Mitchell Leisen (1898-1972)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Cathy
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by Cathy »

A partir du 4 juillet, ciné Classic diffuse "Madame veut un bébé". Avis aux amateurs :) !
Cathy
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by Cathy »

The Lady is Wiling - Madame veut un bébé

Une actrice de théâtre récupère un bébé et s'en amourache au point d'épouser le pédiatre qui vient examiner le bébé afin de pouvoir l'adopter

Mitchell Leisen réalise une de ces petites comédies comme seuls les américains savent les faire. Des dialogues percutants, des situations tendres ou cocasses, bref tout ce qui fait le charme de ce film. Par ailleurs Marlène Dietrich n'est pas du tout dans ses rôles habituels de femme fatale, mais elle est totalement à l'aise dans ce registre de comédie en mère folle de son bébé. A ses côtés Fred MacMurray est tout aussi attachant en pédiatre "obsédé". Le couple fonctionne parfaitement entouré de toute une pléiade de comédiens nécessaires à ce style de film. Alors certes pas un chef d'oeuvre, mais vraiment une agréable comédie !
Nestor Almendros
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Re: Mitchell Leisen

Post by Nestor Almendros »

angel with dirty face wrote:Pour ceux qui ont acheté le DVD édité par Blaq Out Collection et qui (comme moi avant de voir ces deux films) ne connaissent rien du cinéma de Mitchell Leisen, je leur conseille vivement de commencer par Jeux De Mains et finir par La Baronne De Minuit.
Eh bien par un très heureux hasard, j'ai justement commencé par HANDS OVER THE TABLE, un début tout en douceur (mais fort sympathique) pour découvrir ce réalisateur que je ne connaissais pas moi non plus. J'ai plutôt apprecié la subtilité des psychologies et des situations, les développements de personnages au départ très stéréotypés (la manucure de pauvre condition, le riche héritier, l'amoureux paraplégique, etc.) et l'intrigue qui s'étoffe d'une manière moins simpliste qu'attendue. Je pense le revoir vite pour me refaire un jugement adéquat. En l'état c'est un film agréable mais, n'étant pas un inconditionnel de cette époque ou de ce cinéma, je suis surtout resté observateur.
Ce fut surtout pour moi l'occasion de découvrir vraiment Carole Lombard, que je connaissais uniquement dans TO BE OR NOT TO BE (que je dois revoir bientôt également). Physiquement, elle me fait étrangement penser à Isabelle Huppert (sa coiffure dans le film ajoute à l'impression).

Juste un mot pour souligner la qualité du dvd Blaq out: le master est encore perfectible (époque oblige) mais la restauration est visiblement récente. Quelques rayures verticales subsistent mais la copie est très propre. Copie stable, contrastes bien gérés, définition correcte, grain présent. Un petit bémol sur les sous-titres: plusieurs coquilles, une tendance à tout traduire (encombrement dans l'image), mais on pinaille. De très bonnes conditions pour découvrir ce film, en tout cas.
Nestor Almendros
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by Nestor Almendros »

LA BARONNE DE MINUIT (1939)

Je reste visiblement un peu réticent au cinéma de Leisen, pour l'instant, n'étant pas un inconditionnel du genre et ayant eu surtout du mal à être pris par l'intrigue sur la longueur. J'ai peut-être été trop sensible à un rythme inégal qui tend à trop jouer sur les pauses et qui laisse finalement trop filer l'efficacité de la mécanique comique (peut-être au profit d'un certain romanesque, comme le souffle N.T. Binh dans sa préface). Ainsi, j'ai été plus réceptif aux moments où la folie s'empare de l'histoire, où les quiproquos font mouche et où le spectateur est finalement aussi surpris que les personnages (quand Colbert trouve au Ritz une suite réservée à la Baronne qu'elle a inventé, par exemple). On retrouve le talent de Wilder et Brackett à composer une intrigue tarabiscotée où l'héroine se retrouve prise entre différents feux (un bourgeois entreprenant, un chauffeur de taxi amoureux et une noblesse apparente qu'elle se doit de protéger).
J'ai beaucoup aimé John Barrymore, notamment dans ses premières apparitions (pendant le concert privé): il joue presque comme dans un cartoon avec des mimiques irrésistibles (quels regards!).
Je profite de la remarque d'Angel with dirty face (quelques pages plus tôt) pour noter que l'un des scènes les plus marquantes de ce film (et pour Angel également) est cette scène au téléphone avec la soi-disant petite fille de la baronne. Il est intéressant de remarquer qu'une autre grande scène de HANDS ACROSS THE TABLE joue aussi avec les conversations téléphoniques. Systématisme des "nouvelles technologies" d'alors (comme Guitry qui, à la même époque, utilise beaucoup le téléphone dans ses films) ou simple coincidence...

