Club de Cuervos (Netflix - 2015)

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Mama Grande!
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Club de Cuervos (Netflix - 2015)

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Dans la ville fictive de Nuevo Toledo, la vie tourne autour de l'équipe de foot locale de 1ere division, les Cuervos, aux mains du nabab Salvador Iglesias. Mais quand ce dernier décède brutalement d'une crise cardiaque, le club revient aux mains de ses deux enfants de deux femmes différentes: Isabel (Mariana Treviño), 35 ans, l'aînée, femme intelligente, sérieuse, et ambitieuse, qui veut prouver qu'elle en a, et Chava (Luis Gerardo Méndez), enfant gâté insupportable qui passe son temps à dépenser l'argent de son père en soirées bunga bunga, et n'a absolument aucune idée de la gestion d'un club de foot. Commence alors une guerre impitoyable entre Isabel et Chava pour s'approprier la présidence des Cuervos. Mais c'est sans compter sur l'arrivée inopinée de Mary Luz (Stéphanie Cayo), dernière femme du défunt de 40 ans sa cadette, prétendant être enceinte de son enfant et qui compte bien avoir sa part du gâteau...


Première production originale de Netflix en espagnol, Club de Cuervos est une comédie dramatique mexicaine par les créateurs de Nosotros los nobles, plus gros succès mexicain de tous les temps. Si les premiers épisodes m'ont amusé sans plus, je suis tombé complètement sous le charme à partir de l'épisode 4, pour ne pas décrocher jusqu'à la fin de la saison 2. Pourquoi? Car premièrement j'ai beaucoup ri. Les portraits brossés sur lesquels reposera la comédie sont tellement proches du Mexique que je connais que je m'y suis fortement attaché. Toute la haute bourgeoisie mexicaine est là: le père qui offre tout à ses enfants, le gosse de riche qui ne pense qu'à la fête, la bimbo au prénom américanisant, le cousin modèle... mais nous ne nous arrêtons pas à la bourgeoisie. Une grande qualité de Club de Cuervos est le soin accordé aux personnages secondaires, des journalistes au capitaine d'équipe, du gouverneur aux supporters, des prostituées au prêtre fan de l'équipe, du joueur diva acheté à prix d'or au gourou du développement personnel. Tout ceci nous dessine un monde crédible et attachant qui fait de Nuevo Toledo une sorte de Springfield mexicain.
On rit donc, mais pas que. L'écriture est de haute qualité, et on passe au drame poignant au moment où l'on s'y attend le moins. Car Chava et Isabel sont plus complexes qu'il n'y paraît. Chava a beau être une tête à claques de première, c'est aussi un enfant qui a grandi dans l'ombre de son père et que personne n'a jamais estimé. Isabel a beau être une première de la classe, bosseuse comme il faut, c'est une control freak remplie de rancune vis-à-vis de son frère. De même que Mary-Luz, bimbo vénale à première vue, se révèle être plus que cela (mais ne spoilons pas :mrgreen: ). Au fond, derrière les prises de bec hilarantes entre Chava et sa sœur, on voit surtout une fratrie pourrie par l'argent qui n'a jamais su s'aimer. Et cela n'a rien de drôle. Quant aux acteurs principaux, je les ai tous trouvés excellents, capables d'insuffler la profondeur nécessaire à leur personnage.

Tout ceci fait que même sans ne rien connaître au monde du foot, j'ai suivi avec énormément de plaisir les manigances et drames de Nuevo Toledo. C'est peut-être aussi dû à mon amour du Mexique, car tout, des personnages aux dialogues (sont-ils compréhensibles pour les autres hispanophones? un peu comme un film en argot québécois pour nous...), en passant par les blagues et l'univers dépeint, respire le Mexique. Mais je pense que les qualités d'écriture et d'interprétation rendent la série appréciable pour tout le monde :D
N'étant pas un gros consommateur de séries, je ne sais pas où celle-ci se situe dans la moyenne des productions actuelles. Néanmoins, je la trouve d'un bien meilleur niveau que certaines autres productions Netflix qui ont pourtant eu bien plus de buzz. Donc je recommande chaudement même aux plus exigeants d'y jeter un œil (genre jusqu'à l'épisode 4 ou 5 car même si le début est bon c'est là qu'à mon avis la série prend son envol :fiou: )

Jean-Marc Fournier
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Re: Club de Cuervos (2015, Netflix)

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" Club de Cuervos " a été la première série non anglophone Netflix en août 2015, qui a été spécialement conçue pour la diaspora hispanophone aux États-Unis et bien au-delà. Le drame mexicain sur le football en tant qu'entreprise familiale a suscité un vif intérêt dans les pays hispanophones, ce qui a ravi les patrons de Netflix avec leur propre réflexion stratégique compétente et a prolongé la série pour la saison 2. Rappelons qu'au centre de l'histoire - une équipe de football sous le nom prometteur de "Club de Cuervos", qui est basée dans une ville mexicaine fictive de Nuevo Toledo.
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Mama Grande!
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Re: Club de Cuervos (2015, Netflix)

Post by Mama Grande! »

Jean-Marc Fournier wrote:" Club de Cuervos " a été la première série non anglophone Netflix en août 2015, qui a été spécialement conçue pour la diaspora hispanophone aux États-Unis et bien au-delà. Le drame mexicain sur le football en tant qu'entreprise familiale a suscité un vif intérêt dans les pays hispanophones, ce qui a ravi les patrons de Netflix avec leur propre réflexion stratégique compétente et a prolongé la série pour la saison 2. Rappelons qu'au centre de l'histoire - une équipe de football sous le nom prometteur de "Club de Cuervos", qui est basée dans une ville mexicaine fictive de Nuevo Toledo.
La série est en fait désormais achevée et compte 4 saisons. Il y a quelques baisses de régime, notamment le foot de la saison 4 qui devient volontairement n’importe quoi. Mais elle garde une excellente tenue, et offre certains épisodes très émouvants (comme la conclusion de l’arc Isabel - Rafa). La saison 4 contient également un hommage savoureux à PERSONA de Bergman.

Une des meilleures séries de Netflix, et il est dommage qu’elle n’ait pas eu d’écho hors des pays hispanophones.