Mitchell Leisen (1898-1972)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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daniel gregg
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by daniel gregg »

AtCloseRange wrote:Je suis moins enthousiaste que daniel sur le film et je dois même dire que je crois que je préfère toujours J'ai Epousé Une Ombre (autre adaptation du livre de William Irish).
Je ne connais pas le film de Robin Davis.
Néanmoins, exceptée la fin du film un poil convenue, voire baclée (même si le fatum qui pèse sur Barbara Stanwyck est tellement étouffant qu'on est presque soulagé d'une fin heureuse), ce film n'en constitue pas moins une agréable surprise.
Je prends note pour le film avec Nathalie Baye.
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AtCloseRange
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by AtCloseRange »

daniel gregg wrote:
AtCloseRange wrote:Je suis moins enthousiaste que daniel sur le film et je dois même dire que je crois que je préfère toujours J'ai Epousé Une Ombre (autre adaptation du livre de William Irish).
Je ne connais pas le film de Robin Davis.
Néanmoins, exceptée la fin du film un poil convenue, voire baclée (même si le fatum qui pèse sur Barbara Stanwyck est tellement étouffant qu'on est presque soulagé d'une fin heureuse), ce film n'en constitue pas moins une agréable surprise.
Je prends note pour le film avec Nathalie Baye.
Disons que l'histoire est assez belle et donc forcément l'ordre de la découverte joue forcément un rôle. Je n'ai pas vu le Davis depuis bien longtemps mais c'était un "classique" télé dans les années 80 (je me rappelle notamment de la prestation de Madeleine Robinson).
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Cathy
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by Cathy »

Personnellement comme Daniel, j'ai adoré ce film que j'ai même élu mon film du mois l'année dernière ! J'avais beaucoup aimé "J'ai épousé une ombre", mais je dois dire que je ne m'en souviens plus. C'était effectivement un film qui passait très fréquemment par le passé, alors que maintenant on ne le voit plus du tout, dommage !
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Ikebukuro
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Re: Mitchell Leisen

Post by Ikebukuro »

Cathy wrote:Euh, Veronika Lake, elle est pas naturellement blonde, et elle a un peu toujours l'air un peu "pute" :oops: :oops: :oops: !
:shock: :shock: :shock: :shock: :shock: Dire du mal de cette superbe actrice... je ne vous dis pas bravo!

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Sinon, je viens de voir "La mort prend des vacances" (Death Takes a Holiday) de 1934.

Film étonnant puisque la mort s'invite un week-end dans une résidence de hauts bourgeois américains.
Je n'en dis pas plus mais c'est étonnant, un peu daté mais de beaux acteurs, de superbes costumes et une résidence de toute beauté; j'ai toujours adoré les films se passant dans la Haute américaine, le luxe y était montré sans honte et me faisait rêver.

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Supfiction
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Re: Mitchell Leisen

Post by Supfiction »

Ikebukuro wrote: Sinon, je viens de voir "La mort prend des vacances" (Death Takes a Holiday) de 1934.

Film étonnant puisque la mort s'invite un week-end dans une résidence de hauts bourgeois américains.
Je n'en dis pas plus mais c'est étonnant, un peu daté mais de beaux acteurs, de superbes costumes et une résidence de toute beauté; j'ai toujours adoré les films se passant dans la Haute Société américaine, le luxe y était montré sans honte et me faisait rêver.

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C’est l’original qui a inspiré le remake Rencontre avec Joe Black (et d’autres remakes télé d’ailleurs). La réalisation est très soignée, vaporeuse et Fredric March bien flippant et solennel (rappelant par moments le docteur Jekyll). Également au casting l’excellente Gail Patrick (encore une fois dans un rôle ingrat) et Henry Travers, l’ange de La vie est belle. Superbe noir et blanc.
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Jeremy Fox
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by Jeremy Fox »

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Profondo Rosso
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by Profondo Rosso »

Jeux de mains (1935)

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A New York, Regi Allen, employée comme manucure dans un grand hôtel, ne songe qu'à faire un riche mariage. Theodore Drew III, client du même établissement, lui paraît la cible idéale. Mais il est en réalité ruiné et a exactement les mêmes desseins que Regi...