Niveau master c'est tout aussi impeccable qu'avec HANDS OVER THE TABLE (et avec moins de coquilles dans les sous-titres).
pierrick
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by pierrick »

Vu ce soir, comme Cathy en juillet The Lady is willing. C'est quand même un Leisen très mineur, avec surtout une construction assez artificielle. Le début est très abrubt, le milieu du film et notamment la demande en mariage de Dietrich et la rencontre avec l'ex femme de Mc Murray assez drôle en revanche. Le film vire au final au mélodrame, de manière également assez conventionnelle. Bref, de très bons moments mais au sein d'un film quand même pas trop bien fichu. Ceci dit, c'est vrai que les acteurs sont tous très bons, en particulier les seconds rôles aux silhouettes bien esquissées.
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AtCloseRange
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by AtCloseRange »

Par la Porte d'Or (Hold Back the Dawn)
Belle découverte qui doit beaucoup au très beau scénario de Billy Wilder. On reconnaît ce mélange de cynisme et de douce mélancolie qui feront le prix de Sunset Boulevard (film avec lequel il partage certains points communs) ou La Garçonnière. Olivia de Havilland y est absolument délicieuse et Charles Boyer dans un rôle difficile à défendre de gigolo cynique gagné par les sentiments est égal à lui-même.
Je ne suis pas allé bien loin dans les premiers Leisen que j'ai tenté de regarder sur TCM (Arise, My Love ou L'Aventure Vient de la Mer) mais la réalisation désespérément plan plan dans les 2 cas m'avait fait décrocher (je me suis d'ailleurs rappelé que j'avais déjà vu Arise, My Love il y a pas mal d'années mais sans que ça me laisse de grands souvenirs). Cette fois, on sent Mitchell Leisen bien plus à son avantage.
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Cathy
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by Cathy »

Je reposte ici mes avis sur les Leisen

Easy living (1937) - Mitchell Leisen

Un banquier se dispute avec sa femme au sujet d'un manteau en zibeline. Celui-ci se retrouve bientôt en possession d'une jeune femme qui voit sa vie changer.

Sur un scénario de Preston Sturges, Mitchell Leisen réalise une screwball comedy qui va à 200 à l'heure. Drôle, répliques percutantes et jeu impeccable d'Edward Arnold en banquier avaricieux par moment, mais fort sympathique, de Jean Arthur délicieuse et vive dans son rôle, ou encore Ray Milland en jeune premier un peu ridicule, sans oublier le valet du banquier ou son épouse. Certes on pourra reprocher un petit peu trop de longueurs dans la scène de la caféteria, surtout au niveau des chutes, mais le film fonctionne et est drôle du début à la fin, sans aucun message autre que celui de divertir et qui y réussit pleinement.

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Midnight - La Baronne de Minuit - Mitchell Leisen, 1939

Une jeune américaine Eve Peabody (Claudette Colbert) après un accident de roulette à Casino, débarque à Paris sans un sou, elle rencontre Tibor Czerny (Don Ameche), hongrois d'origine devenu chauffeur de Taxi. Au cours d'une réception, elle se fait passer pour une Baronne et par l'entremise d'un mari jaloux obtient argent. Le Chauffeur de Taxi cherche à la retrouver.

