Carole Lombard (1908-1942)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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feb
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by feb »

Complètement d'accord avec toi Julien, le couple MacMurray/Lombard fonctionne très bien et l'actrice se révèle une fois de plus charmeuse, élégante, drôle et touchante. A noter également la présence de Ralph Bellamy qui, bloqué dans son fauteuil roulant, retrouve le sourire à chaque fois que Regi rentre dans sa suite. Amoureux de la demoiselle, il ne peut que s'effacer devant l'amour qui apparait entre Regi et Theodore et je trouve que l'acteur est très bon dans ce rôle.
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Cathy
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Cathy »

Visiblement tu regardes le coffret Carole Lombard, ne finit surtout pas pas le remake de Crichton avec Bing Crosby, c'est très mauvais ! Hands across the table, et True confessions me semblaient les meilleurs du coffret :) !
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Cathy
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Cathy »

L'autre, In name Only (1939) - John Cromwell

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Un homme mal marié tombe amoureux d'une jeune veuve qui vit seule avec sa petite fille.

John Cromwell signe ici une comédie dramatique qui traite du douloureux problème de la séparation, du divorce, et surtout de la maîtresse, "l'autre". Le film fait preuve d'un peu de manicheisme, avec la femme garce brune et la maîtresse douce, angélique et blonde. Code Hayes oblige, les deux amants ne peuvent pas vivre ensemble sans être punis, et naturellement la femme refusera le divorce, mais par une pirouette finale, on sait que les deux amants finiront par se retrouver avec la bénédiction des parents, en passant évidemment par la case maladie, mais celle-ci permettra de montrer aux parents du mari la véritable nature de la femme et la maîtresse. Les deux femmes sont interprétées par Carole Lombard qui était plus habituée à l'époque aux screwball et est parfaite une maîtresse tendre qui ne veut pas briser un couple et Kay Francis, dans un rôle de garce obnubilée par la richesse. Cary Grant est parfait dans ce rôle de mari malheureux et qui n'aura la solution que dans la maladie. Une comédie dramatique sombre classique mais finalement portée par ses interprètes.
feb
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by feb »

Merci Cathy pour cette nouvelle critique, je n'avais jamais entendu parler de ce film avec Cary Grant/Carole Lombard :wink:
Cathy wrote:Visiblement tu regardes le coffret Carole Lombard, ne finit surtout pas pas le remake de Crichton avec Bing Crosby, c'est très mauvais ! Hands across the table, et True confessions me semblaient les meilleurs du coffret :) !
Oui j'ai l'impression que le remake de The Admirable Crichton ne semble pas casser la baraque. :lol: Curieux par contre d'avoir l'avis de Julien sur Man of the World, film de 1931 avec William Powell qui ne t'avait pas beaucoup emballé Cathy.
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Julien Léonard »

Pour Man of the world, je verrais ça bientôt. :wink: Par contre, si True confession et Hands across the table sont les meilleurs du coffret... Bon, ce sont de bons films (surtout le second), avec d'excellents acteurs, mais ce ne sont pas non plus des productions miraculeuses. :|

Le Cary Grant là, je ne le connais pas non plus, en plus il y a Kay Francis (pour seconder l'atout charme Carole Lombard). Rien que ça, c'est déjà super ! Il est vrai que ces temps derniers, j'ai un peu laissé tombé Grant, faudrait que je m'y remette un peu.
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Cathy
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Cathy »

feb wrote:Merci Cathy pour cette nouvelle critique, je n'avais jamais entendu parler de ce film avec Cary Grant/Carole Lombard :wink:
Cathy wrote:Visiblement tu regardes le coffret Carole Lombard, ne finit surtout pas pas le remake de Crichton avec Bing Crosby, c'est très mauvais ! Hands across the table, et True confessions me semblaient les meilleurs du coffret :) !
Oui j'ai l'impression que le remake de The Admirable Crichton ne semble pas casser la baraque. :lol: Curieux par contre d'avoir l'avis de Julien sur Man of the World, film de 1931 avec William Powell qui ne t'avait pas beaucoup emballé Cathy.
Je ne suis pas très pré-code, ceci explique cela :) ! Je viens de relire ma critique et je n'ai aucun souvenir du film. J'avais bien aimé celui où Lombard joue à être Garbo !
Le Cary Grant a été enregistré sur Cinefil !
feb
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by feb »

Cathy wrote:J'avais bien aimé celui où Lombard joue à être Garbo !
Il me faut ce coffret :mrgreen:
Cathy wrote:Le Cary Grant a été enregistré sur Cinefil !
Ca remonte à quelques années :fiou: Dommage qu'il ne soit pas repassé depuis (comme par exemple lors de l'intégrale Cary Grant sur TCM).
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by someone1600 »

Ca me fait penser qu'il faudrait un jour que je visionne les films de ce coffret, je crois n'avoir regarder que Hand across the table que j'avais adoré. :wink:

Quant a Lombard, c'est une actrice fantastique, tellement drole dans les comédies dans lesquelles elle a joué.
Kimm
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Kimm »

Cathy wrote:We're not dressing (1934) - Norman Taurog

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Une jeune femme fait une croisière en compagnie de sa meilleure amie, de son oncle et de ses deux prétendants, deux princes. Elle remarque un marin sur le bateau. Le bateau fait naufrage, les survivants se retrouvent sur une ile qu'ils pensent déserte.

