Topic naphtalinippon

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Requiem
David O. Selznick
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Post by Requiem »

Parce qu'il n'y a pas de raison que seuls les films américains aient droit à un topic dédié en section naphtalinée... :D


Série Daibosatsu Toge aka Satan's Sword aka Le col du grand Bouddha (1959-1961) :


Attention quelques légers spoilers
Après l'avoir raté à contre-coeur il y a deux ans, je découvre enfin cette série mythique du studio Daiei entamée par Misumi Kenji (réalisateur des deux premiers épisodes) en 1959 puis achevée par Mori Issei en 1961. Comme le Sword of Doom de Okamoto Kihachi découvert par beaucoup d'entre vous ces derniers mois grâce à l'excellente édition parue chez Wild Side Vidéos, Daibosatsu Toge est l'adaptation cinématographique d'un classique du début du XXième siècle signée Nakazato Kaizan (dont c'est d'ailleurs la seule production littéraire). Cette oeuvre-fleuve (près de 30 volumes...) fait le récit grandiloquent et foisonnant du parcours tumultueux d'un rônin à l’esprit corrompu, Tsukue Ryonosuke. Ce dernier, porté par son « instinct de mort » qui le pousse à tuer à peu près n'importe qui en faisant montre d'un nihilisme froid suit à travers le Japon de la fin de l'ère Edo une route qui le mènera au châtiment final, seule issue envisageable pour un personnage a priori si détestable.

Outre le savoir faire évident des deux metteurs en scène (quoique on puisse légitimement penser au vu de leurs productions respectives que Mori Issei est relativement plus limité que Misumi Kenji dans sa mise en scène, et ce même si la réalisation du troisième épisode qu'il délivre est d'une facture des plus estimables), la version de la Daiei peut compter sur un très bon scénario du réalisateur du muet et ex-Onnagata, Kinugasa Teinosuke (Une page folle, La porte de l'Enfer), et surtout une extraordinaire performance de son interprète central, Ichikawa Raizo, acteur mythique des film du studio Daiei dans les années 50-60, dont le jeu minimaliste et intériorisé à l'extrême confère une opacité et une richesse au personnage de Tsukue Ryonosuke qui vont à l'encontre du manichéisme pourtant de rigueur. En bonne figure légendaire du chambara, Tsukue Ryonosuke est présenté comme un sabreur impitoyable dont les qualités de bretteur confinent aux fabuleux. Sa technique atypique ne fait qu'accroître la dimension de surhomme qu'endosse le personnage au fur et à mesure des rencontres plus ou moins sanglantes, au cours desquelles il à l'occasion de faire la démonstration terrifiante de sa cruauté et son stoïcisme morbide.

Les scènes de combats sont rendues d'autant plus captivantes qu'à partir du deuxième épisode de la série Tsukue Ryonosuke se retrouve frappé de cécité. Outre que cela agrémente les confrontations d'une dimension surnaturelle de bon aloi (Tsukue n'a aucun mal à combattre ses adversaires et les fait passer de vie à trépas avec une décontraction difficilement concevable), cet handicap du « héros » que l'on retrouvera bien évidemment dans la filmographie de Misumi Kenji dès 1962 dans la série Zatoichi ne fait que renforcer le parfum d'équivoque dont le personnage central est nimbé, puisque c'est à grand peine que l'on lirait une quelconque émotion à travers ses pupilles closes.

Mais la série ne vaut pas que pour ses combats (excellents au demeurant), loin s'en faut. Situé à une époque clef de l'histoire du Japon, alors que le Shogounat est sur le point d'exploser, le récit intègre de larges pans du contexte historico-politique qui contribuent à l'ambiguïté du personnage de Tsukue Ryonosuke. En effet, ce dernier se retrouve (quoique involontairement et sans conviction avérée) embrigadé dans la milice du Tenchu, groupuscule révolutionnaire dont la révolte à l’encontre du shogounat sera écrasée dans le sang, mais qui annonce la fin de l’ère Edo et du féodalisme (concrétisée en 1868 avec l'avènement de l'ère Meiji). Or, le principal ennemi de Tsukue s'avère être un membre du Shinsen-gumi, clan qui incarne historiquement la répression féodale à l'égard de ces mouvements de révolte. Cette coloration politique donnée aux personnages finit de brouiller totalement des pistes déjà abstruses du fait du jeu particulier d'Ichikawa donc, mais aussi des nombreux paradoxes cultivés par son personnage qui ne font que rendre plus complexe la question de l’identification du spectateur. Les tourments qui semblent être ceux de Tsukue à l'idée d'avoir perdu son fils (alors même qu'il est l'assassin de sa propre épouse), sa science des armes si impressionnante et son handicap attisent presque l'empathie de qui suit ses aventures d’un œil partial. Qui pourrait prendre le parti de ceux qui voudraient se venger de cet homme dont l'âme est aussi impénétrable ? Qu'importe la noirceur et la cruauté ! Pour un peu on en viendrait à croire cet anti-héros magnifique quand il invoque le destin, la voie toute tracée de son existence qui l'amène à trucider l'un ou l'autre misérable, qu'il le mérite ou non.