Mitchell Leisen signe une charmante comédie qui repose sur les épaules de Claudette Colbert, délicieuse en baronne hongroise, de Don Ameche qui est pour une fois loin de ses "simagrées" musicales et prouve qu'il sait jouer autrement qu'avec le sourire et John Barrymore qui est tout à fait à l'aise dans ce registre entre deux. C'est une screwball comedie type avec des dialogues savoureux, des situations cocasses. il est drôle de voir Paris évoqué à travers quelques vues extérieures et surtout l'utilisation de transparents très visibles notamment dans les histoires de taxis ! Bref tout le monde s'amuse et amuse le spectateur dans une comédie qui est le signe d'une époque bien révolue malheureusement. Mary Astor complète le casting de cette comédie.

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Hold back the dawn - Par la porte d'or (1944), Mitchell Leisen

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Un roumain Georges Iscovescu (Charles Boyer) vient raconter son histoire à un réalisateur d'Hollywood. Pour obtenir son visa d'entrée aux USA, et suite aux conseils de son ancienne partenaire Anita (Paulette Goddard), il épouse une jeune institutrice américaine Emmy Brown (Olivia de Havilland).

Comédie dramatique, ce film de Mitchell Leisen montre les ruses qu'utilisent les candidats à l'émigration pour entrer légalement aux USA. Comme dans "A Chacun son destin", le film se déroule en flash back. L'essentiel de l'histoire se déroule à la frontière mexicaine, dans un hôtel où demeurent plusieurs familles. Le réalisateur peut ainsi dresser plusieurs portraits pittoresques, celui qui peut devenir citoyen honoraire de par ses origines, la famille autrichienne dont le mari est malade, etc. mais surtout celui de cet ancien danseur pas très sympathique mais qui petit à petit parvient à susciter l'empathie pour son cas. Charles Boyer est en effet remarquable dans l'évolution de ce roumain et sa transformation au contact de son épouse jouée une fois encore avec brio par Olivia de Havilland, pleine de fraicheur et de spontaneité, même si nous sommes dans son registre "à la Mélanie". Paulette Goddard est parfaite dans ce rôle de véritable garce, élément clé de toute l'histoire. Walter Abel complète la distribution en incarnant un agent de l'émigration cynique à souhait. Le film est absolument remarquable dans sa construction, sa mise en scène, son éclairage, bref un très beau film.

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To each his own - A chacun son destin (1946), Mitchell Leisen

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Durant la seconde guerre mondiale, une femme seule attend un aviateur, elle se rémémore son passé celui d'une jeune femme séduite par un aviateur mort durant la première guerre mondiale et dont elle a eu un enfant;

Ce film montre encore une autre facette de l'immense talent de Olivia de Havilland. Vieillie pour les besoins du rôle, elle est parfaite dans son rôle de vieille fille du début du film, avant de redevenir une ingénue puis une femme combative dans le reste du film. Nous sommes là dans un parfait mélo, la fille séduite dont l'amant meurt, le fils illégitime, l'adoption, les querelles etc, mais le traitement n'est nullement larmoyant. La mise en scène de Mitchell Leisen est efficace sans être inoubliable. Roland Culver est totalement à sa place dans son rôle de vieil ours qui tombe amoureux immédiatement de cette femme, Mary Anderson est absolument parfaite dans son rôle d'épouse "délaissée". John Lund joue avec conviction le double rôle du père et du fils. Le film tourne autour de la personnalité d'Olivia de Havilland qui réalise un splendide numéro d'actrice, dans ce film très plaisant.
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by Cathy »

Je n'ai pas revisionné L'aventure vient de la mer, mais j'ai jeté un coup d'oeil et la copie deTCM en dépit de griffures et autres scratch propose un très beau technicolor contrairement à la copie délavée présentée à la cinémathèque l'an passé
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Jack Carter
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by Jack Carter »

cool ! :)
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Cathy
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by Cathy »

Mascarade à Mexico, Masquerade in Mexico (1945)

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Mitchell Leisen réalise une sorte de remake de la Baronne de Minuit avec cette Mascarade à Mexico, mais s'il prend le pitch initial de la femme qui se prétend Comtesse grâce à l'argent d'un mari jaloux qui veut éloigner de sa femme, un amant trop collant. Le personnage de Don Ameche disparaît et la comédie reste dans ce milieu huppé et si le personnage du chauffeur de taxi demeure, il n'apparaît que lors d'une scène totalement secondaire, même si elle demeure un des moments fort drôles du film. Le film est surtout porté par Arthur de Cordova, en toréador qui fut la vedette de L'aventure vient de la mer du même Mitchell Leisen. Patric Knowles ne peut être John Barrymore et donc campe un mari plus digne, moins farfelu, même si la scène du faux appel téléphonique demeure. Dorothy Lamour est certes très glamour, mais elle manque du charme de Claudette Colbert. Le film est donc mineur dans la filmographie de Mitchell Leisen, mais n'en reste pas moins fort agréable.

