Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Moderators: cinephage, Karras, Rockatansky

User avatar
beb
Machino
Posts: 1341
Joined: 18 Oct 08, 20:19

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by beb »

Jack Carter wrote: 27 Mar 21, 10:32
Commissaire Juve wrote: 27 Mar 21, 10:27 J'y pense : les films sont diffusés en VO ou avec des doublages de telenovela ? (j'ai vu ça 20 secondes sur
L'Esprit s'amuse -- le David Lean -- sur ARTE il y a quelques jours ; une horreur !)
au choix, je pense, ou uniquement vost, mais je n'ai vu que de muets pour le moment :lol: (intertitres sous-titrés)
De ce que j'ai vu, uniquement en vostf (et autres langues pour les st), aucun doublage
mais j'ai pas tout testé
User avatar
Alba
Assistant(e) machine à café
Posts: 206
Joined: 23 Nov 10, 19:41

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by Alba »

On a une date de fin de diffusion pour tous ces films suédois sur Netflix ?
User avatar
beb
Machino
Posts: 1341
Joined: 18 Oct 08, 20:19

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by beb »

Poursuite de la rétro sur Netflix

Am-stram-gram (Ole dole doff - 1968) - Jan Troell
Un professeur de 6eme (plutot un instituteur d'ailleurs puisqu'il enseigne toutes les matières) vit de plus en plus mal son incapacité à maintenir la discipline dans sa classe. Le film fait penser au free cinéma anglais de Richardson, Reisz ou Schlesinger, l'humour en moins (sauf quand le bad boy de la classe fait le mariole). Ce qui m'a le plus impressionné sont les relations entre enfants et prof, qui sont montrés par petits touches en alternant les points de vue. Les jeunes sont magnifiquement filmés, la scène où les filles débarquent le matin chez le prof pour une sorte de procession traditionnelle en chantant est superbe. Per Oscarsson joue parfaitement le role du prof, paumé entre tradition et modernité de l'enseignement, paumé aussi dans sa vie privée, et enfin dans ses relations avec les parents et les autres prof. Magnifique découverte, et il reste autres film de Jan Troell sur Netflix

Les bonnes manières de Sara (Sara lär sig folkvett - 1937) - Gustaf Molander
FIlm très étrange. C'est à la fois une comédie de mœurs qui joue sur le décalage entre la haute bourgeoisie et le personnel de maison, une screwball comédie à l'américaine avec 15 minutes de délire complet ou l'appartement est mis sens dessus dessous et enfin une comédie romantique avec une histoire d'amour classique. Malheureusement c'est trop bavard, la réalisation est plutot fade et ce mélange des genres n'est pas convaincant du tout
User avatar
beb
Machino
Posts: 1341
Joined: 18 Oct 08, 20:19

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by beb »

Port étranger (Främmande hamn - 1948) - Hampe Faustman
1938, un bateau suédois, le port de Gdansk, un hiver glacial et des marins qui attendent. Sur ces éléments, le réalisateur tente un film original, sans héros ni de premiers roles, et qui repose surtout sur le comportement du groupe de marins face à des événements louches ou inattendus (le meurtre d'un marin ivre, du traffic de marchandises, une prostituée juive allemande, le capitaine du bateau au comportement étrange). Le film n'est pas totalement convaincant, trop bavard, l'usage excessif de la caméra qui filme en plongée et un scénario erratique le rendent un peu fatigant par moment. Mais j'ai quand meme bien aimé comment le film montre ces marins qui s'emmerdent puis se révoltent, ce capitaine résigné puis volontaire... Il y a des scènes assez étonnantes comme celle où des marins chantent l'international, chacun dans sa langue, donc en polonais, allemand et suédois (et on entend aussi de l'anglais et du latin dans le film) dans la neige au milieu d'un cimetière. Pour le moment c'est le seul film de ce réalisateur dans la rétro Netflix, mais je serais curieux d'en voir d'autres, meme si le commentaire du Commissaire sur son film Sonja est assez réservé !
User avatar
Jack Carter
Certains l'aiment (So)chaud
Posts: 24153
Joined: 31 Dec 04, 14:17

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by Jack Carter »

Telerama conseille 5 films, je vous mets l'article en integralité car reservé aux abonnés



En France, mais aussi en Suède, Netflix s’intéresse désormais au cinéma de patrimoine. Sans publicité, plus d’une cinquantaine de films classiques suédois, rares sur nos écrans, ont ainsi débarqué dans le catalogue hexagonal du géant du streaming. Dont cinq merveilles, chaudement recommandées.