Cet aspect nous amène d’ailleurs à une dimension de la trilogie qui est peut être la plus passionnante; le caractère donjuanesque du personnage de Tsukue Ryonosuke. En effet, toutes les ramifications scénaristiques de l'oeuvre concourent à en faire un pendant nippon du mythe européen de Dom Juan tel qu'il fut créé par Tirso de Molina au XVème siècle. Bien sûr le personnage interprété par Ichikawa Raizo n'a rien d'un grand séducteur, mais son parcours épouse dans ses moindres détails celui du Dom Juan de Molina et plus encore celui de Molière. En réalité si la froide machine à séduction de ce dernier peut se définir schématiquement comme un Thanatos qui se serait noyé dans l'Eros, le personnage de Tsukue présente une figure strictement inversée. Celui-ci semble sujet à des pulsions morbides qui l'amènent à massacrer quantités d'innocents, ce qui paradoxalement lui apporte la sympathie d'un spectateur venu assister à son quota de violence dépurative, et ce malgré tout ce qu'il peut sous-tendre de négatif. Par ailleurs, sa dimension de sur-homme au regard impénétrable attire à lui les bons sentiments voire l'amour désespéré de toutes les femmes (ou presque) qui viennent à croiser sa route, cortège de figures féminines ballottées par la logique archaïque des hommes de leur temps qui, une à une, se sacrifieront à leur manière pour cet homme qui ne leur rend qu'indifférence et mépris.

Autre élément hautement similaire au mythe donjuanesque qu'il invoque, l'idée de destin tout tracé, de fatalité (qui recoupe d'ailleurs ici le karma bouddhiste). Le premier film s'ouvre sur un crime anodin, une énième manifestation de la petite cruauté ordinaire de Tsukue Ryonosuke, détail qui s'apparente à un élément déclencheur de sa lente chute vers sa condamnation définitive. Comme Dom Juan, il sera averti à de multiples reprises, mais fera fi des mises en garde pour mieux dédaigner Bouddha et les dieux, se cachant derrière le spectre du déterminisme avec la petite morgue des inconséquents. Deux fois le destin dérobera le sol sous ses pieds, comme pour annoncer sa chute prochaine (dans une autre adaptation de la série, par Uchida Tomu cette fois, c'est justement le sort qui lui est réservé au terme du film, la fin de la version Mori étant sans doute plus forte car plus équivoque). A chaque fois Tsukue se relèvera. Mais peu à peu le poids de ses crimes se faisant trop important, ses victimes finiront par le rattraper. Sous ses pupilles closes, commenceront alors à se glisser les fantômes de ceux à qui il a pris la vie, et qui ressurgissent soudain, comme ressuscités pour pouvoir réclamer leur dû. Tout doucement, les remords et les illusions de regrets finiront de ronger son âme noire avant que la démence ne l'engloutisse définitivement dans une scène de tempête magistrale (qui évoque le meilleur du Nagawa Nobuo de Yotsuya Kaidan) où, portés par les éléments déchaînés de la damnation définitive, les fantômes prennent le pas sur sa raison et l'emportent à jamais, ce qu'aucun coup de sabre vengeur n'aurait su faire.



La grande qualité de cette trilogie ne fait qu'accentuer mes regrets à l'idée que la version réalisée par Inagaki en 1935 est considérée comme définitivement perdue, et me donne furieusement envie de découvrir la version d'Uchida, tournée 3 ans avant celle de la Daiei.

