Carole Lombard (1908-1942)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Cathy
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

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Jeux de mains, Hands across the table (1935)

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Une manucure cherche un mari riche, quand elle rencontre un héritier sur lequel elle jette son dévolu. Toutefois celui-ci s'avère être aussi à la recherche de la fortune et non de l'amour.

Mitchell Leisen réalise ici une screwball type, pétillante sans un temps mort, mais avec cette pointe de nostalgie qui rend les personnages totalement attachants. Il y a aussi ce second rôle si important, un ancien aviateur cloué dans un fauteuil roulant et qui se fait manucurer tous les jours. Jamais on ne sombre d'ailleurs dans le pathos avec ce personnage. Le couple formé par Carole Lombard mélange d'élégance, de classe et d'une certaine vulgarité et Fred MacMurray, sympathique et séduisant fonctionne particulièrement bien, toutes leurs scènes sont savoureuses, comme le diner au hoquet, ou les scènes chez la jeune femme. Nous sommes d'ailleurs à la limite du poliiquement correct avec cette jeune femme qui vit seule avec cet homme pendant une semaine. La dernière nuit qu'ils passent ensemble est aussi une merveille d'émotion avec de très beaux gros plans de l'actrice. Ralph Bellamy complète admirablement le casting avec ce rôle d'infirme séduisant et compréhensif.
Vraiment une superbe réussite du genre, et le meilleur film pour l'instant du coffret consacré à Carole Lombard.
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Ann Harding
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

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Cathy wrote:We're not dressing (1934) - Norman Taurog
Une jeune femme fait une croisière en compagnie de sa meilleure amie, de son oncle et de ses deux prétendants, deux princes. Elle remarque un marin sur le bateau. Le bateau fait naufrage, les survivants se retrouvent sur une ile qu'ils pensent déserte.

Norman Taurog avec ce film oscille entre la screwball comedy, la comédie loufoque et la comédie musicale.
We're Not Dressing est une version musicale parodique de The Admirable Crichton, une pièce classique de J.M. Barrie qui a été déjà adaptée au cinéma par De Mille en 1919 sous le titre Male and Female avec Gloria Swanson. Sous cet optique, je dois avouer avoir regardé le film sans ennui. Mais, c'est vrai que ce n'est pas le meilleur film de Lombard.
Cathy
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Cathy »

Ils citent d'ailleurs the Admirable Crichton dans le film vu qu'à un moment le couple Lombard/Crosby dit qu'ils revivent l'histoire de Crichton ! Mais bon il faut connaître les oeuvres de JM Barrie autres que Peter Pan !
Cathy
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

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Love Before Breakfast (1936) - Walter Lang

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Une jeune femme est partagée entre son fiancé parti au Japon et son patron resté aux USA qui la poursuit de ses assiduités.

Suite du coffret Carole Lombard avec une sympathique screwball comedy signée par Walter Lang. Carole Lombard se montre décidemment totalement à l'aise dans ce genre aux côtés de Preston Foster, acteur assez méconnu mais qui sait particulièrement bien rire, vu que toute la première partie du film voit ses scènes se terminer par un grand éclat de rire. Le film fonctionne parfaitement bien, et permet quelques scènes particulièrement légères comme celle du Bal ou naturellement le grand final sur le bateau. Le casting est completé par Cesar Romero qui joue à merveille de son charme latin, Janet Beechter est elle aussi impeccable en mère de l'héroïne, personnage indispensable aux comédies américaines de l'époque, Betty Lawford est elle charmante en comtesse folle de Pekinois. Pas un grand film, certes, mais une agréable comédie typique de l'époque.
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

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The Princess comes Across (1936) - William K Howard

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Une jeune princesse suédoise s'embarque sur un navire, en même temps qu'un joueur de bandoneon, des inspecteurs de police venus du monde entier. Un maître chanteur est assassiné.

Au départ, le film semble partir pour une screwball comedy sur un bateau. On sait d'avance que cette princesse suédoise n'en est certainement pas une, que le charmant musicien tombera amoureux de cette "princesse", mais on ne s'attend pas vraiment à une comédie policière, à un meurtre. Fred MacMurray retrouve une autre de ses partenaires privilégiées avec Claudette Colbert et le couple fonctionne bien, même si l'acteur semble peu à l'aise dans le maniement d'un bandoneon, par contre, il pousse agréablement la chansonnette. Le film sert surtout à montrer une fois encore cette atmosphère aisée, l'ambiance huppée des croisières. Le réalisateur n'oublie pas la mer dans chacun de ses hublots, même si on voit les transparences et les décors. L'enquête policière n'a guère d'importance, ce qui compte c'est l'ambiance, et surtout la prestation de Carole Lombard qui nous la joue Greta Garbo dans son accent et sa manière de parler ! Une comédie sans prétention mais agréable

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True Confession (1937) - Wesley Ruggles

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La femme d'un avocat, menteuse invétérée se retrouve accusée du meurtre de son patron d'un jour. Elle est défendue par son mari en quête de clientèle.