Quitte à ne plus pouvoir se déplacer, pourquoi ne pas s’évader en renne au bord du Vänern, avant de fêter le solstice d’été autour d’un bon hareng ? De côtoyer le meilleur de la sociale-démocratie et d’embarquer pour la banquise ? C’est peu ou prou ce que propose Netflix, qui a fourré sa besace d’une impressionnante flopée de films de patrimoine suédois. On oublie son plus illustre représentant Ingmar Bergman (absent de la plateforme), pour se concentrer sur des œuvres moins connues mais tout aussi fascinantes, dans de splendides copies restaurées. Aux côtés de quelques fameux pionniers (Sjöström, Stiller), nous avons sélectionné cinq films forts, pour la plupart inédits. Au carrefour et à la lisière du Vieux Continent : du cinéma politique, tragi-comique, majestueux, qui garde toujours un œil sur ses voisins mais n’oublie jamais sa singularité.


Agressions (1969), de Lars Lennart Forsberg.
2 T

Knut, un jeune révolutionnaire trop exalté, frappe un petit-bourgeois au prétexte que « le capitalisme, c’est le vol ». Arrêté par la police, on lui impose une évaluation psychiatrique afin de déterminer si son geste est le fruit d’un traumatisme infantile ou plutôt – comme il le clame sans cesse – de l’oppression sociétale… Allez, un mauvais point pour commencer : le sous-titrage désastreux, qui donne d’abord envie de prendre la poudre d’escampette. La chose serait regrettable, tant on s’oublie dans ce séduisant pamphlet de la contre-culture. Dans le sillage de l’antipsychiatrie, le film préfigure, sous une forme plus libre et candide, plus contestataire, quelques succès postérieurs, comme Vol au-dessus d’un nid de coucou ou, par certains aspects, Orange mécanique. Beaucoup moins produit, très « amateur », improvisé la plupart du temps, Agressions ne manque pourtant pas d’amuser et d’émouvoir, en pointant les contradictions qui animent autant ces apprentis militants que leurs contempteurs. Hypnotisé par la complainte entêtante du très communiste groupe Harvester (qui compose la musique), il devient vite impossible de ne pas s’attacher à l’irascible et tendre Knut Pettersen, magnifié par un noir et blanc fiévreux et sacrificiel.



La Quatrième Alliance de dame Marguerite” (1920), de Carl Theodor Dreyer
3T

Attention, chef-d’œuvre… inattendu dans cette liste. D’abord parce que ce film suédois est réalisé par un Danois et tourné dans les fjords norvégiens. Mais ce qui frappe surtout l’admirateur du réalisateur austère de La Passion de Jeanne d’Arc et d’Ordet, c’est le côté presque chaplinesque, irrésistiblement burlesque : le héros, un jeune homme aux faux airs de James Stewart (mais à l’espagnole !) convoite une charge de pasteur pour s’assurer la main de sa bien-aimée. Il y parvient mais la mission exige que l’élu épouse la veuve de l’ancien pasteur… Impossible dilemme qui va exiger de déployer des trésors de manigance. On est ainsi d’abord saisi par l’humour (des fidèles réveillés au bâton pendant le sermon, un hareng faisant office de sortilège ou un déguisement de diable grotesquement articulé) avant d’être emporté par la beauté de cette fable au parfum de miséricorde et de fraises sauvages. La restauration est si splendide qu’on se croirait plongé au Moyen Âge et on oublie bien vite le choix un peu sévère de ne pas avoir habillé ce prodige muet d’un peu de musique…