Satan's Sword 1 : 4,75/6
Satan's Sword 2 : 4,25/6
Satan's Sword 3 : 4,75/6

Noar13, vic, d'autres j'espère, vos avis ? :wink:
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noar13
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Post by noar13 »

mon avis, mon avis, hum en meme temps apres cette belle prose où t'as quasiment tout dit, j'ai pas grand chose a ajouter et je te rejoins sur les moments forts que tu as souligne

neanmoins je suis un poil moins enthousiaste, j'ai eu du mal a retrouver la patte misumi,
pour moi l'interet principal de cette trilogie fut de decouvrir l'histoire complete, et notamment le 3eme episode avec ce magnifique final.

le 2 est moyen, et j'avais malheureusement vu le okamoto peu de temps avant, du coup le 1 m'a paru un peu fade, à l'image d'un raizo ichikawa bien en dessous de la perf monstrueuse de nakadai (mais bon là je suis pas objectif)

voilà maintenant ca reste du tout bon et un incontournable pour tous les amateurs de chambara

sinon j'adore l'effet teasing entre les differents episodes, c'est enorme, j'ai une petite pensee pour vic qui si je me souviens bien a decouvert le film avec un seul episode


j'ai pas l'uchida, par contre j'ai les 5 musashi qui m'attendent ...

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Requiem
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Post by Requiem »

noar13 wrote:
neanmoins je suis un poil moins enthousiaste, j'ai eu du mal a retrouver la patte misumi
Moui, mais c'est sans doute à cause de l'excellent scénario de Kinugasa qui est déjà plutôt "orienté". :wink:
noar13 wrote: pour moi l'interet principal de cette trilogie fut de decouvrir l'histoire complete, et notamment le 3eme episode avec ce magnifique final.
ça pour être magnifique il est magnifique le final... :D
noar13 wrote: le 2 est moyen, et j'avais malheureusement vu le okamoto peu de temps avant, du coup le 1 m'a paru un peu fade, à l'image d'un raizo ichikawa bien en dessous de la perf monstrueuse de nakadai (mais bon là je suis pas objectif)

Je suis d'accord pour dire que le 2 est nettement en dessous des deux autres (je l'ai peut être un peu surnoté d'ailleurs), mais tout fan de Nakadai que je suis moi aussi, je ne peux pas te donner raison sur l'interprétation d'Ichikawa, les deux jeux sont trop différents, ce sont deux manière complètement opposées de créer le personnage et je trouve qu'Ichikawa s'en sort particulièrement bien et donne une réelle profondeur à un personnage qui à la base, est juste mauvais.
noar13 wrote:
voilà maintenant ca reste du tout bon et un incontournable pour tous les amateurs de chambara

sinon j'adore l'effet teasing entre les differents episodes, c'est enorme
Tu l'as dit... Habitué que j'étais des Zatoichi, Baby Cart et autres Hibotanbakuto, j'y croyais pas quand j'ai vu qu'on nous mettait un cliffhanger pareil plutôt que de montrer le duel... (qu'on attend toujours d'ailleurs... :mrgreen:)
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Post by vic »

Voilà qui fait plaisir ! :D

Le Passage du Grand Bouddha c'est un grand morceau en effet, dont il existe au moins 4 versions filmés pour une histoire extrêmement populaire, et qui connait un regain d'intérêt auprès des japonais de l'après-guerre.

L'aspect psychologique est prépondérant et très bien traité dans le premier volet au moins, la fascination morbide qu'excerce cet anti-héros et son pouvoir de séduction (malgré lui souvent) est en effet un des élément moteur de la trilogie qui s'étoffe au fur et à mesure pour prendre une dimension quasi-mythologique et fataliste.

Si le meilleur reste à mon sens le premier (climat envoutant, traitement psychologique équilibré, beauté du cadre, etc), c'est aussi celui que je connais le mieux (vu 3 fois.) Le deuxième est moins somptueux visuellement si mes souvenirs sont bons, mais s'attache de manière intéressante au contexte politique et aux seconds rôles confiès à de très bons acteurs (une constance dans le cinéma japonais de l'après guerre et des 60's en particulier.) Le troisième, réalisé donc par Mori, diffère un peu du climat posé par Misumi, mais de manière intéressante particulièrement, comme tu l'as bien souligné, en donnait une dimension proche du film de fantôme (pour faire vite). Il faut donc que je revois au moins ces 2 derniers épisodes.