Jeux de mains est une comédie romantique fondatrice dans la carrière de Mitchell Leisen et Carole Lombard dont l'entente sur ce film va déterminer leurs réussites futures à venir comme. Sous contrat à Paramount, Carole Lombard est un casse-tête pour le studio qui n'arrive pas à l'identifier dans un emploi précis pour le public. Elle avait montré de vraies aptitudes pour la comédie romantique loufoque sur certains rôles précédents comme Twentieth Century d'Howard Hawks et la réussite de Jeux de mains va la lancer sur les fabuleux rôles délurés Mon homme Godfrey de Gregory La Cava (1936), La Joyeuse suicidée de William A. Wellman (1937) ou bien sûr To be or not to be d'Ernst Lubitsch (1942). Il en va de même pour Mitchell Leisen définira sa direction d'acteur (et plus précisément d'actrice avec Jean Arthur, Claudette Colbert ou Olivia de Havilland ensuite) à l'aune de son entente avec Carole Lombard sur le film, ainsi que le ton entre comédie délirante et arrière-plan social marqué dans ses succès suivants comme La Vie facile (1937), La Baronne de Minuit (1939) ou encore La Porte d'or (1940).

Comme dans nombre de films de Leisen à venir on trouve des personnages déchirés entre réussites sociales et épanouissement de leurs sentiments, avec souvent en arrière-plan le contexte de la Grande Dépression. C'est le cas de Regi Allen (Carole Lombard) modeste manucure dans un grand hôtel qui écarte justement les sentiments pour viser un riche parti parmi la clientèle de l'établissement. Elle va jeter son dévolu sur Theodore Drew III (Fred MacMurray), fils de bonne famille malheureusement ruiné par la crise et qui s'apprête aussi à faire un mariage d'argent. Leisen dresse un habile mur invisible entre Regi et Ted tant que leurs objectifs pécuniaires prévalent sur leur sentiment. Ainsi ce qui aurait pu être une belle scène romantique décalée lorsque Regi ruine les doigts de Ted lors d'une séance de manucure est un bijou de cynisme, sa maladresse ne venant pas d'un trouble amoureux mais plutôt de la fébrilité d'être face à un potentiel bon parti. Ted est dans la même logique mais de façon inversée, toute la décontraction et insouciance dont il fait preuve envers Regi vient du fait qu'il sait avoir un matelas doré qui l'attends avec sa fiancée richissime. Le vernis se brise le temps d'une soirée arrosée à l'issue de laquelle ils pensent se montrer tels qu'ils sont, intéressés et mutuellement prêts à s'entraider pour accomplir leurs objectifs. C'est un prétexte à leur sentiment amoureux naissant et un dialogue récurrent les voit s'interroger mutuellement sur le fait qu'ils ne cherchent qu'un riche mariage, ce qu'ils confirment chacun avec désinvolture tout en espérant implicitement une réponse différente de l'autre. C'est donc ce cynisme de façade qui autorise la vraie complicité facétieuse et la cohabitation des deux protagonistes dans d'excellentes scènes comiques où ils éconduisent leurs prétendants mutuels. Fred MacMurray est génial lorsqu'il en fait des tonnes en faux mari jaloux et violent pour faire fuir un courtisan de Regi, et Carole Lombard se lance dans une improvisation hilarante pour interrompre une conversation téléphonique entre Ted et sa fiancée. Toutes les scènes de cohabitation forcée dans l'appartement tissent un écrin tendre où Leisen distille avec brio le trouble par son travail sur l'espace(les scènes sur la terrasse qui libèrent le couple de son cynisme et le rend plus tendre), dans l'intimité qui développe une absence de pudeur progressive (Carole Lombard et sa lampe à bronzer) et tension sexuelle.

Le réalisateur fait progressivement basculer la comédie en mélo romantique en altérant la camaraderie qui se mue en amour. Carole Lombard est parfaite pour faire passer cela, comme lors de la scène où Ted explique avoir l'habitude de dormir dans un lit double et être à l'étroit dans le canapé. Le mélange de crainte et d'espérance dans l'expression de l'actrice est une pure merveille avant que Ted pas si cavalier lui demande simplement de le border comme un enfant. On regrettera même que ces délicieux moments dans l'appartement ne durent pas plus longtemps tant l'alchimie entre les deux acteurs fonctionnent bien (même si initialement Carole Lombard souhaitait Cary Grant mais ce dernier était indisponible). Une petite touche d'émotion supplémentaire est ajoutée avec le personnage de Allen Macklyn (Ralph Bellamy), riche confident en fauteuil roulant de Regi qui, complexé, tergiversera trop à se déclarer et verra son aimée cruellement lui échapper sous les yeux. Quelques habiles dialogues à double sens sur sa déconvenue amènent une émotion différente qui fonctionne tout autant. Un très bon moment donc et en plus d'une concision exemplaire, tout ça tient en 1h15 à peine ! 5/6
Chip
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by Chip »

Sur MITCHELL LEISEN un très intéressant bouquin format poche :
" Hollywood director " de David Chierichetti (Curtis books, New York. N.Y.) copyright 1973 film fan monthly . 398 page, broché.