“Les Filles” (1968), de Mai Zetterling
2T

Voilà un film que la légende place dans le panthéon de Simone de Beauvoir, rien que ça. Ce véritable manifeste féministe s’accompagne d’un casting exceptionnel, où plane la figure tutélaire d’Ingmar Bergman : Mai Zetterling à la réalisation et côté actrices – excusez du peu – Bibi Andersson, Harriet Andersson ou encore Gunnel Lindblom ! Ne manque que Liv Ullman… Cette libre adaptation du Lysistrata d’Aristophane, constamment inventive, maîtrisée, est traversée par tous les vents de la fronde mais aussi par les doutes légitimes : le bruit, les pensées, les cris viennent toujours contaminer le plan pour manifester les contradictions, les écartements, les luttes et les petites victoires sur le patriarcat. D’une infinie douceur foutraque, la charge, joyeuse, émouvante, est d’une vigoureuse modernité, et trouve dans ce temps post-#MeToo un écho franchement salutaire.



“Le Plus Fort” (1929), d’Axel Lindblom et Alf Sjöberg
2T

Ole, un skipper et chasseur talentueux, prévoit d’embarquer sur le Viking pour chasser le phoque au Svalbard. Mais son intérêt pour une fille de la ferme le pousse à annuler son voyage. Problème : Ingebord est déjà convoitée par un autre skipper, employé et favori du paternel… On découvre ici une sorte de Rock Hudson avant l’heure, beau, charismatique, solaire, opposé au taiseux Larsen, pleutre, jaloux, mal aimé. Un faux combat de coqs qui est en fait un fabuleux récit d’aventure doublé d’un joli mélo, où l’on passe de scènes trépidantes dans les vastes étendues glacées du Svalbard à l’émerveillement des plaines suédoises baignées par le printemps…

“Amour 65” (1965), de Bo Wideberg
2T

Une histoire de strabisme, du regard et de l’amour. Cette ode au « nouveau cinéma », de la Nouvelle Vague au néoréalisme italien, a en effet bien du mal à cacher sa fascination pour Godard, Antonioni, Pasolini et d’autres, allègrement cités pour mieux montrer à quel point le cinéma suédois, ou en tout cas celui de Bo Wideberg, lui est complétement inféodé, sans être incapable d’en soutenir l’héritage. C’est même, à travers cette façon de courir deux lièvres à la foi, de tromper la blonde avec la brune, de faire venir Ben Carruthers de Shadows pour l’abandonner brutalement, un témoignage d’allégeance et une volonté de souveraineté, une preuve d’amour et un constat d’échec. Parfois un peu trop esthétisant, Amour 65 a toutefois cette humilité qui le rend gracieux et attachant. Il y a sans doute ici une interrogation en direction de l’identité du cinéma suédois et sa place sur le Vieux Continent, si proche et si éloignée de ses voisins européens, comme absent à lui-même.



Je n'ai vu que le Dreyer (excellent, en effet) et le Widerberg (pas mal du tout) dans la liste.
Je me note les autres, en plus des Troell, Hallstrom, etc..
Image
User avatar
beb
Machino
Posts: 1341
Joined: 18 Oct 08, 20:19

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by beb »

Encore vu aucun des films recommandés par Télérama, mais je les mets en priorité :wink:

La Femme sans visage (Kvinna utan ansikte - 1947) - Gustaf Molander
Le scénario est de Bergman et Molander, principalement de Bergman d'après ce que j'ai pu lire, et effectivement le film m'a fait pensé à La soif pour sa noirceur et sa structure un peu complexe en flashback. A part l'auteur du scénario, s'il faut une seule autre raison pour voir ce film, c'est la présence de Gunn Wållgren. Le nom ne me disait rien avant de voir le film, mais je pense que tout le monde la connait sous les traits de Helena Ekdahl, la grand-mère de Fanny et Alexandre. Ici, elle a 35 ans de moins, et elle est deja fabuleuse. Pour les autres acteurs, on retrouve le très bon Stig Olin, mais les autres acteurs, notamment le couple marié, est clairement un cran en-dessous. Le principal reproche que je ferais au film vient de l'enchainement un peu raté ou bancal entre des scènes très fortes, ce qui nuit à la crédibilité de l'ensemble. Quant à l'histoire, elle repose sur un sujet on ne peut plus d'actualité, mais que je mets en spoiler puisqu'on ne le découvre que vers la fin du le film (meme si on peut s'en douter avant) :
Spoiler (cliquez pour afficher)
je parle de la scène très émouvante où Helena Ekdahl raconte l'agression incestueuse de son beau-père.
User avatar
Boubakar
Mécène hobbit
Posts: 49592
Joined: 31 Jul 03, 11:50