Personnellement voir la version d'Uchida relève du fantasme absolu. Je vais me faire bientot sa version de Musashi en 5 parties. :wink:

Signalons pour ceux qui aurait pu être dérouté par l'absence totale d'explications du contexte politique dans Sword of Doom d'Okamoto, qu'ici les tenants et aboutissants de ces révoltes de groupuscules ultra-nationalistes anti-shogunat (là entre pour aller très vite, je connais moi-mm très mal cette période) sont suffisament clairement exposés pour qu'il n'y est pas de pb de compréhension de ses mouvements et leur importance sur l'intrigue (les intrigues en fait) principale.
A l'occasion, je pourrait essayer de lister les qq films que je connais sur cette période extrêmement trouble et qui a survit d'inspiration à un très grand nombre de films dans les 60's (axé essentiellement sur la vie de ces milices comme le Tenchu.)
Il faut citer au minimum le chef d'oeuvre absolu (ça n'engage que moi évidemment) de Hideo Gosha : Tenchu ! , qui a pour vedette un Shintaro Katsu dans son meilleur rôle (et peut être sa meilleure performance) et Mishima dans un second rôle où il est hallucnant.

Les films sont portés par l'interprétation sans faille de Raizo Ichikawa au sommet de son art, qui vient de se faire un nom dans le film historique et chez qq réalisateurs prestigieux comme Kon Ichikawa (Le Pavillon d'Or, un de ses sommets des 50's) ou Mizogushi (Le Héros sacrilège, 1955, que j'adorerais revoir) pour ne citer que ceux que j'ai vu. Il va à partir du début des années 60 devenir une immense vedette en tournant dans toute une série de chanbarra, souvent sous la direction de Kenji Misumi (Ken, Kiru, etc) et dans l'excellente série des Nemuri Kyoshiro (encore un rôle, quoi que différent, de ronin cynique), dont plusieurs réalisés, là encore, par un Misumi très inspiré, notament le deuxième qui est à mon avis un de ses tout meilleur film.
Il tournera aussi une série en 8 épisodes (je crois) où il incarne un ninja (Band of Assassins) qui connu un diffusion partielle en vhs française au début des 90's mais que je n'ai pas vu ; et dans des films ultra commerciaux qui exploite son image de héros torturé comme The Betrayal de Tokuzo Tanaka que j'évoquais dans le post sur Zatoichi. Il meurt en 1969 du cancer (il me semble, à vérifier) au sommet de sa gloire.
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Post by Requiem »

vic wrote:Voilà qui fait plaisir ! :D

Le Passage du Grand Bouddha c'est un grand morceau en effet, dont il existe au moins 4 versions pour une histoire extrêmement populaire, et qui connait un regain d'intérêt auprès des japonais de l'après-guerre.

L'aspect psychologique est prépondérant et très bien traité dans le premier volet au moins, la fascination morbide qu'excerce cet anti-héros et son pouvoir de séduction (malgré lui souvent) est en effet un des élément moteur de la trilogie qui s'étoffe au fur et à mesure pour prendre une dimension quasi-mythologique et fataliste.

Si le meilleur reste à mon sens le premier (climat envoutant, traitement psychologique équilibré, beauté du cadre, etc), c'est aussi celui que je connais le mieux (vu 3 fois.)
Le film idéal serait pour celui qui comprendrait la magnifiscence visuelle et les batailles dans la forêt et la neige du premier, la cécité du deuxième, et le final du dernier. Cela dit, il évident pour moi que sans l'époustouflante fin du dernier segment, le premier serait très largement au dessus des deux autres.

