Howard Hawks (1896-1977)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Roilo Pintu
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by Roilo Pintu »

Alexandre Angel wrote:
Roilo Pintu wrote:La Terre des Pharaons (Howard Hawks - 1955)
Je ne saurais que te conseiller de te procurer en poche le livre cocasse et spirituel que Noel Howard, réalisateur de 2ème équipe, a écrit sur le tournage de ce péplum et qui s'intitule Hollywood-sur-Nil :wink: .
Genial, merci du conseil, je vais me l'acheter. :wink:
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Jeremy Fox
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by Jeremy Fox »

Swashbuckler nous invite à redécouvrir dès ce mercredi La Rivière rouge de Howard Hawks.
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Sybille
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by Sybille »

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The crowd roars / La foule hurle
Howard Hawks (1932) :

Je connais très mal le Hawks des années 1930 mais "The crowd roars" en semble un bon spécimen. A vrai dire, je n'attendais rien de ce film, n'en ayant jamais (ou il y a très longtemps) entendu parler. C'est une bonne surprise. On y retrouve en particulier rien moins que James Cagney, Ann Dvorak et Joan Blondell, tous trois dans leur style de personnages habituels, fonceurs, désinvoltes, affirmés. Nombre d'éléments constitutifs de la filmographie de Hawks sont également présents, tels le milieu très masculin, intrépide et dangereux des courses automobiles, la rivalité fraternelle entre deux hommes, cette sorte de passage de témoin entre deux quasi générations. La mise en scène est dynamique avec mention spéciale au spectacle de voitures, très bien filmé avec également une bande sonore réussie. Le réalisateur multiplie toutes sortes de prises de vues pour rendre ces séquences les plus téméraires possibles. La caractérisation des personnages n'est pas en reste car si le scénario reste simple, ils parviennent à nous émouvoir, nous faire ressentir leurs espoirs et désarrois, leurs peines et enthousiasmes. Il y a comme souvent ce mélange de forfanterie et de pudeur propre à Hawks, qui donne à ses oeuvres un ton extrêmement reconnaissable et plaisant, même si je n'y suis pas la plus sensible. Je me rends compte que je n'ai jamais inclus Hawks parmi mes réalisateurs favoris, même si j'ai souvent une (très) bonne opinion de ses films. Quoiqu'il en soit, je recommande "The crowd roars" qui représente déjà très bien l'oeuvre du cinéaste en plus de témoigner, même si de façon idéalisée, d'une époque et des habitants d'un pays. 7/10
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Miss Nobody
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by Miss Nobody »

Spike wrote: 19 Jun 10, 11:23
M le maudit wrote:J'ai vu hier To Have and Have Not et je dois avouer ma déception globale. Après avoir adoré "The Big Sleep", je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus marquant, mais je n'ai trouvé qu'un émule inférieur de "Casablanca". Le charme de Lauren Bacall ne m'atteint pas du tout et le personnage du vieil alcoolique m'agaçait. Bogart, ça reste Bogart, mais même lui n'y est pas particulièrement mémorable...


Le port de l'angoisse est une adaptation du roman En avoir ou pas d'Ernest Hemingway (que je n'avais pas lu à l'époque où j'ai vu l'adaptation cinématographique). Le film ne reprend en réalité que le premier chapitre (les premières pages sont retranscrites très fidèlement à l'écran - dont la partie de pêche avec ce qui constitue sans aucun doute l'une des pires techniques qui soit : filmer d'un côté les comédiens sur le bateau et, de l'autre, la mer et un poisson gigotant dans un bassin... :? ) et non le reste, ce qui est bien dommage : en transposant l'histoire pendant la Seconde Guerre mondiale et en dépeignant le personnage de Bogart comme un homme réticent à s'engager dans le conflit, le scénariste transforme l'histoire en sous-Casablanca. Expurgée de ses péripéties, l'intrigue n'offre plus grand-chose à se mettre sous la dent. Pour moi, le film ne vaut qu'à titre anecdotique, pour la naissance du couple Bogart-Bacall (dont les personnages disposent tout de même de quelques échanges savoureux).
J'ai enfin découvert le film et je rejoins à regret le camp des déçus.
Je quote de vieux messages qui résument bien mon avis.