Dernier film du coffret consacré à Carole Lombard et véritable screwball comedy signée par un des maîtres du genre à savoir Wesley Ruggles. Contrairement à Princess comes across, nous sommes ici dans une pure comédie, et pas du tout dans un film policier, même s'il y a un crime. Nous savons d'office que la jeune femme n'a pas tué le fameux patron et que tout va se baser sur les échanges entre les différents protagonistes de l'histoire. Carole Lombard est absolument délicieuse en menteuse invétérée, et avec son tic de langue quand elle va dire un mensonge. L'histoire est complètement délirante, totalement incrédible, mais qu'importe cela permet des scènes particulièrement enlevées comme l'interrogatoire de l'héroïne par un inspecteur dépassé, la reconstitution de l'affaire au tribunal ou la scène de la machine à écrire. Ici, l'important réside dans cette mécanique parfaitement huilée des dialogues, des situations cocasses, de la confrontation d'une personne totalement normale qu'est l'avocat encore une fois interpreté par Fred MacMurray totalement dépassé par les frasques de son épouse, fofolle complète. Il ne faut pas oublier aussi John Barrymore qui en fait des tonnes, mais qui emporte l'adhésion ou Uma Merkel en meilleure amie. Bref c'est un film qui va à cent à l'heure, pétillant, léger et totalement typique des comédies hollywoodiennes de l'époque.


Finalement si les deux premiers films sont décevants, le reste du coffret est sympathique et montre que Carole Lombard était vraiment faite pour les screwball !
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Sybille
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

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L'affiche de True confession est particulièrement réussie. :lol:

A part ça, merci pour tes commentaires, ça donne envie. Encore une actrice que j'aimerai bien découvrir un peu plus. :P
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Ann Harding
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Ann Harding »

Sybille wrote:L'affiche de True confession est particulièrement réussie. :lol:
Ce n'est pas une affiche, c'est une 'lobby card' = photo pour un hall de cinéma. :wink:
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Sybille
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Sybille »

Merci pour la précision. :)

C'est à cause du format que tu le vois ?
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Ann Harding
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Ann Harding »

Sybille wrote:Merci pour la précision. :)

C'est à cause du format que tu le vois ?
Non, c'est l'agencement de la photo par rapport au texte ainsi que le style visuel (photo colorisée). Les affiches étaient généralement des dessins à cette époque-là.
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

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Boléro (1934) - Wesley Ruggles et Mitchell Leisen

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Un danseur arriviste prend une jeune femme pour partenaire, voyant qu'il n'arrivera pas à faire carrière seul. Le sommet de sa carrière sera son adaptation du fameux Boléro de Ravel.

Wesley Ruggles et Mitchell Leisen dont le nom n'est pas crédité au générique réalisent un film plutôt sombre et sans réel humour sur la carrière d'un danseur arriviste. Nous sommes à la fin de l'époque pré-code, ce qui permet de voir encore quelques scènes limites dont Carole Lombard en sous-vêtements 1900 tout de même. George Raft qu'on connaît plus pour ses rôles de gangster se montre un fort habile danseur ce qu'il était avant de jouer à Hollywood. Par contre ses partenaires de danse n'ont pas grand chose à faire ,même si Carole Lombard se montre à l'aise dans la danse. L'ntérêt du film réside dans cette évocation des danses de salon, de l'emprise du Bolero seulement six ans après sa création mondiale, même si on utilise cette musique d'avant première guerre mondiale et dans la reconstitution d'un numéro avec éventails qui fait un peu penser aux numéros de la Loie Fuller. Le film se déroule aussi à Paris avec cette évocation toujours très glamour du Paris chic de l'époque. Boléro se laisse voir sans déplaisir notamment grâce à ses interprètes principaux. A noter que ce film est diffusé dans l'intégrale Ray Milland et qu'il n'apparaît que dix minutes dans le film dans son rôle de jeune premier de l'époque.
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

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Jeux dangereux, To be or not to be (1942) - Ernst Lubitsch

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Lors de l'invasion de la Pologne par les nazis, une troupe de comédiens se retrouve mêlée à une histoire d'espionnage.

