Gilles Grangier (1911-1996)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

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Un Cave - 1971


Condamné à deux ans de prison pour petites escroqueries, Granier (Claude Brasseur) est considéré par ses co-détenus comme un ‘cave’, un petit ‘criminel’ sans envergure qui ne rêve désormais que de se ranger et de reprendre une vie ‘pépère’. Son compagnon de cellule est en revanche un dangereux meurtrier, Marcel Laigneau dit ‘Marcel le dingue’ (André Weber), avec qui il s’est lié d’amitié. Sachant que Granier doit bientôt être libéré, Marcel lui fait promettre de l’aider à s’évader. Retourné à la vie civile, Granier reprend une vie sans histoires d’ouvrier d’usine mais tient néanmoins sa parole et participe à l’évasion de Marcel ; celle-ci tourne assez mal puisque le caïd est grièvement blessé. Granier n’est pas au bout de ses peines puisque non seulement il doit planquer le criminel mais ce dernier lui demande également de reprendre contact avec son complice du dernier casse qui lui avait rapporté 2 millions de francs qui n’ont jamais été retrouvés. Le 'cave' décide alors d’essayer de manipuler tout le monde afin de récupérer le magot…

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Adolescent, grandement influencé par mes lectures de revues de cinéma de l’époque, je considérais alors moi aussi Gilles Grangier comme un vulgaire tâcheron, le dénigrant gratuitement mais prenant néanmoins un certain plaisir à visionner Un Cave à la télévision en Prime Time un soir de juin 1979. L’effet madeleine de Proust jouant assez puissamment sur moi, la nostalgie 70 aidant, je me décidais donc à le revoir 40 ans après, surtout qu’entre temps et en y regardant de plus près, j’en étais arrivé à la conclusion que ce réalisateur français s’avérait être somme toute un excellent artisan qui se mettait totalement au service de ses scénaristes et de ses acteurs. Quand le script était minable, Grangier ne pouvait pas faire grand-chose (le catastrophique La Vierge du Rhin) ; quant au contraire on lui donnait à filmer de bons scénarios -notamment des adaptations de romans de Simenon-, le plaisir était très souvent de la partie. Il en était ainsi de films tels les excellents Gas-oil, Le Sang à la tête ou Le Rouge est mis, tous trois avec Jean Gabin –son acteur de prédilection-, du cinéma de divertissement de bien belle tenue !

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Du cinéma ‘de papa’ très traditionnel mais des films tout à fait efficaces dans la conduite de leurs récits et leurs directions d'acteurs comme l’est également -certes à moindre niveau- cette petite comédie policière de fin de carrière qu’est Un Cave (Grangier ne réalisera ensuite plus qu'un seul film pour le grand écran). Le scénario signé Albert Simonin (Touchez pas au grisbi, Mélodie en sous-sol, Le Cave se rebiffe, Les Barbouzes...) narre l’histoire assez savoureuse d’un petit malfrat de qui personne ne se méfie faute à sa ‘stature’ de cave totalement inconséquent et qui grâce à ce relatif anonymat va pouvoir flouer tout son monde, aussi bien les gros truands à qui il va accaparer un gros butin que la police qui le laissera tranquillement faire, ne croyant pas un seul instant à sa participation dans toutes les affaires (évasion, vol, meurtre...) qui se déroulent sous ses yeux. En effet, étant considéré comme un escroc naïf et inoffensif rentré dans le rang et n'ayant jamais partagé les valeurs du 'milieu', les autorités policières et judiciaires ne s’en méfient pas une seule seconde, le seul le soupçonnant d’être de mèche avec le criminel évadé étant un agent trop timoré pour être écouté par ses supérieurs qui au contraire le renvoient constamment dans les cordes, le personnage interprété par un Jacques Balutin assez inénarrable.