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by Boubakar »

Je pars à la découverte du premier film réalisé par Lasse Hallström, En kille och en tjej (dont le titre sur Netflix est A guy and a gal).

Image
User avatar
Boubakar
Mécène hobbit
Posts: 49592
Joined: 31 Jul 03, 11:50

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by Boubakar »

Boubakar wrote: 13 Apr 21, 09:21 Je pars à la découverte du premier film réalisé par Lasse Hallström, En kille och en tjej (dont le titre sur Netflix est A guy and a gal).
Ma critique :

En kille och en tjej (qui veut dire... Un garçon et une fille !) est le premier film réalisé par Lasse Hallström, et qui raconte l'histoire d'un jeune suédois, un livreur de journaux joué par Brasse Brännström, qui sort avec des femmes, mais ça ne va guère plus loin, car son hypocondrie lui pourrit la vie, et il est persuadé par exemple que ses angoisses vont se transformer en crise cardiaque, d'où ses fréquents rendez-vous chez le médecin. Un jour, il va rencontrer et tomber amoureux d'une femme incarnée par Mariann Rudberg, mais il est si inquiet pour sa santé qu'il a peur de s'engager...

D'une certaine façon, ce Lasse est un Woody Allen avant l'heure, qui a peur de tout, mais surtout des responsabilités, et s'il peut paraitre facilement irritant, il veut essayer de s'en sortir, de guérir en quelque sorte de ses idées noires, notamment un voyage qu'ils font tous les deux en Tunisie, mais rien n'y fait ; quand ça n'est pas son cœur, c'est son intestin qui lui fait des siennes. Mais tout est dans sa tête, car lors des scènes où il rencontre des docteurs, ils semblent lassés de le voir, à répéter à chaque fois qu'il va parfaitement bien, que ses palpitations sont dues à du stress, ce qui arrive à tout le monde de sain, et sa compagne, jouée par Mariann Rudberg est carrément son opposé, solaire, joyeuse, qui a une bonne situation chez Ikea ©, qui veut s'engager avec ce type, qui n'a pas grand chose pour lui au fond.
J'avoue mon ignorance en terme de films suédois, si on excepte bien entendu la forêt Ingmar Bergman, mais ça donne quelque chose de très sympa, avec une lumière assez faible comme s'il ne faisait jamais jour, et deux acteurs que je trouve très bons, car ils sont carrément des opposés, mais qui vont finir par s'assembler.

D'ailleurs, 1975 et Suède oblige, on entend bien entendu du Abba dans une scène de boite de nuit, où on voit ce pauvre Lasse se faire draguer par des femmes qui le ramènent chez lui... et qui n'est bon à rien tant il est stressé ! Excepté cette photo assez particulière, le film n'a rien de spécialement suédois, mais il est bourré de charme.
User avatar
Jack Carter
Certains l'aiment (So)chaud
Posts: 24153
Joined: 31 Dec 04, 14:17

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by Jack Carter »

Image
Image
User avatar
Boubakar
Mécène hobbit
Posts: 49592
Joined: 31 Jul 03, 11:50

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by Boubakar »

Je vais regarder dans la journée Am-stram-gram : même si c'est la jungle pour trouver ces films suédois sur Netflix, c'est une bonne nouvelle pour défricher un cinéma inconnu pour la plupart, si on excepte bien entendu Bergman ou quelques noms.
User avatar
Supfiction
Howard Hughes
Posts: 17449
Joined: 2 Aug 06, 15:02
Location: Have you seen the bridge?