Ce film est le dernier film de Carole Lombard, qui montre ici une facette autre de son talent encore inexploitée. Même si le film reste une comédie, le personnage de Maria Tura est plus complexe, et n'a pas ce côté déjanté des personnages que l'actrice a interprétés jusqu'à présent. To be or not to be tourné pendant la guerre montre le côté obscur du nazisme, mais ose traiter avec humour ce sujet, avec ce faux Hitler '"Heil myself", nous sommes dans la caricature du personnage alors qu'on pourrait s'attendre à un film montrant un méchant complet et non un méchant d'opérette ce qu'il semble parfois être sous la caméra de Lubitsch, surtout à cette époque. Si le film offre certaines scènes de pure comédie comme la première partie dans le théâtre, il est parfois plus sombre, tout en restant dans un certain absurde, la confrontation au théâtre entre le professeur polonais et cet acteur. Il y a le pur comique de situation comme les scènes de "To be or not to be" et naturellement la fameuse Lubitsch touch finale. Si le film jouit d'une énorme réputation, je dois avouer, que malgré plusieurs révisions je n'arrive pas à adhérer à l'humour noir de celui-ci. Est-ce du à Jack Benny qui manque sans doute de charisme, est-ce du au sujet, est-ce le côté "gnangnan" de Robert Stack, je ne saurais dire, mais il est sur que même si le film réserve de bons moments, il manque à mes yeux de cette petite étincelle qui fait que la sauce prend totalement. Reste la classe de Carole Lombard et la sensibilité de Felix Bressart !
A noter que la copie proposée par Warner n'est pas terrible, et que le sous-titrage est parfiois plus que succinct !
Last edited by Cathy on 14 Nov 10, 19:00, edited 1 time in total.
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Ann Harding
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Ann Harding »

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No Man of her Own (Un Mauvais Garçon, 1932) de Wesley Ruggles avec Clark Gable, Carole Lombard, Elizabeth Patterson et Grant Mitchell

Jerry Stewart (C. Gable) est un escroc new yorkais qui gagne sa vie en trichant aux cartes avec des complices. Recherché par un inspecteur du 'vice squad', il va se mettre au vert dans un petit patelin perdu, Glendale. Il y rencontre une ravissante bibliothécaire, Connie Randall (C. Lombard)...

Cette production Paramount réunit pour la seule et unique fois le couple Lombard-Gable. Ils n'étaient d'ailleurs pas encore marié à l'époque et Lombard, avec son franc parler habituel, disait qu'elle n'avait strictement rien ressenti pour son partenaire lors du tournage. A l'époque, Lombard n'est pas encore le pur-sang de la comédie qu'elle deviendra plus tard. Comme Man of the World (1931) ou The Eagle and the Hawk (1933), elle semble être un faire-valoir pour ses partenaires masculins. C'est avec Twentieth Century (1934) qu'elle va réellement se révéler. Ici, elle n'est qu'une fille de province qui s'ennuit à mourir dans son petit bled et qui va tomber dans les bras de Gable en ignorant tout de ses activités frauduleuses. La fin est extrêment morale pour un film pre-code avec un Gable qui va se livrer à la justice pour être digne de sa nouvelle épouse. Les meilleurs moments du film sont certainement ceux où Gable fait la cour à une Lombard réticente (en façade). Sinon, ce n'est guère qu'un film de série.
Julien Léonard
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Julien Léonard »

True confession - Réalisé par Wesley Ruggles / 1937 :

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Une bonne screwball typique de l'époque, mais pas parmi les meilleures, loin de là. Dans le genre, Jack Conway, W. S. Van Dyke et même Richard Thorpe font mieux à la MGM avec William Powell et/ou Myrna Loy. Reste ici une comédie sympathique, luxueuse, produite par une Paramount sans grande imagination. La réalisation de Ruggles est fonctionnelle, voire parfois assez plate (cela manque de dynamisme), mais souligne régulièrement bien l'action. Fred McMurray est bien gentil, mais il n'est pas interdit de le préférer dans d'autres genres (le film noir, avec Assurance sur la mort). Quant au scénario, c'est brinquebalant mais cela tient le coup, surtout grâce à deux interprètes euphorisants : Carole Lombard, lumineuse à souhait, totalement déjantée et attachante en dépit de tout (quelle actrice !), mais aussi John Barrymore, en roue libre mais à l'aise, captivant l’auditoire au travers de ses malheureusement peu nombreuses scènes. Que dire d'autre, si ce n'est que la soirée est aisément gérable avec cette sucrerie, et que si l'on a vu franchement bien mieux dans le genre, on a aussi vu bien pire. Ne pas bouder son plaisir donc, et faire confiance à cette chère Carole et cette pile électrique de Barrymore pour nous dérider les zygomatiques.
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by riqueuniee »

Cathy wrote:Jeux dangereux, To be or not to be (1942) - Ernst Lubitsch



Lors de l'invasion de la Pologne par les nazis, une troupe de comédiens se retrouve mêlée à une histoire d'espionnage.

