Topic naphtalinippon

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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bruce randylan
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

k-chan wrote:Merci pour ton message très complémentaire, tu défends mieux le film que moi, ça me fait plaisir. Et tu soulignes des choses que j'avais relevé, mais que j'ai omis de signaler. J'avoue que j'ai été surpris de n'entendre que des choses négatives en sortant de la salle, et cela même encore jusqu'à hier soir.
Oui, c'est dommage. Certain films mériteraient un meilleur accompagnement comme une présentation par exemple histoire d'expliquer l'origine de leur conception.

Sinon, histoire de ne pas prendre de retard avec ce cycle (et de rattraper une séance ratée en 2010 lors d'un petit hommage à Shimazu à la MCJP)

Okoto & Sasuke (Yasujiro Shimazu - 1935)

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Un jeune homme timide et effacé est choisi par une joueuse de shamizen pour être son serviteur. La beauté de cette dernière fait naître de la jalousie chez ses prétendants.

Ressenti très étrange devant ce gros mélodrame capable du meilleur comme du pire, à savoir d'énormes longueurs, des tunnels interminables et une incapacité à faire confiance à ses personnages et au pouvoir des images pour communiquer l'émotion. Ainsi la relation d'amour platonique qui unit la musicienne Okoto et son assistant Sasuke s'étale péniblement sur 100 minutes parfois assommantes alors que ça aurait pu tenir en 75 minutes magnifiques.
Après une ouverture plutôt légère et fraîche, le film patine lourdement, heureusement rehaussé par l'éveil musical de Sasuke qui se révèle un excellent joueur à son tour, avant d'offrir un dernier quart beaucoup plus touchante, voire viscérale où l'on trouve de beaux moments : la séquence du toit et les oiseaux en cage (touchante et poétique bien que la métaphore n'est pas vraiment subtile sur la condition du couple), l'agression nocturne et la dernière scène très intense d'une réelle violence psychologique que n'aurait pas renié un Masumura par exemple. Cependant, la aussi, alors qu'on tenait une conclusion merveilleuse, Shimazu rajoute 5 minutes de dialogues larmoyant et sur-explicatif qui amenuisent la force du geste de Sasuke. Les personnages en deviennent presque strident d’atermoiement pathétique.
J'en suis ressorti très frustré car le scénario, tiré d'un roman de Jun'ichirō Tanizaki, propose une belle réflexion sur le dévouement, la passion, la transcendance par l'art, le sacrifice. Sauf que Kôkichi Takada dans le rôle de Sasuke est bien trop fade, sans évolution notable de son caractère, tandis que le rythme est fort mal maitrisé. La réalisation peut-être tour à tour plate et engluée puis précise, aérienne et inspirée avec une belle gestion de l'espace (Le complot pour saouler Otoko et Sasuke ; Sasuke fébrile et hésitant face à une décision fatidique).

Pour le coup je suis plutôt curieux de découvrir d'autres adaptations du roman, surtout celle de Daisuke Ito en 1954, de Teinosuke Kinugasa en 1961 (mais aussi en 1976 par Katsumi Nishikawa et en 2008 par Satoshi Kaneda)
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bruce randylan
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

La bataille navale à Hawaï et au large de la Malaisie (Kajiro Yamamoto – 1942)

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Encouragé par son cousin, un jeune homme cherche à devenir pilote pour l'armée. L’entraînement est plus dur que prévu mais il ne lâche rien.

Ce film de pur propagande a toujours sa petite réputation grâce aux nombreux effets spéciaux du spécialiste Eiji Tsuburaya (qui s'occupa des Kaiju Eiga de la Toha) au point d'avoir été utilisé par les américains comme de véritables images de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor.
Il est vrai que le raid du 8 décembre est particulièrement bien fait et possède encore quelques plans et trucages épatant avec des maquettes qu'on devine gigantesques et très détaillées. D'autres ont pris un coup de vieux mais aucun n'est ridicule ou bâclé.
La seconde séquence de guerre (au large de la Malaisie donc) est moins impressionnante pour son jeu d'échelle assez pénalisé par le manque de relief de la mer et moins de navires à l'image. Le découpage n'est aussi pas autant immersif d'ailleurs, reposant trop sur un champ-contre-champ.