Norman Taurog avec ce film oscille entre la screwball comedy, la comédie loufoque et la comédie musicale. Rien que dans le premier quart d'heure, il ne doit pas y avoir moins de quatre chansons. La comédie est lourde, ridicule, assez vulgaire, les personnages secondaires sont exaspérants, Ethel Merman ou Leon Errol en sont les plus parfaits exemples, et puis il y a le duo soit disant comique formé par le couple Gracie Allen/George Burns. Il est évident qu'ici nous sommes plus dans le non sens absolu que dans le lourdingue des personnages récurrents des comédies de l'époque. Les chansons ne sont guère inoubliables, et le running gag avec Droopy l'ours est fatigant. Alors que sauver de ce film pas grand chose, Carole Lombard est horriblement vulgaire au début du film avant de devenir plus intéressante quand elle arrive sur l'ile et devenir un véritable personnage de Screwball. Bing Crosby peut roucouler à tout va et faire étalage de sa voix, mais les chansons manquent d'entrain, et le couple qu'il forme avec l'actrice ne fonctionne pas plus que cela.
Second film du coffret consacré à Carole Lombard, et seconde déception, même s'il est évident que ce style de coffret paramount/universal est souvent constitué de ces petits films de série, destinés plus à distraire le spectateur qu'à faire oeuvre cinématographique réelle.
Le film n'est guère une réussite mais sucite quelques remarques;
la vulgarité toute relative de Lombard ferait pâlir d'envie bien des aristocrates! d'autant qu'elle a cette désinvolture qui la rend si séduisante..
tout comme Ray Milland, moins connu à ses débuts, et d'une beauté renversante.
Le visage encore poupon de Bing Crosby contraste avec son comportement de "mâle- romantico- protecteur" tourmenté par les caprices d'une Carole Lombard dont les valeurs sont douloureusement remises en question.

Voilà donc un film qui n'a rien fait pour la carrière de l'actrice mais reste interessant pour ses interprètes.
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Federico »

Kimm wrote:la vulgarité toute relative de Lombard ferait pâlir d'envie bien des aristocrates! d'autant qu'elle a cette désinvolture qui la rend si séduisante...
Je ne connais pas ce film de Taurog mais c'est tout à fait ça : cette actrice était avant tout nature, pas vulgaire (et elle passait pour être tout aussi joyeusement loufoque et avec un langage peu châtié hors écran). C'est d'ailleurs ce contraste entre son attitude et son physique qui la rendit si attachante et diablement sexy. :wink:
The difference between life and the movies is that a script has to make sense, and life doesn't.
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Flavia
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Flavia »

Je l'ai vraiment découverte dans ce petit bijou Mon Homme Godfrey face à un William Powell formidable :)
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Flavia
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by Flavia »

Mr. & Mrs. Smith - Alfred Hitchcock (1941)
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David Smith (Robert Montgomery) découvre un jour que son mariage avec sa femme Ann (Carole Lombard) n'est pas officiellement reconnu par l'administration. Il préfère le cacher à sa femme mais cette dernière l'apprend et profite de cette situation pour forcer son ex-mari à lui faire de nouveau la cour. Mais David ne l'entend pas de cette oreille et préfère rester dans cette situation...

Au vu de la réputation peu flatteuse sur ce film que j'ai pu lire sur internet, je m'attendais à quelque chose de fort désagréable avec ce Mr. & Mrs. Smith. Si Alfred Hitchcock n'est certainement pas le réalisateur auquel on peut penser quand on souhaite réaliser une comédie (Gregory La Cava ou Mitchell Leisen qui ont tourné avec elle sont sans doute bien plus à l'aise dans le domaine), force est de constater que le réalisateur s'en tire honorablement avec sa première comédie. Malgré quelques flottements dans le déroulement du film, les scènes comiques et l'alchimie du couple Lombard/Montgomery permettent d'apprécier cette comédie légère et agréable.
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Carole Lombard est une fois de plus adorable et lumineuse et prouve qu'elle est très à l'aise avec les rôles comiques. Face à elle, Robert Montgomery endosse son costume habituel : élégant, très sobre, donnant toujours l'impression d'être étonné par tout ce qui se passe autour de lui, faisant preuve d'un calme olympien alors que sa femme part en vrille :mrgreen: La complicité entre les 2 acteurs transparaît à l'écran et, comme pour beaucoup d'autres couples de l'époque, on regrette qu'ils n'aient pas tournés d'autres films ensemble. Etant le seul film du maître Hitchcock à être une comédie et malgré ces petits défauts, Mr. & Mrs. Smith vaut le coup d'être découvert.
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someone1600
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

Post by someone1600 »

exactement ce que je pense aussi
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Ann Harding
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

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They Knew What They Wanted (1940) de Garson Kanin avec Charles Laughton, Carole Lombard, William Gargan et Harry Carey

Tony Patucci (C. Laughton) croise une jolie serveuse, Amy Peters (C. Lombard) dans un restaurant de San Francisco. Il décide de la demander en mariage après avoir envoyé la photo de son ami Joe (W. Gargan) à la place de la sienne...

