de la plupart de ses personnages principaux, le manichéisme n’a une fois encore pas sa place dans cet épisode d’aventure à l’intrigue linéaire et aux nombreux morceaux de bravoure, sans dramatisation outrancière et non dénué de psychologie. Avant que Samuel Fuller ne vienne prendre le flambeau le temps d'un épisode, Maurice Geraghty aura déjà frappé très fort et entériné la très grande qualité de la série !


La même chose illustrée.
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Re: Le Virginien

Post by tindersticks »

Jeremy, depuis tes très bonnes critiques sur la série et certainement des ventes en hausse, la saison 1 est à 59.99€. :evil: :uhuh:

https://www.amazon.fr/gp/product/B00ZJR ... TS7GLCXTF7
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

En fait c'est le prix auquel le coffret a presque toujours été.
John Doe
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Re: Le Virginien

Post by John Doe »

Vu 3 autres épisodes et je commence à me faire une meilleure idée de la série.

Le ton général me plait définitivement bien, les scénarios embrasent plein de thèmes variés et intéressants, les décors sont toujours aussi chouettes et les acteurs de même. Je révise même mon jugement sur Drury, qui est plus flegmatique et à prendre au 2ème degré que fade comme je le pensais initialement.

Points négatifs (légers) : un petit manque d'action et je me demande si les personnages vont évoluer ou non (pour l'instant, les épisodes sont tous indépendants et il n'y a aucun fil rouge).
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

Post by Jeremy Fox »

John Doe wrote: Je révise même mon jugement sur Drury, qui est plus flegmatique et à prendre au 2ème degré que fade comme je le pensais initialement.
8)
Points négatifs (légers) : un petit manque d'action et je me demande si les personnages vont évoluer ou non (pour l'instant, les épisodes sont tous indépendants et il n'y a aucun fil rouge).
A l'époque les séries étaient toutes construites un peu de la sorte avec des épisodes asses indépendants les uns des autres.
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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

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1.09 – It Tolls for Thee

Réalisation : Samuel Fuller
Scénario : Samuel Fuller
Guest Star : Lee Marvin
Première diffusion 21/11/1962 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 6.5/10


Le Pitch : Kalig (Lee Marvin), un hors-la-loi, a mis au point un plan afin de prendre en otage le Juge Garth ; il espère en tirer une forte rançon et pouvoir passer la frontière sans être inquiété. Il commence par tuer son chef de bande afin d’avoir les mains libres pour diriger le gang comme il le souhaite. Durant une soirée organisée en l’honneur de Molly, Garth empêche le Virginien de battre un des cowboys qu’il avait licencié pour ivrognerie. Malgré la bouderie qui s’ensuit entre les deux hommes, le Virginien prend en charge l’opération de sauvetage du juge que Kalig a finalement réussi à kidnapper…

Mon avis : Dans la carrière de Samuel Fuller, ce 9ème épisode de The Virginian a été tourné entre Les Maraudeurs attaquent et Shock Corridor. Autant dire que, le sachant ‘coincé’ entre deux films aussi puissants, cet épisode d’une série qui avait aussi bien démarré était sacrément attendu. Mais on espérait peut-être un peu trop de la venue du virulent cinéaste au sein de la série surtout en sachant qu’il était l’auteur complet cette fiction, non seulement derrière la caméra mais également à l’écriture ! Non pas que It Tolls for Thee soit honteux, loin de là, mais en rapport aux attentes suscitées, la déception est de mise aussi bien sur la forme que sur le fond. Il s’agit d’un épisode mouvementé puisqu’il raconte le kidnapping du juge par une bande de dangereux hors-la-loi, elle-même poursuivie non seulement par les cowboys du ranch Shiloh venus délivrer leur patron mais également par un autre gang dirigé par un ancien membre du premier qui revient pour se venger après qu’il ait été laissé pour mort, Kalig lui ayant tiré dans le dos dès les premières minutes de l'histoire afin de prendre lui-même en main les opérations qui doivent les amener à devenir riches. Un épisode à priori chargé en adrénaline et en testostérone, ce qui n’est pas étonnant lorsque l’on connait la filmographie du cinéaste ainsi que celle de la guest star principale, à savoir Lee Marvin, ici dans le rôle d’un salaud intégral, un brigand diabolique, pervers et sadique n’ayant aucun problème de conscience quant il s’agit de faire du mal ou de tuer.