vic wrote: Personnellement voir la version d'Uchida relève du fantasme absolu. Je vais me faire bientot sa version de Musashi en 5 parties. :wink:
Je ne sais pas si tu sais, mais l'autre jour j'ai vu qu'il existait un pavé sur le personnage Musashi Miyamoto et son importance dans la culture japonaise. Tu as peut être des échos ?
vic wrote: Il faut citer au minimum le chef d'oeuvre absolu (ça n'engage que moi évidemment) de Hideo Gosha : Tenchu ! , qui a pour vedette un Shintaro Katsu dans son meilleur rôle (et peut être sa meilleure performance) et Mishima dans un second rôle où il est hallucnant.
D'autant plus hallucinant qu'il y commet un seppuku qu'il réalisera dans la "vraie vie" 1 an plus tard. Immense film en tout cas. :D
vic wrote: Les films sont portés par l'interprétation sans faille de Raizo Ichikawa au sommet de son art, qui vient de se faire un nom dans le film historique et chez qq réalisateurs prestigieux comme Kon Ichikawa (Le Pavillon d'Or, un de ses sommets des 50's) ou Mizogushi (Le Héros sacrilège, 1955, que j'adorerais revoir) pour ne citer que ceux que j'ai vu. Il va à partir du début des années 60 devenir une immense vedette en tournant dans toute une série de chanbarra, souvent sous la direction de Kenji Misumi (Ken, Kiru, etc) et dans l'excellente série des Nemuri Kyoshiro (encore un rôle, quoi que différent, de ronin cynique), dont plusieurs réalisés, là encore, par un Misumi très inspiré, notament le deuxième qui est à mon avis un de ses tout meilleur film.
Il tournera aussi une série en 8 épisodes (je crois) où il incarne un ninja (Band of Assassins) qui connu un diffusion partielle en vhs française au début des 90's mais que je n'ai pas vu ; et dans des films ultra commerciaux qui exploite son image de héros torturé comme The Betrayal de Tokuzo Tanaka que j'évoquais dans le post sur Zatoichi. Il meurt en 1969 du cancer (il me smeble, à vérifier) au sommet de sa gloire.
Ce qui d'un point de vue "carrière", valait presque mieux pour lui car à partir du début des années 70, toutes les idoles du Ninkyo-eiga vont décliner (sauf Wakayama Tomisaburo grâce à Baby Cart) pour laisser la place aux nouvelles stars, celles du Jitsuroku-eiga, Ando Noboru, Takakura Ken, Sugawara Bunta, Tsuruta Koji...etc
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Marcus
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Post by Marcus »

Savez-vous si le livre original a été traduit en français et si oui, quelles en sont les réf?
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Post by vic »

noar13 wrote: neanmoins je suis un poil moins enthousiaste, j'ai eu du mal a retrouver la patte misumi,
pour moi l'interet principal de cette trilogie fut de decouvrir l'histoire complete, et notamment le 3eme episode avec ce magnifique final.
C'est vrai, Misumi n'est pas encore le grand spécialiste du chanbara qu'il deviendra qq années plus tard, disons à partir de 1962/3 avec sa série de film historique comme Shinsengumi Chronicles (avec Wakayama et Ichikawa, 63, autre film sur les milices révolutionnaires), Kiru et Sword Devil avec toujours Ichikawa (62 et 63 respectivement) et surtout, je me répête le second Nemuri Kyoshiro (63), que je tiens pour un de ses chefs d'oeuvre.
noar13 wrote: le 2 est moyen, et j'avais malheureusement vu le okamoto peu de temps avant, du coup le 1 m'a paru un peu fade, à l'image d'un raizo ichikawa bien en dessous de la perf monstrueuse de nakadai (mais bon là je suis pas objectif)
Là, je rejoins Requiem, et dieu sait si je suis également très fan de Nakadai (meilleur acteur japonais des 60's ??), leur 2 approches sont diffférentes, et pour ce que j'en connais Ichikawa livre ici une de ces meilleurs compositions. Débat à développer... :wink:

noar13 wrote: sinon j'adore l'effet teasing entre les differents episodes, c'est enorme, j'ai une petite pensee pour vic qui si je me souviens bien a decouvert le film avec un seul episode
J'ai en effet vu 2 fois le premier avant de découvrir la trilogie dans son ensemble, et le cliffhanger à la fin du premier est terrible, j'ai fantasmé pendant longtemps (presque 10 ans :lol: ) sur ce combat qu'on ne verra jamais. Là aussi, le traitement de la violence et la répresentation du combat dans la série pourrait donner un débat intéressant.
noar13 wrote: j'ai fini de bosser, allez zou black tight killer
Veinard !! :wink:
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Post by Requiem »

marcusbabel wrote:Savez-vous si le livre original a été traduit en français et si oui, quelles en sont les réf?
:lol: :lol: :lol: :lol: ...désolé c'est nerveux...