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Il ne faut surtout pas s’attendre à un rythme d’enfer, à de grosses surprises scénaristiques ou à une quelconque géniale idée de mise en scène, mais à partir du moment où nous en sommes avisés, on pourra fort raisonnablement suivre ce petit polar sans prétentions avec un certain plaisir nostalgique, le film non dénué d’ironie se révélant gentiment amoral ainsi que fort charmant à postériori par son côté assez vieillot dans sa réalisation et son esthétisme. Le duo formé par Claude Brasseur et Marthe Keller fonctionne plutôt bien, l’actrice ne manque pas de charme, le choix des seconds rôles est assez sympathique -Paul Le Person, Pierre Tornade ou Robert Dalban-, l’humour et la légèreté sont de la partie –notamment au travers le personnage de flic interprété par Jacques Balutin- et les dialogues de Albert Simonin ne manquent pas de mordant ni de piquant même si certaines répliques feront peut-être aujourd’hui un peu grincer des dents chez certaines associations féministes. L'auteur brosse par ailleurs un portrait très sympathique de ce petit malfrat plus malin qu’il n’y parait et qui, profitant de la vanité ou de l’incompétence de tout un chacun, parviendra à s’en tirer à très, très bon compte ! Une histoire classique, fluide et plutôt bien écrite malgré pas mal de grosses invraisemblances sans grande importance vu le ton d'ensemble du film.

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Pour aider à rendre le tout agréable, le film bénéficie d’une musique aux thèmes sacrément entêtants signés Alain Le Meur, le même compositeur qui écrira le célèbre générique -toujours pour Gilles Grangier- du très bon feuilleton familial d’après Jules verne, Deux ans de vacances. Ici dans Un cave et d’une manière assez réjouissante, à la fin de cette comédie policière sans grande envergure mais jamais ennuyeuse, ‘l’amorale’ est sauve !
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Kevin95
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

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LE DÉSORDRE ET LA NUIT (Gilles Grangier, 1958) découverte

Ce n'est pas un polar à la papa, c'est autre chose. Le cadavre d'Hanin est un prétexte, un MacGuffin comme dirait Alfred pour amener Gabin sur une pente dangereuse. Pas de revolver, pas de flic ou voyou, pas de descente de poulets ou alors pour un simple contrôle d'identité. Rien de tout cela, juste la nuit, les bars vides ou les boites pleines, les noceurs ridicules et les chanteuses à la voix chaude, un flic sans grandes ambitions et une petite allemande de moitié moins son âge (mais tout aussi paumée).

Grangier à la réal et Audiard aux dialogues, on aurait pu croire à une film décontracté mais c'est oublier que les deux ont aussi commis le déprimant Le Sang à la tête. Gabin qui n'est pas (encore) dans ses chaussons, joue les flics lambdas, qui ne dit pas oui ni non mais "pourquoi pas" en trainant les pieds. Seul moment de vie, une chanson de sa protégée éclairée par une lampe qui ne tient pas en place et qui montre à la fois l'humanité et la monstruosité de ces deux amants. Darrieux est de cette fête triste, ses face-à-face avec Jeannot sont du caviar jusqu'à la terrible scène finale. Y'a pas a dire, les grands acteurs ça fait tout le boulot.

Quelques bons mots (Audiard reste Audiard) mais c'est un sentiment de grisaille qui plane, comme un avant-gout des rapports tendus entre flic et prostituée de Max et les Ferrailleurs de Sautet. C'est du lourd.
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)
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Boubakar
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

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Jeremy Fox wrote:La Vierge du Rhin 1953
Jeremy Fox wrote:Quand le scénar est minable, Grangier ne peut rien faire...
...En voilà un bon exemple. Quand en plus, le réalisateur est incapable de diriger ses acteurs, le résultat est assez catastrophique ; seul Jean Gabin, égal à lui-même, se tire de ce mauvais pas. Et pourtant le début, avec de très beaux plans de chantiers navals et une plaisante (quoique très brève) description de la vie à bord d'une péniche, laissait présager un bon film d'atmosphère à la Gas-oil, les navigateurs fluviaux remplaçant les routiers. Mais la voix-off est immédiatement insupportable et dès que l'intrigue policière vient se greffer dessus, le scénario et les dialogues deviennet foncièrement ridicules, du mauvais théâtre joué comme tel par des interprètes qui récitent sans conviction un texte plus que médiocre. Grosse déception.