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by Supfiction »

Cette arrivée massive du cinéma suédois sur Netflix du jour au lendemain est assez déroutante. Sans repères, c’est un peu comme balancer un gamin de 10 ans dans une médiathèque. Si y a pas un ou deux Disney ou un guide, il risque de finir prostré au milieu.
Last edited by Supfiction on 20 Apr 21, 11:53, edited 1 time in total.
User avatar
Jack Carter
Certains l'aiment (So)chaud
Posts: 24153
Joined: 31 Dec 04, 14:17

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by Jack Carter »

Supfiction wrote: 20 Apr 21, 11:51 Cette arrivée massive du cinéma suédois sur Netflix du jour au lendemain est assez déroutante. Sans repères, c’est un peu comme balancer un gamin de 10 ans dans une médiathèque.
tellement vrai :mrgreen:
Image
User avatar
beb
Machino
Posts: 1341
Joined: 18 Oct 08, 20:19

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by beb »

Jack Carter wrote: 7 Apr 21, 14:36 Telerama conseille 5 films, je vous mets l'article en integralité car reservé aux abonnés

“Les Filles” (1968), de Mai Zetterling
2T

Voilà un film que la légende place dans le panthéon de Simone de Beauvoir, rien que ça. Ce véritable manifeste féministe s’accompagne d’un casting exceptionnel, où plane la figure tutélaire d’Ingmar Bergman : Mai Zetterling à la réalisation et côté actrices – excusez du peu – Bibi Andersson, Harriet Andersson ou encore Gunnel Lindblom ! Ne manque que Liv Ullman… Cette libre adaptation du Lysistrata d’Aristophane, constamment inventive, maîtrisée, est traversée par tous les vents de la fronde mais aussi par les doutes légitimes : le bruit, les pensées, les cris viennent toujours contaminer le plan pour manifester les contradictions, les écartements, les luttes et les petites victoires sur le patriarcat. D’une infinie douceur foutraque, la charge, joyeuse, émouvante, est d’une vigoureuse modernité, et trouve dans ce temps post-#MeToo un écho franchement salutaire.
Je découvre que Mai Zettermling est une femme, réalisatice et actrice, et qu'en plus je l'ai vu dans plusieurs films (le dernier était Tourments de Alf Sjoberg), mais je n'avais jamais retenu son nom. Les filles est un film sur 3 amies actrices qui démarrent une tournée en Suède avec une pièce d'Aristophane qui leur fait prendre conscience de leur statut de femmes ce qui les incitent à se rebeller contre leur mari et les hommes en général. La distribution est formidable comme le dit Télérama, avec notamment Harriet Anderson que je trouve magnifique comme toujours. Le film a du etre vu comme très iconoclaste à l'époque, mais aujourd'hui il parait bien sage. La forme est très originale avec une alternance de scènes de théatre, de discussion avec leur mari et des scènes plutot amusantes de rébellion dans la société. J'ai quand meme trouvé que le film se répète au bout d'un moment et se met à tourner en rond. Mais malgré tout le film a du charme et se regarde avec plaisir, au moins pendant une bonne heure.
User avatar
Commissaire Juve
Charles Foster Kane
Posts: 23211
Joined: 13 Apr 03, 13:27
Location: Aux trousses de Fantômas !

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by Commissaire Juve »

En ce moment, j'ai un peu de temps pour voir les 19 films suédois que j'ai reçus le 25 janvier.

Avant-hier, je me suis fait un film sympa de 2016.
Tout à l'heure, j'ai découvert Un crime au soleil (1947)

Image

Brott i sol / Un crime au soleil (1947)

A la fin des années 40, un jeune homme s'en revient dans sa belle propriété après avoir passé six ans dans un asile psychiatrique. Tout semble aller pour le mieux. Mais ça ne dure pas. Au bout de quelques heures, son jardinier -- à qui il a donné la permission de déraciner un petit sapin crevé à quelques dizaines de mètres de la maison -- découvre un squelette dans le sol ! Les hommes fouillent, cherchent des indices, et finissent par découvrir une montre sur laquelle est gravé le prénom du mort ! Effroi du jeune homme qui se met à repenser à une soirée passée six ans plus tôt, au même endroit, avec cinq amis...