Comme ces deux séquences ne suffisent pas à meubler un film de 2h, il faut bien broder sur une histoire. Elle fonctionne plutôt bien dans le premier tiers où l'on découvre en même temps que le jeune protagoniste le monde l'armée : l'entraînement physique, les cours théoriques, les premières leçon de pilotage, avoir une mentalité de battant, la cantine, les élèves en morse qui s'entraîne au code avec leur baguette et leur bol à la cantine... Autant dire que c'est très didactiques, sans finesse ni mesure dans la glorification de l'Empereur, de la gestion des recrues et de la camaraderie. La famille n'est pas en reste avec la mère qui considère avec une certaine fierté qu'elle n'a plus de fils puisque désormais il appartient corps et âme à l'armée. Sans oublier le grand cousin qui vient toutes les 20 minutes pour faire la leçon de moral à son cadet pour lui dire que sa vision reste encore très étriquée en oubliant le principal : l'Empereur !
Mais ça passe grâce au sens du cadre de Yamamoto qui joue habilement des figures géométriques pour composer de nombreux plans inspirés. Qu'il s'agisse des séquences en extérieur en nature, des intérieurs familiaux ou des camps d'entraînements, Yamamoto évite l'enlisement statique et la lourdeur démonstrative par sa mise en scène vivante et dynamique.
Par contre une fois que le jeune héros est devenu un pilote aguerri, il n'y a plus grand chose à raconter et on n'échappe plus aux longs discours militaires enregistrés sans grande inspiration. Les personnages aussi deviennent plus unilatéraux et affichent un grands sourires extatiques quand ils apprennent que leur mission sera un aller sans retour.
Malgré toute la qualité des trucages, on finit par suivre passivement les 20 dernières minutes.

Le jeune homme capricieux (Mansaku Itami – 1935)

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Deux ronins sans le sous et affamés intègrent un clan qui vient d'apprendre que leur rivaux préparent une attaque prochainement. Ils se portent volontaire pour les infiltrer et étouffer leur désir d'expansion dans l'oeuf.

Deuxième découverte de l'univers de Mansaku Itami et c'est un nouveau gros coup de coeur. J'aurais presque envie de pousser jusqu'à "révélation", au du moins "confirmation d'une révélation". Même si la stricte mise en scène est moins inspirée, moins spirituelle que L’espion Kakita Akanishi, l'univers du cinéaste est un pur régal. Une fois de plus il brocarde génialement le chambara et Jidai-Geki, mettant à mal quasiment toutes les conventions du genre en les détournant, parodiant, amplifiant. Ca va autant des codes vestimentaires (les accessoires dont la taille triple) à la coiffure accentuée en passant par les formules de politesse ou son folklore : guerre de clans, tournoi, brigands, seigneur cruel... Ici, le moindre samurai est un poltron planqué qui accepte de se battre en défi seulement si l'issu du combat est défini à l'avance et que les passes d'armes se déroulent au ralenti tandis que le méchant lit son horoscope pour vérifier s'il doit bien faire exécuter ou non ses prisonniers.
Le film regorge de trouvailles formidables de ce genre qu'il serait fastidieux de citer. J'ai quand même envie d'évoquer le discours de démission du chef des brigand, la rencontre nocturne avec l'épouse aux dialogues savoureux ou le comptable se demandant comment faire des économies pour payer les nouvelles recrues. Et les acteurs s'en donnent à coeur joie dans le flegme candide à commencer par la vedette Chiezo Kataoka qui joue avec délice de son image.
Mais c'est surtout le concept de la poule au oeufs d'or qui est formidable, une idée aussi simple, absurde que diablement réfléchie. :D
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Le héros a en fait fondu l'argent demandé à son seigneur avant la mission d'infiltration pour façonner des œufs en or. Il les place ensuite au hasard dans les poulaillers de paysans ou de bourgeois pour créer une frénésie générale dans tout le fief envers les gallinacée pour les détourner de leurs ambitions guerrières :lol:

Comme Itami cherchait à s'affranchir des scènes de combats spectaculaire et de la glorification de l'héroïsme, les ninja ne s'occupent que de la gestion des oeufs dorés et son climax est une délirante invasion surréaliste des poules en surimpression qui viennent parader sur les champs, routes, cieux et château. Et avant cela, elles piétinaient les sabres abandonnés au sol et marchaient vers la caméra, comme s'il s'agissait d'une armée de samurai un peu désordonné.
Tout simplement grandiose et très culotté.
Alors certes, le film n'est pas toujours dynamique avec quelques séquences un peu trop longues et moins d'idée de mises, même si la gestion des ellipses est une nouvelle fois un pur régal, mais pour son irrésistible originalité et son humour irrévérencieux, le jeune homme capricieux est une bouffée d'oxygène aussi enthousiasmante que rafraichissante.