En 1940, le vétéran Erich Pommer est sous contrat à la RKO pour produire plusieurs films. Il choisit de faire une nouvelle adaptation de la pièce de Sidney Howard avec une distribution de grand luxe qui va réunir Carole Lombard et Charles Laughton. Les deux acteurs sont dans des rôles à contre-emploi. La brillante comédienne des meilleures screwball américaines joue ici une petite serveuse qui rêve d'une vie meilleure. Et ce grand cabot de Laughton revêt une perruque noire bouclée et prend un accent italien pour jouer ce viticulteur italo-américain qui parle un anglais sommaire. Durant le tournage, le malheureux metteur en scène, Garson Kanin, va en voir des vertes et des pas mûres avec un Laughton en plein doute existentiel qui le mène en bourrique. Pour travailler son accent, il écoute du Rossini et du Vivaldi (!) Puis, il demande constamment à être emmené dans un petit verger, situé à plusieurs dizaines de kilomètres du tournage, pour pouvoir 'se concentrer' sur son personnage. Laughton est totalement écoeuré par la facilité de sa partenaire Carole Lombard qui rentre naturellement dans son personnage sans aucun chichi. Cette nouvelle adaptation de la pièce d'Howard a subi de nombreuses modifications, censure oblige ! Le film est cependant bien plus noir que la version précédente, A Lady to Love. Là, Amy se laisse séduire par Joe, mais le regrette immédiatement. Elle n'a pas encore épousé Tony, ce qui évite l'adultère condamné par le Production Code. Et elle rejette Joe immédiatement après leur aventure d'une nuit. Mais, elle se retrouve enceinte et décide d'avoir cet enfant toute seule avant de, peut-être, revenir vers Tony qui lui ouvre les bras malgré cela. Ce mélo finalement assez noir est dominé par une Carole Lombard qui prouve qu'elle était aussi une excellente actrice dramatique. Quant à Laughton, il cabotine à tout va, comme le faisait Robinson dans A Lady To Love. Vers la fin, il montre un peu plus de retenu et parvient à être émouvant. Dans les seconds rôles, on reconnaît Harry Carey, la star des westerns muets de John Ford, avec son accent de cow-boy et également un tout jeune Karl Malden, éméché, qui tente d'embrasser Carole Lombard. Dans ces années-là, le scénariste Garson Kanin travaille comme metteur en scène à la RKO où il va faire plusieurs films de belle qualité comme A Man to Remember (1938), restauré en 2006, et The Great Man Votes (1939) avec John Barrymore que je rêve de découvrir. En tout cas, They Knew What They Wanted est un film étonnant dans la carrière de deux grands acteurs.
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Ann Harding
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Re: Carole Lombard (1908-1942)

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In Name Only (L'Autre, 1939) de John Cromwell avec Carole Lombard, Cary Grant, Kay Francis et Charles Coburn

Alec Walker (C. Grant) fait la connaissance d'une jeune artiste Julie Eden (C. Lombard). Il voudrait l'épouser, mais il est déjà marié avec la très calculatrice Maida (K. Francis) qui lui refuse le divorce...

Ce mélo reprend les situations habituelles que l'on s'attend à trouver dans un mélodrame bien troussé. Mais, à ceci près que c'est l'homme qui est ici la victime du destin plus que la femme. Il a épousé une femme qui n'en voulait qu'à son argent et il est dans une situation inextricable face à la douce Julie qu'il souhaite épouser. Il est intéressant de voir comment le réalisateur Cromwell traite ce renversement des genres: homme victime contre femmes fortes. Et bien le résultat est tout à fait réussi. Cary Grant est ici un homme désespéré qui n'arrive plus à reprendre goût à la vie. Il a découvert peu de temps après son mariage que Maida ne l'a épousé que par intérêt et recherche d'une position sociale. Ils vivent comme des étrangers tandis que celle-ci trompe son monde (en particulier ses beaux-parents) en leur faisant croire que tout va bien entre eux. Alec refait surface lorsqu'il rencontre Julie, une jeune veuve avec une petite fille. Il pense pouvoir refaire sa vie. Mais, c'est sans compter sur la machiavélique Maida qui a tout combiné pour l'en empêcher. La prestation de Cary est parfaitement jugée en homme faible et honnête, sans défense face à sa garce d'épouse. Kay Francis, dont la carrière marquait le pas à l'époque, est une Maida froide et calculatrice. Face à elle, j'ai été une fois de plus séduite par la prestation de Carole Lombard. Elle est à la fois forte et fragile, avec un naturel confondant. Si on ajoute que la cinématographie est de toute beauté sur ce DVD Warner Archive, je ne peux que recommander chaudement ce très beau mélo qui ravira les amateurs de Carole Lombard et de Cary Grant.