La copie de TCM est passée dans je ne sais quel format, heureusement que je peux recadrer mon 4/3 sur mon lecteur de DVD. Quant aux sous-titres, des phrases apparaîssent régulièrement sur fond de bandeau noir, alors que le reste est sans bandeau. Alors erreur d'un soir, ou véritable problème, il faudra que je vérifie.
Last edited by Cathy on 21 Mar 10, 18:09, edited 1 time in total.
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

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Remember the Night (1940)

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L'assistant du procureur fait libérer une jeune voleuse et l'emmène passer Noel dans sa famille.

Mitchell Leisen signe ici une superbe comédie dramatique portée par son couple d'acteurs Barbara Stanwyck/Fred Mac Murray. Nous avons à la fois affaire à de la pure comédie comme la scène du plaidoyer de l'avocat de la défense dans la première partie ou cette randonnée en voiture et ses déviations, à une comédie romantique, qui bascule dans la comédie dramatique.

Le film opère un tournant quand la jeune femme retrouve sa mère totalement opposé aux personnages de comédie familiale traditionnelle puis quand elle arrive dans la famille du procureur. Nous basculons de nouveau avec cette famille dans la comédie à l'américaine type avec cette évocation du noel traditionnel, ces personnages chaleureux, mais bien caractérisés, la mère aimante, la tante vieille fille, et cette galerie de "péquenauds" du bal campagnard. Il y a dans ce film une espèce de charme, de magie, les dialogues font mouche sans doute la patte de Preston Sturges, les personnages sont plus qu'attachants, sensibles et la fin loin du happy end conventionnel font de ce film sans doute un des chefs d'oeuvre du réalisateur.
Barbara Stawwyck est comme à son habitude parfaite, dans ce rôle dont on ne sait s'il est réellement celui d'une femme totalement sincère ou non. Elle apparaît avec une fragilité qui a rarement été montrée à l'écran. Quant à Fred MacMurray, il est une nouvelle fois excellent dans ce rôle de procureur au grand coeur. Une très jolie comédie douce-amère, superbement interprétée et fort bien menée. Sans doute mon coup de coeur du mois !

Copie TCM superbe, mais il est vrai que le film est sorti en DVD aux USA dans une collection sous logo TCM.
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

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Arise my Love (1940)

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Une journaliste en quête de scoop sauve de la fusillade un pilote américain engagé en Espagne. Ils reviennent à Paris et tombent amoureux, mais la seconde guerre mondiale éclate.

Sur un scénario de Billy Wilder et Charles Brackett, Mitchell Leisen signe un film qui oscille entre la comédie dramatique et la comédie américaine pure. Au départ du film, on se dit que l'on va assister aux souvenirs en flash back de cet américain condamné à mort et qui attend son exécution, mais non, la tornade Claudette Colbert entre en jeu et sauve de la mort l'américain. S'ensuit alors une suite de scènes aux dialogues équivoques et dans lesquelles se noue l'histoire d'amour entre les deux héros. Mais le film a été tourné au début de la seconde guerre mondiale et celle-ci sert de contexte à la fin du film, les ambitions "professionnelles" ou "personnelles" de gloire qui restent pourtant si importantes sont annihilées par la guerre. Les dialogues sont savoureux, comme cette scène à l'hôtel où cet aviateur est persuadé que la journaliste vient faire toute autre chose que faire son portrait ou toute la scène de séduction chez Maxim's et celle qui s'ensuit dans l'hôtel. Il ne faut pas aussi oublier le personnage du truculent directeur de l'Agence de Presse "I'm not happy, I'm not happy at all".
Le film prend une dimension tragique avec la reconstitution du torpillage du navire l'Athenia et le sauvetage des voyageurs qui est évoqué mais dont Leisen ne montre que le retour à terre. Claudette Colbert est comme d'habitude pétillante, charmante et trouve en Ray Milland un superbe partenaire dont on oublie souvent qu'il fut un jeune premier "comique" avant d'être l'interprète bouleversant du Poison ou le mari assassin du Crime était presque parfait.
Sans doute la partie sur la guerre résone-t"elle differemment aujourd'hui, mais il est intéressant de voir la perception d'Hitler et du nazisme à l'époque. Moins sensible que Remember the Night, Arise my Love n'en demeure pas moins une bonne comédie sur cette période de la guerre.