Ca donne vraiment de découvrir le reste de sa filmographie, réalisation comme scénario. Ce qui risque de s'avérer compliqué vu le peu qui a survécu et reste accessible. :cry:
Last edited by bruce randylan on 30 Oct 18, 22:59, edited 1 time in total.
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The Eye Of Doom
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Re: Topic naphtalinippon

Post by The Eye Of Doom »

The Eye Of Doom wrote:
Vic Vega wrote: Une perle évidemment. Quant à la filiation directe dont tu parles, si elle se vérifie évidemment d'un point de vue visuel, je serai un peu plus nuancé concernant l'usage de la déconstruction narrative: dans un cas -LS-, elle fait écho par son coté éclaté au chaos et à la perte de repères moraux du Japon de l'ère edo, soutenant de fait la dimension politique évidente du film; dans l'autre, il s'agit plutot pour QT d'utiliser cela pour casser très vite tout suspense sur l'issue du film et faire se concentrer le spectateur sur la pértipétie, bref comme toujours le cinéaste impose sa personnalité dans la manière dont il reprend un élément existant. Les autres éléments dont tu parles ne sont en outre pas spécifiques au film: la violence exagérée et graphique était aussi présente dans d'autres films japonais -Babycart- ou HK -les Chang Cheh- de l'époque et c'est pareil pour les vengeresses froides -Female Convinct Scorpion-.
Acheté un vil prix chez Noz par curiosité, j'ai découvert Lady Snowblood.
Franchement c'est super.
Je ne suis pas familier du genre donc je ne peux dire si le film est important ou pas dans la chronologie et comme j'ai pas vu Kill Bill, je le fout de savoir s'il aurait ou pas ete une référence pour QT.
Je l'ai vu comme un spectateur lambda.
On est tout de suite pris en début de film par la stylisation du dispositif de la prison. Durant tout le film on oscillera entre une distanciation formelle de haute volée(cf le 1er meurtre) et des passages plus réalistes (l'intervention de la "police", la peinture du village des mendiants. Quelquesoit le "style", tout est remarquablement maîtrisé. Quelques touches seventies situent l'œuvre dans le temps mais le film n'a pas vieilli.
Meme la voix off, procédé casse gueule s'il en est, est très bien intégré.
Le cinéaste n'hésite pas à laisser dire à l'image tout ce qu'il peut, aidé par une interprétation forte de Meiko Kaji.
La dernière image
Spoiler (cliquez pour afficher)
Est à ce titre exemplaire : alors que Yuki ne peut qu'avoir succombée à ses blessures après une nuit couchée dans la neige, le cinéaste en un court plan, nous montre un mouvement. On ne sait si c'est juste pour ménager l'hypothèse d'une séquelle ou évoquer la nature surnaturelle de l'héroïne "née d'un demon".
L'ambiguïté de cette dernière image illustre parfaitement la qualité générale de la mise en scène du film.
Pour résumer, j'ai souvent trouvé cela vraiment brillant.
Je vais attendre un peu pour voir le 2.
Et si j'en ai l'opportunité de voir d'autres œuvres de l'auteur que les classikiens auront la gentillesse de me conseiller.

Très belle copie.
Je viens de finir le 2. Nettement moins enthousiaste.
Si le film réserve quelques belles scènes au début, qui font qu'on y croit, par exemple le long travelling arrière quand L'héroïne marche et est attaquée de toute part, ou un peu plus tard sur la plage, le film s'enlise dans une intrigue neo politique pour laquelle on a vraiment du mal à se captiver. De plus, il y a prédominance de tortures, gore,... surenchères sanglante diverses qui semblent devenir la seule motivation du film.
Bien sûr le charme de l'actrice toujours remarquablement utilisé dans sa figure hiératique opéré à plein. Cela ne suffit malheureusement a suivre avec intérêt ce film complaisant.
Je serais curieux de voir d'autre film de ce cinéaste neanmoins.
bruce randylan
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