Pour info, le son du DVD est très pénible à cause d'un bourdonnement continuel assez fort et sourd.
Merci à toi pour confirmer ce bruit, qui devient pénible le long de la projection :|
Quant au film, à part Gabin, pas grand-chose à sauver...
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Commissaire Juve
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

Post by Commissaire Juve »

Marrant. "La Vierge du Rhin", j'aime beaucoup. La confirmation que les bons plans des uns sont les mauvais coups des autres.
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Profondo Rosso
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

Post by Profondo Rosso »

Le Désordre et la nuit (1958)

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Albert Simoni est le propriétaire de L'Oeuf, boîte de nuit parisienne aux activités interlopes. Une nuit, il est mystérieusement assassiné, et l'inspecteur Valois est chargé de l'enquête. Il fait alors la rencontre de Lucky, jeune toxicomane, avec laquelle il passe la nuit...

Le Désordre et la nuit est le second film en commun de Jean Gabin et le réalisateur Gilles Grangier (après une première collaboration sur La Vierge du Rhin (1953) dont la réussite entérinera leur fructueuse association (une douzaine de film dont les populaires Le Cave se rebiffe, Gas-oil, Le Rouge est mis, Archimède le clochard, Le Gentleman d’Epsom…). C’est également le film de la rencontre entre Jean Gabin et Michel Audiard par l’entremise de Grangier, le scénariste/dialoguiste devenant également un collaborateur indissociable de la seconde carrière de Gabin. Tous ces talents sont donc au service d’un film noir singulier. La fatalité typique du genre semble frapper tous les personnages dans des choix discutables. Ces passions semblent se manifester (comme le titre du film le résume si bien) dans le cadre essentiellement nocturne du récit, une atmosphère où toute réflexion, prudence et demi-mesure s’estompent pour un abandon périlleux. L’introduction nous y prépare en illustrant symboliquement cette atmosphère par les danses de cabaret frénétiques et tribales, puis par les différents conflits sentimentaux qui s’amorcent et conduisent au meurtre d’Albert Simoni (Roger Hanin). Ainsi tous les personnages sont marqués par des fêlures qui se révèlent en amont (les problèmes d’alcool et la solitude de Gabin évoqués par ses supérieurs avant son apparition effective), éclatent dans toute leur noirceur ave la toxicomanie de Lucky (Nadja Tiller) où s’inscrivent dans le coup de théâtre finale pour la pharmacienne suspecte jouée par Danielle Darrieux.

En confrontant leurs maux à cette nuit interlope et oppressante, chacun des héros basculent dans un abandon inconsidéré qui les détache de leur fonction, environnement ou milieu social. La surprise est ainsi grande de voir Gabin (tout en maintenant sa persona bourrue et dure cuire) tomber amoureux d’une suspecte junkie et prostituée, cette dernière par sa nature autodestructrice et la fange où elle se perd contredisant ses origines aristocratiques. Finalement la résolution policière importe peu (et sera prétexte à une même réflexion de cette perdition passionnée et nocturne quand le coupable sera démasqué) et si l’ambiance du film peut par intermittence évoquer Razzia sur la schnouf de Henri Decoin (1955), la profonde humanité et empathie qu’amène Gilles Grangier emmène le film vers autre chose que le seul polar. L’ivresse des cabarets ou les néons de la ville sont des leurres dans lesquels se perdre, les ruelles désertes et les chambres d’hôtel sinistres ramènent à la douloureuse solitude. La fragile romance entre Valois ((Jean Gabin) et Lucky éclaire tout cela par intermittence, mais la lumière du bonheur possible n’est qu’un espoir entraperçu dans les évocations de la fameuse maison de banlieue, le jardin et le cerisier bien loin de ces nuits interlopes et dangereuses. Les dialogues de Michel Audiard savent se faire percutants tout en soulignant cette mélancolie ambiante, l’auteur ayant mis de côté l’aspect purement jubilatoire de ses saillies qui aura cours notamment dans Le Cave se rebiffe. Belle réussite ! 4,5/6
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Jeremy Fox
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

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Commissaire Juve
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

Post by Commissaire Juve »

... le catastrophique La Vierge du Rhin)
J'ai déjà dû l'écrire, mais pas du tout d'accord ! C'est encore l'illustration que les bons coups des uns sont les mauvais plans des autres (c'est comme Tavernier qui est capable de dire du bien de Tricoche et Cacolet... A ce compte-là, j'affirme que La Vierge est un Gabin original et tout à fait goûteux).