Avec Birger Malmsten (Harry, le jeune homme), Margareta Fahlén (Eva), Gunnel Broström (Marguerite), Curt Masreliez, Ulf Palme et Jan Molander.

En très bref : un play-boy désagréable (Curt Masreliez) a trouvé la mort, chacun des cinq autres individus présents avait une bonne raison de lui faire sa fête, lequel est coupable ?

C'est un whodunit de série. Ce n'est pas follement enthousiasmant, mais pas désagréable... On pense vite à une recette "à la Agatha Christie" et à la possibilité de deviner l'identité du coupable avant la fin, mais les scénaristes se sont amusés à brouiller les cartes et -- je l'avoue -- je me suis fait avoir ! :mrgreen:

Un truc m'a amusé : le look Jeanne Crain (celle de "Péché mortel" - 1945) donné à Margareta Fahlén (qui n'a fait qu'une vingtaine de films, que j'avais déjà vue dans deux autres films, mais que j'avais oubliée). Elle a à peu près la même coupe, les mêmes vêtements, elle lui ressemble un peu, c'est rigolo.

Truc pénible : l'utilisation à outrance d'un thème musical pour piano et orchestre dans la première moitié du film... à un moment, Birger Malmsten prend quelques très longues secondes (je n'ose pas dire minutes) pour nous le jouer en long et en large, et on finit par demander "grâce".
La vie de l'Homme oscille comme un pendule entre la douleur et l'ennui...
User avatar
Boubakar
Mécène hobbit
Posts: 49592
Joined: 31 Jul 03, 11:50

Re: Le cinéma suédois naphta... à part Bergman

Post by Boubakar »

Boubakar wrote: 20 Apr 21, 11:48 Je vais regarder dans la journée Am-stram-gram
Ma critique :

Un instituteur a du mal à se faire respecter dans sa classe. Il semble ne plus aimer son métier, sa vie privée part à vau l'eau, on le sent brisé, jusqu'à l'irréparable.

Am-Stra-Gram (et non Instagram) est le deuxième film réalisé par Jan Troell, et fut récompensé d'un Ours d'Or Berlin en 1968. Il montre le quotidien d'un homme dont les collégiens qu'il s'occupe (car il doit enseigner toutes les matières) sont clairement montré comme insolents, qui lui répondent, et dont celui-ci, quand l'autorité en tant qu'instituteur et/ou adulte ne suffit plus, leur crie dessus, voire leur flanque des baffes. On sent qu'à chaque fois qu'il va au collège, il n'a pas l'air heureux, excédé par le bruit des pupitres, des pas dans les couloirs, des cris, et c'est clairement un homme dépressif, que joue très bien Per Oscarsson. On le voit grâce à ces trouvailles que sont l'image qui se déforme parfois ou filmée en grand angle, car plus ça va, plus le film procure au fond une sorte de malaise, car l'espoir n'est guère permis.
Il y a une scène qui résume tout, qui est la confrontation entre les parents d'élèves et cet instituteur, parce que celui-ci a giflé un élève rebelle : il y a le camp de ceux qui trouvent ce geste scandaleux et d'autres qui disent que ça ne peut pas lui faire de mal d'avoir manqué ainsi de respect, le tout dans un brouhaha indescriptible où Per Oscarsson semble totalement ailleurs, perdu entre les diverses personnes qui s'engueulent.

C'est clairement une vision de l'éducation d'une grande noirceur, y compris à la fin lors d'un voyage scolaire au bord de la mer. Dans ce filmage en noir et blanc, Am-stram-gram fait un peu penser au Free cinema dans le sens où c'est totalement naturaliste, et qui ne donne pas envie d'être instituteur. Mais tant que ça donne un film aussi réussi...
Si, au 1er Janvier, on m'avait dit que je me passionnerais pour le cinéma suédois, je ne l'aurais pas cru :lol: !
Last edited by Boubakar on 27 Apr 21, 11:08, edited 1 time in total.