The Eye Of Doom wrote: Je serais curieux de voir d'autre film de ce cinéaste neanmoins.
Il est connu pour avoir également signé deux épisodes de la série des Stray Cat rock (pas vu) toujours avec Kaji Meiko ainsi que plusieurs films moins "bis", des drames sur la jeunesse des années 70's dont deux au moins sont cultes au Japon : Le sable mouillé d'aout et La lanterne rouge que j'avais pu voir en 2007
La lanterne rouge ( Toshiya Fujita - 1974)
Un très beau film intimiste signé du réalisateur des Lady Snowblood pour un portrait sensible sur les désillusions d'un jeune couple qui apprend la vie.
Porté par un duo d'acteurs qui accroche immédiatement, on suit donc le destin de 2 adolescents apprenant la vie, l'amour et la paternité au gré de différentes étapes que rythment leurs déménagements et leurs rencontres.
Il ne se passe pas forcement grand chose, mais c'est une peinture très réussie de la jeunesse japonaise. Sans fioriture, ni dramatisation mais avec beaucoup de pudeur et de simplicité, on rentre sans souci dans le film pour vivre avec la mélancolie des personnages.
Dommage que la seule fausse note arrive vers la fin avec un traitement de la fille un peu trop radical et précipité pour être crédible.
Les derniers plans magnifiques font heureusement oublier en partie cette lacune pour accoucher d'un film profondément attachant.
Et j'ai terminé le coffret Woman Gambler avec Revenge of woman gambler (Haruyasu Noguchi - 1966)
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La trilogie se finit sur une meilleure note que le second épisode où le cinéaste évite de répéter une nouvelle fois la structure du premier film en évacuant le duo policier, leur enquête et l'histoire d'amour avec Hideaki Nitani (ou son sosie) pour ne conserver que le monde du jeu et des yakuzas. Ce n'est pas pour autant un scénario très original puisque Yukiko se retrouve mêler à la lutte entre un clan vieillissant, respectueux des traditions, et un groupe plus puissant, faisant preuve de moins de scrupules pour mettre la main sur l'établissement de spectacle de leur rival.
On cette fois très proche des Ninkyo eiga de la Toei avec pour bonne idée de le féminiser. Sur cette aspect Yukiko est cette fois vraiment devenue une "bad-ass" qui n'hésite pas à tenir têtes aux hommes, à s'en moquer et à se battre contre eux.
En revanche, on retrouve toujours des climax lors de séquences de jeux où l'héroïne doit à la fois couvrir secrètement ses amis sans se faire démasquer par les méchants qui l'emploient pour truquer la partie. Et ça marche encore une fois très bien même si l'argument est un peu léger au final pour tenir 90 minutes. Ce troisième opus tourne parfois un peu en rond malgré une volonté de soigner le rythme avec plusieurs courtes scènes d'actions (et quelques numéros dans le cabaret un peu hors-sujet). Ca ne fonctionne qu'à moitié car les personnages sont mal approfondis avec des motivations souvent floues comme Jo Shishido ou le nouveau prétendant de Yukiko. Du coup, l'alchimie est un peu en deçà des attentes alors qu'on s'attendait à des étincelles dans le face à face / duo Yumiko Nogawa et Shishido. Ce dernier est encore très charismatique et élégant tout en étant un grand cabotin, cherchant toujours à attirer plus ou moins l'attention de la caméra même quand il est sensé être immobile au fond du plan.
Pas de changement par contre pour la réalisation assez conventionnelle de Haruyasu Noguchi qui manque de saveur et de personnalité. C'est souvent propre et professionnel (lumière, scope) mais ca ne sort jamais des coutures même si le tournage dans un petit village côtier lui inspire quelques jolis cadrages.