On ne retiendra bien du film que ce couple mythique qui se formait alors. Les yeux charmeurs de Lauren Bacall, d’humeur décidément allumeuse, sa voix caverneuse (Am I blue?) et les sourires en coin d'Humphrey, marin solitaire pris au piège de l'amour. Tout l'emballage autour se fera oublier - à commencer en effet par un scénario particulièrement faiblard compte tenu du pedigree des auteurs convoqués (Hemingway, Faulkner...).

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John Holden
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by John Holden »

Alors je vous conseille à tous, si vous parvenez à mettre la main dessus (il est programmé de temps à autre sur TCM) de voir Trafic en haute mer (The breaking point, réalisé de main de maître par Michael Curtiz en 1950. John Garfield et Patricia Neal y sont épatants de justesse.
J'en avais tapé quelques mots ici.
La version de Siegel avec Audie Murphy (The Gun Runners), quand à elle, n'a pas grand intérêt.
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Alexandre Angel
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by Alexandre Angel »

John Holden wrote: 22 Dec 20, 14:46 Alors je vous conseille à tous, si vous parvenez à mettre la main dessus (il est programmé de temps à autre sur TCM) de voir Trafic en haute mer (The breaking point, réalisé de main de maître par Michael Curtiz en 1950. John Garfield et Patricia Neal y sont épatants de justesse
...et avec un plan final (sur lequel s'inscrit The End) qui m'avait bouleversé, ce qui est très rare, pour ne pas dire inédit chez moi, avec les ultimes plans des films américains de l'âge d'or (l'émotion se situe avant, ou ailleurs). C'est encore plus fort, dans mon souvenir, que la célèbre fin d' Asphalt Jungle.
Très bon conseil, John.

Par contre, je vais revoir Le Port de l'Angoisse, qui s'en prend plein la gueule pour pas un rond :mrgreen: et que je considère comme un grand film même si rien n'est indéboulonnable.
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by kiemavel »

Alexandre Angel wrote: 22 Dec 20, 16:19
John Holden wrote: 22 Dec 20, 14:46 Alors je vous conseille à tous, si vous parvenez à mettre la main dessus (il est programmé de temps à autre sur TCM) de voir Trafic en haute mer (The breaking point, réalisé de main de maître par Michael Curtiz en 1950. John Garfield et Patricia Neal y sont épatants de justesse
...et avec un plan final (sur lequel s'inscrit The End) qui m'avait bouleversé, ce qui est très rare, pour ne pas dire inédit chez moi, avec les ultimes plans des films américains de l'âge d'or (l'émotion se situe avant, ou ailleurs). C'est encore plus fort, dans mon souvenir, que la célèbre fin d' Asphalt Jungle.
Très bon conseil, John.

Par contre, je vais revoir Le Port de l'Angoisse, qui s'en prend plein la gueule pour pas un rond :mrgreen: et que je considère comme un grand film même si rien n'est indéboulonnable
Je préfère aussi très nettement la version Curtiz. Par contre, je ne méprise pas celle de Siegel même si je dois faire partie de la petite minorité à lui trouver des qualités (j'adore le couple principal du film ; le couple marié je précise :uhuh: ) mais John Holden n'est donc pas le seul à le trouver de peu d'intérêts puisque je crois même que Bruce avait détesté. J'avais parlé du film ici : https://www.dvdclassik.com/forum/viewto ... 7#p2303837 (manque toutes les captures mais j'ai la flemme de les remettre en place sur ces vieilles présentations)
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Alexandre Angel
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by Alexandre Angel »