EDIT : il ne fallait pas chercher loin ! :lol: (24 septembre 2017)
Commissaire Juve wrote:Marrant. "La Vierge du Rhin", j'aime beaucoup. La confirmation que les bons plans des uns sont les mauvais coups des autres.
Et je me suis répété en inversant "plans" et "coups". :uhuh:
La vie de l'Homme oscille comme un pendule entre la douleur et l'ennui...
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

Post by Sybille »

J'avais plutôt bien apprécié La vierge du Rhin (vu en 2012). Je ne me souviens plus de l'histoire, mais le film ne m'avait pas semblé avoir quoi que ce soit de déshonorant ou grotesque. D'ailleurs ça me rappelle que j'avais été frappée par le personnage de la secrétaire, interprétée par Andrée Clément - j'avais fait une recherche à l'époque et appris qu'elle était morte de la tuberculose peu après le film (son dernier) à 35 ans.
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Jeremy Fox
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

Post by Jeremy Fox »

Jeremy Fox wrote:Image

Le Sang à la tête 1956

Belle découverte hier soir d'une très bonne adaptation d'un roman de Simenon avec un Gabin vraiment excellent. Le film date de 1956 et je commence à réévaluer Gilles Grangier que je cassais souvent à tort par le passé. En fait, il s'agit d'un excellent artisan qui se met totalement au service du scénario et des acteurs. Quand le scénar est minable, Grangier ne peut rien faire, quand il est excellent, le plaisir est de la partie.

Comme quoi une bonne histoire de départ (un Simenon bonne cuvée), un dialogue réjouissant de Audiard (sans trop de mots d'auteur cependant), une mise en scène au service de l'histoire et une interprétation à la hauteur peuvent faire d'un petit film un excellent moment de cinéma.

Belle découverte : Simenon a vraiment eu beaucoup de chance avec le cinéma ; il faut dire que son style littéraire est très cinématographique au départ.

Belle découverte en 2003 ; petit chef d’œuvre 16 ans plus tard. Rarement Audiard n'a été à mon avis meilleur, la description du petit microcosme de La Rochelle est savoureux à souhait et Gabin est magistral. Encore plus apprécié que la première fois.
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John Holden
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

Post by John Holden »

Comme ça, on apprend que tu cassais du Grangier ? Petit chenapan !
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Jeremy Fox
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

Post by Jeremy Fox »

John Holden wrote:Comme ça, on apprend que tu cassais du Grangier ? Petit chenapan !

J'étais très influençable à l’époque :oops: Et il faut dire que les critiques n'étaient pas tendre avec Grangier.
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John Holden
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

Post by John Holden »

Jeremy Fox wrote:
John Holden wrote:Comme ça, on apprend que tu cassais du Grangier ? Petit chenapan !

J'étais très influençable à l’époque :oops: Et il faut dire que les critiques n'étaient pas tendre avec Grangier.
Pas faux. Tu m'as donné envie de le revoir en tout cas.
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

Post by onvaalapub »

Excellent film. Oui ça donne envie de le revoir et pourquoi pas en HD ? :idea:
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Jeremy Fox
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

Post by Jeremy Fox »

jean56
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Re: Gilles Grangier (1911-1996)

Post by jean56 »

une sortie de ce film en blue ray serai prevu pour juin 2021, esperons que ce soit vrai, la scene du cheminement du gmc a du aussi etre tournee pres d'almeria, le gmc aurait pu etre remplace par un camion plus moderne un reo m 35 ou un international harvester m 54, la scene finale ou jean marais et jean lara descendent la colline a peut etre ete tournee a palma de majorque car on voit la mer au loin ou un lac, quelques scene du film que l'on pouvait voir sur you tube on ete suprime, probablement a la demande du proprietaire des droit du film, domage, vu que le film est tres peu rediffuse