Et encore une fois, je suis vraiment épaté par la qualité du blu-ray Bach Films parfaitement défini et compressé. Les plans en extérieurs sont d'une précision formidable. :)
Last edited by bruce randylan on 30 Dec 18, 12:31, edited 1 time in total.
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

Wolf guy (Kazuhiko Yamaguchi - 1975)

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Dans le genre "plus c'est con, plus c'est bon", voila un divertissement aussi improbable, qu'idiot ou fun.
L'histoire est impossible à résumer sans passer pour un consommateur de substance hallucinogène : Sonny Chiba en pseudo en loup-garou (incestueux) face à des gangsters décimés par les pouvoirs télé-kinésiques d'une chanteuse violée, bientôt manipulée par une agence gouvernementale secrète. Il y a des moments totalement surréaliste et hilarant comme le méchant sortant une souris vivante de sa poche qu'il jette à l'autre bout de pièce afin de déconcentrer ses adversaires pour mieux les attraper au lasso. :o :lol:
Sans parler de Sonny Chiba qui "persuade" ses intestins de revenir là où ils étaient après les indélicatesses d'une opération chirurgicale peu réglementaire.
Entre tous ça, des chansons pop, un peu de cul, pas mal de bastons souvent dynamiques (avec quelques chouettes trouvailles de montages), fusillades, du gore qui éclabousse, le tout sur un incroyable musique groovy-psyché du meilleur effet pour une réalisation assez enlevée.

Je me suis amusé comme un gosse. :)
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Alexandre Angel »

bruce randylan wrote: Le jeune homme capricieux (Mansaku Itami – 1975)
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C'est de 75 ce qu'on voit là ???
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Addis-Abeba »

Alexandre Angel wrote:
bruce randylan wrote: Le jeune homme capricieux (Mansaku Itami – 1975)
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C'est de 75 ce qu'on voit là ???

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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

Voilà, une erreur de ma part. :oops:
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Alexandre Angel »

bruce randylan wrote:Voilà, une erreur de ma part. :oops:
On devrait s'en remettre mais ce qui était troublant est que c'était au milieu de films des années 60 et 70 et le look des mecs ne collait pas :mrgreen:
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

Alexandre Angel wrote: On devrait s'en remettre mais ce qui était troublant est que c'était au milieu de films des années 60 et 70 et le look des mecs ne collait pas :mrgreen:
Ca aurait pu être un happening de Terayama :P
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Alexandre Angel »

euh, je te fais confiance :mrgreen:
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

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Re: Topic naphtalinippon

Post by Arn »

Shin Godzilla programmé :o
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

Il l'avait déjà été l'an dernier au PIFFF au grand rex :)
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

A la cinémathèque :
La Femme de là-bas (Hideo Suzuki - 1962)
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Dans une agence de publicité, une directrice de campagne célibataire doit gérer le refus d'une affiche et préparer un appel d'offre d'un gros client.

Troisième découvert d'Hideo Suzuki après sa comédie sur les salary men Cadre de troisième classe 2 et le policier documentaire Assassin présumé pour un drame qui pourrait un peu être une synthèse des deux : le monde du travail en entreprise pour une approche réaliste (avec beaucoup de séquences en extérieurs ou de vrais décors) qui refuse les facilités du mélodrame. Le film fait cependant fortement penser à Black car test de Masumura, en moins véhément et virulent mais plus féministe et mélancolique.
C'est surtout une excellent surprise avec un scope élégant, souligné par une belle photographie et une gamme chromatique réfléchie, avec peu de couleurs chatoyantes et saturées pour des teintes sombres ou ternes. De quoi être en adéquation avec le contenu, de touchants portraits de femmes qui doivent faire constamment leur preuve dans le milieu de l'entreprise : parce que ce sont des femmes dans un monde masculin, parce qu'elles doivent justifier leur envie d'indépendance et parce que les hommes continuent de les manipuler, soit pour s'attribuer leur mérites, soit pour sous-tirer des informations.
Malgré quelques rares dialogues trop explicatifs (évoqués pratiquement en regard caméra), l'écriture repose sur beaucoup de non dits sur le passif des héroïnes ou leurs aspirations. On peut imaginer que la froideur de l'une d'elle provient de la carapace qu'elle a dû se forger à force d'être déçue par les hommes... A moins qu'elle ne se la soit construite pour avoir trop privilégiée son travail, la décrédibilisant comme épouse potentielle. On les sent déchirées entre les traditions machistes et l'envie d'émancipation qui naît avec les bouleversements économiques pour une équation qu'elles ont du mal à résoudre. Surtout quand l'homme dont on tombe amoureuse est d'une compagnie rivale et qu'on ne sait pas si ses avances sont sincères ou un calcul.
Le film en devient de plus en plus poignant et vibrant avec un réel art pour la direction d'acteur et le refus du sentimentalisme facile. La dernière demi-heure pourrait être du Naruse à ce titre. Ce qui veut tout dire. :)
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