C'est le nombre de pages qui t'attire, c'est ça ? :mrgreen:


Malheureusement le livre ne semble pas avoir connu de traduction française. Quant à l'édition anglophone, elle est visiblement épuisée. :roll:
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Post by vic »

Requiem wrote:
marcusbabel wrote:Savez-vous si le livre original a été traduit en français et si oui, quelles en sont les réf?
:lol: :lol: :lol: :lol: ...désolé c'est nerveux...

C'est le nombre de pages qui t'attire, c'est ça ? :mrgreen:


Malheureusement le livre ne semble pas avoir connu de traduction française. Quant à l'édition anglophone, elle est visiblement épuisée. :roll:
Je ne connais pas ce livre hélas, ni le Samurai Film que je recherche également.

J'ai très peu de livres du le ciné japonais, le Cinéma Japonais de Tadao Sato, le numéro spécial de Cinéma d'aujourd'hui (Le cinéma japonais au présent 1959-79, de 1980) et le numéro 13 du Cinéphage Spécial Asie étants mes seuls ouvrages de référence.
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Post by Requiem »

vic wrote: le numéro 13 du Cinéphage Spécial Asie
Celui là ça fait un moment que je le recherche activement. Je l'aurais bien piqué à la Bibliothèque cinématographique de Strasbourg, mais quelqu'un l'a déjà fait avant que je puisse mettre la main dessus... :? :lol:
Pour ma part j'ai un peu plus d'ouvrages (forcément j'en ai énormément besoin), mais recentrons plutôt le débat... :lol:

Le jeu d'Ichikawa Raizo disions nous ? :mrgreen:
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Post by vic »

Requiem wrote:
vic wrote: le numéro 13 du Cinéphage Spécial Asie
Celui là ça fait un moment que je le recherche activement. Je l'aurais bien piqué à la Bibliothèque cinématographique de Strasbourg, mais quelqu'un l'a déjà fait avant que je puisse mettre la main dessus... :? :lol:
Cet ouvrage (le mot n'est pas trop fort) a été ma bible pendrait environ dix ans. :wink:

Ca doit se trouver dans les boutiques d'occasion sur Paris, je pense (Librairie Reflet, paralèlle, etc)

Je peux évidemment te le prêter... à prix d'or ! :mrgreen:
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Post by Requiem »

vic wrote: Cet ouvrage (le mot n'est pas trop fort) a été ma bible pendrait environ dix ans. :wink:

Ca doit se trouver dans les boutiques d'occasion sur Paris, je pense (Librairie Reflet, paralèlle, etc)
J'ai bien l'intention d'y faire un saut Mardi. :wink:
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Pour Requiem

Post by francis moury »

Eh bien bravo pour ce beau sujet cher Requiem :) !
Qui a rédigé le n° spécial cinéma japonais 1959-1979 "d'aujourd'hui" pour la revue Cinéma ? Max Tessier ? D'autres ?
Je ne l'ai jamais eu entre les mains, celui-là...
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Post by 2501 »

Très très bon topic, merci requiem. :D

Mais il manque une chose : où peut-on se procurer ces films ? Ont-ils des éditions DVD correctes ? (Parce que c'est sympa de donner envie comme ça, mais si c'est pour jamais voir les films... :wink: )

Sinon, excusez-moi si je dit une connerie, mais le contexte historique de cette série ne serait-il pas celui des OAV de Kenshin le vagabond ?
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Re: Pour Requiem

Post by vic »

francis moury wrote:Eh bien bravo pour ce beau sujet cher Requiem :) !
Qui a rédigé le n° spécial cinéma japonais 1959-1979 "d'aujourd'hui" pour la revue Cinéma ? Max Tessier ? D'autres ?
Je ne l'ai jamais eu entre les mains, celui-là...
Content de te voir de retour, cher francis... :wink:

Oui, Max Tessier était le maitre d'oeuvre ("dossier établier sous la direction de...") et signait de nombreux articles.

Participations de Donald Richie (grand spécialiste américains, comme tu le sais sans doute), Tadao Sato, Michel Mesnil, Ian Buruma, Jean-Paul Le Pape, Nadisa Oshima et Yoshishige Yoshida. Interviews de Shohei Imamura et Hiroshi Teshigahara.
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