Sauf que le scénario de Samuel Fuller n’est pas vraiment un modèle de construction, de fluidité ni de rigueur ; le fait d’avoir inventé cette histoire de double gang ne sert pas à grand-chose si ce n’est à s’éparpiller, à déconstruire encore plus l’intrigue principale qui se scinde ainsi tout du long en trois : le gang Kalig, le gang adverse et les ‘sauveteurs’. Du coup, ce fractionnement systématique casse un peu la tension qui se fait jour chaque fois que l’épisode se recentre sur le duo Lee Marvin / Lee J. Cobb, le ravisseur ne perdant aucune occasion de torturer aussi bien physiquement -café brulant sur les mains- que moralement son prisonnier dont il profite pour se venger, le juge l’ayant mis en prison plusieurs années auparavant. Un montage parallèle se contentant de passer de la bande des kidnappeurs au groupe de poursuivants mené par le Virginien aurait été largement suffisant et probablement plus satisfaisant. Concernant la mise en scène, elle n’est pas spécialement plus remarquable que celle des réalisateurs ayant œuvré au cours des meilleurs épisodes précédents, voire même beaucoup moins bien tenue que celles de Ted Post ou Maurice Geraghty par exemple ; ses idées de panoramiques filés pour se rendre d’un personnage à l’autre lors des séquences où les bandits scrutent aux jumelles les cowboys du ranch Shiloh sont non seulement répétitives mais inutiles. Et puis jamais encore depuis le début de la série nous n’aurons été aussi gênés par les scènes de studio ; autant en nocturne elles ne sont pas rédhibitoires et même plutôt bien faites, autant de jour les innombrables rochers en carton jurent beaucoup trop avec les plans en extérieurs réels.

Ces quelques défauts scénaristiques et ‘artistiques’ font que nous ne sommes pas aussi captivés par cet épisode que par la plupart des précédents. Ceci étant dit, il n’a -loin de là- rien de déshonorant non plus. A commencer par toutes les séquences légères, une fois encore tout à fait savoureuses et peut-être encore plus satisfaisantes que celles qui réunissent Lee Marvin et Lee J. Cobb. Pour fêter le retour de Molly, le Juge Garth organise une soirée en son honneur et y invite tous ses hommes, une chose à priori inédite dans les ranchs de la région que ce rapprochement ‘ouvrier/patron’ comme le fait remarquer Trampas. La préparation à cette soirée est prétexte à des séquences réjouissantes, notamment celle se déroulant dans le dortoir des cow-boys alors qu’ils se disputent tous l’eau de Cologne ou la baignoire qui trône au plein milieu de la pièce. Tout à leur joie de pouvoir assister à une telle fête, ils se chahutent au cours de séquences qui semblent être improvisées tellement leur complicité semble couler de source, tellement le régisseur parait proche de ses hommes. Molly revient donc de New York où elle a rencontré Joseph Pullitzer, le célèbre journaliste qui idolâtre Garth et son parcours, ayant avoué avoir toujours rêvé d’être un cowboy dans un environnement violent. Sur quoi le juge rétorque que la violencen’est heureusement plus de mise dans le Far West à cette époque et qu’il ferait toujours tout son possible pour l’éviter : "When a man kills, he kills part of himself. When a man dies, part of every man dies." D’où découlera la phrase du Virginien qui n’est autre que le titre de l’épisode et qui prouve que le régisseur est un homme cultivé puisqu’il la tire d’un poème de John Donne. S’ensuivront les meilleurs moments, débats et discussions à propos de la violence et de la justice qui se poursuivront d’ailleurs entre Kalig et Garth lors de leurs différentes haltes.

Durant cet épisode avant tout tourné vers l’action, nous aurons pu constater que Le Virginien pouvait avoir des pulsions meurtrières et une susceptibilité capable de le rendre rancunier et le faire s’opposer à son patron, que le juge Garth -comme ceci avait déjà été abordé dans le deuxième épisode- n’a pas toujours été d’une droiture à toute épreuve, capable dans son passé d’avoir usé la violence pour arriver à bâtir son ‘empire’. Dommage que le suspense ne soit pas révélé aussi tendu qu’il aurait du l’être faute à un éparpillement du scénario qui aurait été plus puissant s’il était resté plus simple et linéaire, et que les décors en studio soient aussi voyants car sinon c’est encore un très bon moment que la série nous octroie grâce aussi à une interprétation de premier ordre, Lee Marvin en tête. Enfin, It Tolls for Thee aura également lancé une intéressante réflexion sur la justification ou non de la violence ainsi que sur la transition entre la justice milicienne et celle désormais plus encadrée par les lois, celle représentée par le juge Garth.