Ce film est le dernier film de Carole Lombard, qui montre ici une facette autre de son talent encore inexploitée. Même si le film reste une comédie, le personnage de Maria Tura est plus complexe, et n'a pas ce côté déjanté des personnages que l'actrice a interprétés jusqu'à présent. To be or not to be tourné pendant la guerre montre le côté obscur du nazisme, mais ose traiter avec humour ce sujet, avec ce faux Hitler '"Heil myself", nous sommes dans la caricature du personnage alors qu'on pourrait s'attendre à un film montrant un méchant complet et non un méchant d'opérette ce qu'il semble parfois être sous la caméra de Lubitsch, surtout à cette époque. Si le film offre certaines scènes de pure comédie comme la première partie dans le théâtre, il est parfois plus sombre, tout en restant dans un certain absurde, la confrontation au théâtre entre le professeur polonais et cet acteur. Il y a le pur comique de situation comme les scènes de "To be or not to be" et naturellement la fameuse Lubitsch touch finale. Si le film jouit d'une énorme réputation, je dois avouer, que malgré plusieurs révisions je n'arrive pas à adhérer à l'humour noir de celui-ci. Est-ce du à Jack Benny qui manque sans doute de charisme, est-ce du au sujet, est-ce le côté "gnangnan" de Robert Stack, je ne saurais dire, mais il est sur que même si le film réserve de bons moments, il manque à mes yeux de cette petite étincelle qui fait que la sauce prend totalement. Reste la classe de Carole Lombard et la sensibilité de Felix Bressart !
A noter que la copie proposée par Warner n'est pas terrible, et que le sous-titrage est parfiois plus que succinct !
J'adore le film, et, justement son humour noir. Il fallait oser le faire, à l'époque.
A noter que le film sortit après le décès de Carole Lombard (dans un accident d'avion), ce qui amena les distributeurs, à l'époque, à supprimer les répliques, à la fin, où Maria Tura demande si le voyage en avion se passera bien (ou quelque chose d'équivalent).
Et aussi que le titre français , Jeux dangereux , qui figure sur la jaquette de l'édition FNAC (qui reprend l'affiche de la sortie française) n'est guère plus utilisé aujourd'hui.
Le personnage de Félix Bressart (l'acteur qui veut absolument interpréter Shylock) est en effet très touchant. On peut d'ailleurs se demander si, derrière le sort de la Pologne, les auteurs n'ont pas voulu faire allusion au sort des Juifs.
Julien Léonard
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Julien Léonard »

Hands across the table - Réalisé par Mitchell Leisen / 1935 :

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Meilleure surprise que ce Hands across the table, après la légère déconvenue vis-à-vis du très sympa mais inégal True confession. La mise en scène est meilleure, le rythme plus soutenu, Fred MacMurray davantage à l'aise, le scénario plus prometteur et mieux écrit, les dialogues plus enlevés... Ne manque que John Barrymore pour que le plaisir soit encore plus grand. Carole Lombard est pétillante et son charme est indéniable, quelle actrice merveilleuse ! Elle incarne un mélange de classe et de maladresse, de douceur et de hargne, un véritable paradoxe à elle toute seule. Et elle n'hésite pas à vulgariser sa démarche pour faire rire, ce qui est bel et bien digne d'une actrice qui n'a que faire de son image glamour. Cette histoire de lutte des classes sur le mode du mariage d'intérêt est intéressante et ne manque pas de soulever quelques questions essentielles. Certaines répliques, notamment celles de l'actrice, résonnent avec un arrière-goût de désespérance (avec toujours, même si non-nommé, ce rêve américain à atteindre, y compris par des méthodes peu orthodoxes mais signalant une perte de confiance dans la vie). Une comédie romantique loufoque, avec des accents de comédie dramatique parfois, qui se révèle véritablement drôle et inattendue. La fin est par ailleurs très enthousiasmante avec ce couple courant parmi les voitures embouteillées.
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