Copie Ciné Classic
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

Post by cinephage »

Young man with ideas (1952)

Tombé dessus par hasard sur TCM, je suis resté devant, tant l'ouverture est amusante, légère, fascinante. Glenn Ford en américain moyen est décidément très convaincant.
Mais le film retombe vite dans les ornières du film "familial", où le couple en difficulté trébuche, avant qu'un happy-end catapulté vienne rétablir l'équilibre, et que les vénéneuses tentatrices se révèles de cordiales voisines.

On passe un bon moment, mais guère plus, alors que le début, très ouvert et riche en idées rigolotes, pouvait laisser espérer bien mieux.
I love movies from the creation of cinema—from single-shot silent films, to serialized films in the teens, Fritz Lang, and a million others through the twenties—basically, I have a love for cinema through all the decades, from all over the world, from the highbrow to the lowbrow. - David Robert Mitchell
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

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La Baronne de minuit

Un régal, même si le film tient son efficacité de son dispositif et ses acteurs, et se révèle être surtout un plaisir de l'instant. Leisen parvient à tenir un rythme et une légèreté avec beaucoup de dynamisme, sans jamais en rajouter ni déséquilibrer son récit (le coup de téléphone de John Barrymore, s'il frôle l'exagération, reste simplement hilarant). Les situations s'imbriquent les unes dans les autres, et la trame coule de source, portée par un charmant duo Claudette Colbert/Don Ameche (même si subsiste un relatif regret...si Colbert brille de son élégance pétillante, Ameche est souvent en retrait et se laisse parfois affaiblir par le caractère outrancier de son personnage, forcé ou non). En second rideau, Barrymore se régale de bout en bout et vole certaines scènes, Mary Astor et Francis Lederer composant avec justesse des rôles sans panache, suivant leurs intérêts et prompts à se laisser abuser par des rebondissements qui pourraient tourner à leur avantage.
Si La Baronne de minuit, dans l'expression d'une bulle d'euphorie, manque de nuances ou de finesse (à l'image d'un final qui, s'il est attendu, est précipité comme il se doit), ce n'est pas suffisant pour faire oublier l'impression d'enthousiasme qui s'en dégage.
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Cathy
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Re: Mitchell Leisen (1898-1972)

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Jeux de mains, Hands across the table (1935)

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Une manucure cherche un mari riche, quand elle rencontre un héritier sur lequel elle jette son dévolu. Toutefois celui-ci s'avère être aussi à la recherche de la fortune et non de l'amour.

Mitchell Leisen réalise ici une screwball type, pétillante sans un temps mort, mais avec cette pointe de nostalgie qui rend les personnages totalement attachants. Il y a aussi ce second rôle si important, un ancien aviateur cloué dans un fauteuil roulant et qui se fait manucurer tous les jours. Jamais on ne sombre d'ailleurs dans le pathos avec ce personnage. Le couple formé par Carole Lombard mélange d'élégance, de classe et d'une certaine vulgarité et Fred MacMurray, sympathique et séduisant fonctionne particulièrement bien, toutes leurs scènes sont savoureuses, comme le diner au hoquet, ou les scènes chez la jeune femme. Nous sommes d'ailleurs à la limite du poliiquement correct avec cette jeune femme qui vit seule avec cet homme pendant une semaine. La dernière nuit qu'ils passent ensemble est aussi une merveille d'émotion avec de très beaux gros plans de l'actrice. Ralph Bellamy complète admirablement le casting avec ce rôle d'infirme séduisant et compréhensif.
Vraiment une superbe réussite du genre, et le meilleur film pour l'instant du coffret consacré à Carole Lombard.