La même chose illustrée
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Re: Le Virginien

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Résumé noté du 1er volume de la saison 1 :

1.1 L'Exécution (The Executioners) réalisé par David Friedkin : 7.5/10
1.2 Woman from White Wing réalisé par Burt Kennedy : 7/10
1.3 Throw a Long Rope réalisé par Ted Post : 8/10
1.4 La Clôture (The Big Deal) réalisé par Earl Bellamy : 7.5/10
1.5 The Brazen Bell réalisé par James Sheldon : 7/10
1.6 Le Dernier combat (Big Day, Great Day) réalisé par Harmon Jones : 7.5/10
1.7 Les Héros (Riff-Raff) réalisé par Bernard Girard : 5/10
1.8 Impasse réalisé par Maurice Geraghty : 8/10
1.9 It Tolls for Thee réalisé par Samuel Fuller : 6.5/10
1.10 Un Joyeux Luron (West) réalisé par Douglas Heyes : 7.5/10

Note moyenne : 7.15


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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien

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Pour avoir revu le 10ème épisode ce soir avec Mme Fox, j'en conclue une nouvelle fois que peu de westerns de cinéma n'arrivent à ce niveau durant cette décennie ; l'épisode 'West' est même parvenu à me faire venir les larmes aux yeux sur la fin.
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Re: Le Virginien

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1.10 – West

Réalisation : Douglas Heyes
Scénario : Douglas Heyes d’après une histoire de Irwin Blacker
Guest Star : Steve Cochran
Première diffusion 28/11/1962 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 7.5/10



Le Pitch : Jamie Dobbs (Steve Cochran), cowboy du ranch Shiloh, n’a qu’un seul but dans la vie, rigoler et s’amuser. Ne se sentant plus à sa place dans un Wyoming qu’il trouve sinistre, il entraine Trampas dans une virée vers’ l’Ouest tapageur’ en compagnie de deux amis qu’il vient de retrouver. Ils espèrent faire rapidement fortune afin de profiter pleinement de la vie. Sur place ils sont obligés de se rendre à l’évidence : l’Ouest a lui aussi évalué et s’est civilisé ! Leur immaturité peu adaptée à l’époque va s’avérer dramatique lorsqu’ils croisent le chemin d’une bande de dangereux malfaiteurs…

Mon avis : J’avoue avoir eu d’emblée une certaine appréhension devant le ton excessivement jovial et le jeu un peu outré de Steve Cochran dans le rôle d’un cowboy du ranch Shiloh qui ne prend rien au sérieux, ne pense qu’à rigoler et à dilapider sa paie pour s’amuser. On se dit alors que l’on va retomber dans les travers du seul ratage de ce début de saison, l’épisode Riff-Raff, lourde pantalonnade qui se terminait par 20 minutes de pur ennui lorsqu’il bifurquait vers le ‘film de guerre’. L’arrivée de Claude Akins et de James Brown dont les interprétations ne sont guère plus sobres que celle de Steve Cochran -voire même encore plus cabotine concernant l’inoubliable Joe Burdette de Rio Bravo- laissait mal augurer de la plus pénible bouffonnerie. C’était sans compter sur les qualités d’écriture du scénariste Douglas Heyes –ici également derrière la caméra- qui était déjà arrivé à sauver du désastre certains westerns à la mise en scène médiocre comme par exemple Battle of Rogue River de William Castle. Et au final, même si le premier visionnage pouvait nous laisser perplexe, il s’agit d’un épisode intelligent, très satisfaisant et surtout grandement attachant, capable de nous octroyer une succession de deux finals pour l’instant les plus émouvants de la série et qui nous montrent un Trampas d’une sensibilité que l’on ne lui soupçonnait pas même si l'on venait d’en avoir un aperçu au travers le superbe 8ème épisode, Impasse, réalisé par Maurice Geraghty.

Dans West (titre tout à fait approprié contrairement au ridicule titre français qui pouvait effectivement nous faire craindre le pire), hormis le Virginien que l’on croise seulement le temps de deux séquences -mais deux scènes superbes au cours desquelles il continue à nous en imposer et à entériner son statut de régisseur charismatique, humain mais quand même un peu rabat-joie- Trampas est le seul personnage principal de la série à intervenir ; Garth, Molly, Betty et Steve en sont totalement absents. Alléché par un Ouest que son camarade lui vante avec un enthousiasme débordant, Trampas décide de le suivre dans l’Ouest pour y faire rapidement fortune et ainsi profiter ensuite pleinement de la vie. A chaque étape de son avancée vers ces régions sauvages, il continuera néanmoins de se poser des questions, prêt à faire machine arrière, se rendant vite compte que ses compagnons de voyage sont aussi rêveurs qu’immatures, aussi hâbleurs et naïfs que dangereux à côtoyer. En arrivant sur place, ils devront se rendre à l’évidence et admettre que le Virginien avait raison : pas plus qu’au Wyoming on ne rigole plus autant dans l’Ouest que quinze ans en arrière ; la société a ici aussi évolué dans un sens qui ne leur convient pas vraiment. Le Shérif ressemble plus à un ‘rond de cuir’ qu’à un homme d’action, les limites des juridictions empêchent les hommes de loi d’aller appréhender les bandits qui vont se terrer en dehors… S’étant fait humilier et leurs vies ayant été mises en danger par de dangereux outlaws -dont le chef de gang n’est autre que l’inquiétant Leo Gordon et ses yeux d'un bleu profond-, voyant que personne n’ira s’occuper de les mettre hors d’état de nuire, nos chahuteurs vont vouloir faire justice eux-mêmes, pensant qu’après s’en être débarrassés, ils seront reçus en ville en héros, avec fanfare et trompettes.

Sauf que pour y parvenir, ils auront dû utiliser des méthodes peu orthodoxes : menacer des notables, voler argent, chevaux, armes et munitions ; certes ils ne prenaient pas leurs actes au sérieux et avaient même dans l’idée de rendre tous ces ‘emprunts forcés’ une fois leur mission terminée, mais à cette époque où la justice et les règles sont devenus plus strictes, ce n’est pas aussi simple ; leur insouciance et leur inconséquence vont faire qu’ils seront considérés comme des hors-la-loi et que toute cette histoire va se terminer en drame. On l’aura deviné, la thématique principale de l’épisode est la difficile adaptation de certains à la mutation de la société, à l’évolution des mœurs et des modes de vie… ce qui peut conduire à l’obligation de les remettre en place pour ne pas que par leurs actes ne deviennent à leur tour des dangers pour la communauté, presque aussi grands que ceux qu’ils souhaitaient partir combattre. Les conséquences seront donc dramatiques pour certains -sans que je ne les dévoile- et la conclusion s'avèrera un peu triste puisqu'il sera acté qu’il sera désormais plus difficile de s’amuser qu’auparavant dans une société changeante où même les bandits doivent s’en prendre à de vulgaires voyageurs pour survivre. Avant d’en arriver à un climax grandement émouvant, nous aurons assisté à un épisode souvent savoureux, suite de situations assez cocasses dues aux nombreux chahuts causés par ‘nos joyeux lurons’ qui conduiront pour la plupart à des bagarres et à des détours par la case prison. Et si l’on aurait facilement pû tomber dans la lourdeur et la répétition, il n’en est rien puisque la mise en scène s’avère aussi acérée et pleine d’idées que l’écriture. Pour ne prendre qu'un seul exemple, la fusillade entre le groupe de nos quatre compagnons et la bande des brigands n’est filmée qu’en une succession de gros plans sur les armes ou sur des détails corporels sans aucun plan d’ensemble ni vision nette d’un homme qui s’affale. Beaucoup d’autres exemples pourront être relevés tout au long d’un épisode assez imaginatif sur la forme voire même splendide comme le prouve la toute dernière séquence au cours de laquelle Trampas, ayant acquis plus de sagesse, retourne à Shiloh et où il retrouve le Virginien qui semblait l’attendre en haut d’une colline (plan magnifiquement cadré).

A la question de savoir à combien de distance il était parti, Trampas répond au régisseur "About twenty years", finissant d’entériner le ton finalement bien plus nostalgique que rigolard d’un épisode qui nous aura vraiment surpris par ses digressions et revirements qui en font l’un des plus attachants depuis le début de lé série, d’autant plus réussi qu’il aurait été aisé pour le scénariste de verser dans la gaudriole. La qualité de l’interprétation d’ensemble aide beaucoup Douglas Heyes, que ce soit Doug McClure qui acquiert de l’épaisseur dans son plus beau rôle jusqu’à présent ou encore Steve Cochran toujours sur la corde raide du ridicule sans jamais y tomber, et enfin, inoubliable, Allen Case dans le rôle d’un shérif moderne et ‘New Look’ aux petites lunettes cerclées qui parle d’actionnaires et qui cite Darwin en expliquant avec pragmatisme et justesse que ceux qui nient ou n’arrivent pas à s’adapter aux évolutions auront du mal à leurs survivre ou à ne pas y laisser des plumes. On passe du rire aux larmes au cours de cette comédie dramatique westernienne très touchante sur les changements d’époque et le temps qui passe !


Avec illustrations