kiemavel wrote: 22 Dec 20, 19:28 Je préfère aussi très nettement la version Curtiz.
Moi non. Je pense déjà qu'elles n'ont rien à voir. Hawks en fait ce qu'il veut de ce roman (ce qui n'est pas forcément un argument en faveur du film). Il y a presque aussi peu de rapport entre le film et le bouquin qu'entre Le Rayon vert de Rohmer et le roman éponyme de Jules Verne.
Mais ce qui me gêne dans les critiques lues ci-dessus, c'est qu'elles semblent ignorer (no offence, hein :mrgreen: ) ce qui fait la substantifique moelle du style d'Howard Hawks : cette décontraction, ce swing, ce goût d'une communauté d'hommes et de femmes qui sont sur la même longueur d'onde, et travaillent de concert à leur bonheur de s'épanouir dans l'action.
Un sous-Casablanca ?
Malgré tout le respect et le plaisir que je dois à ce classique de Curtiz, Casablanca et To have and have not, c'est un peu Salieri et Wolfgang Amadeus... Il y en a un qui domine l'autre fingers in the noose.
C'est malin, maintenant je n'ai qu'une idée : le revoir.
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by kiemavel »

Alexandre Angel wrote: 22 Dec 20, 21:05 Un sous-Casablanca ?
Malgré tout le respect et le plaisir que je dois à ce classique de Curtiz, Casablanca et To have and have not, c'est un peu Salieri et Wolfgang Amadeus... Il y en a un qui domine l'autre fingers in the noose.
Les deux versions n'ont effectivement pas grand-chose à voir, je suis d'accord. Et comme toi, je ne pige pas la comparaison avec Casa.
Cela dit, comme tu en parles, j'ai l'impression que c'est surtout en raison de la nature des relations Homme/femme tel que les représentent Hawks par rapport au romantisme de Curtiz que tu dis préférer à ce point là un film par rapport à l'autre. Si c'est bien ça, je comprends ( mais ne partage aucunement). Par contre, tu y vas fort (Amadeus V/s Salieri) pour quelqu'un qui appelait un interlocuteur à la mesure il n'y a pas si longtemps :wink: J ' t'en foutrais du Casablanca de Salieri, jeune provocateur :uhuh:
Plus sérieusement, ce que tu identifies comme une ligne de force de Hawks est très juste mais en ce qui me concerne parfois je marche très bien (Wayne-Dickinson ; Grant-Arthur ...) parfois moins. Le couple Bogart/Bacall ne me fascine pas tellement ... ce qui pourrait me faire du tort si je jouissais d' un peu de crédit par ici, même sur mon sujet de prédilection (sur ce forum).
Tiens, c'est dans ces moments que tu regrettes (en tout cas moi je le regrette) que le sujet sur " le ciné club virtuel " n'ait pas pris : 1ère semaine : Salieri. 2ème semaine : Amadeus ... 3ème semaine : RDV dans un petit bois de région parisienne pour régler ça à l'ancienne :wink:
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Alexandre Angel
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by Alexandre Angel »

kiemavel wrote: 22 Dec 20, 21:46 Les deux versions n'ont effectivement pas grand-chose à voir, je suis d'accord. Et comme toi, je ne pige pas la comparaison avec Casa.
Attention, je parle de The Breaking Point et To have and have not : les deux versions du roman d'Hemingway.

Salieri, Mozart, c'est une façon (certes un peu provocatrice :mrgreen: ) de dire que le To have and have not de Hawks est une variation insolente sur les motifs de Casablanca, c'est Rio Bravo qui vient après Le Train sifflera trois fois. C'est le génie ironique qui passe après la perfection artisanale.
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John Holden
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by John Holden »

En fait tout est relatif, je me suis mal exprimé, quand je dis que la version Siegel n'a pas grand intérêt, je plaçais juste le curseur en fonction de ses deux illustres et talentueux prédécesseurs. Je lui ai d'ailleurs mis un honorable 6.5 le mois dernier, si tant est que cette note signifie quelque chose. :mrgreen:
Et d'accord avec toi pour souligner la crédibilité du couple Audie Murphy/ Patricia Owens, face à Gita Hall, même si à mon goût, la canaillerie de Patricia Neal a davantage de légitimité dans le déroulé du récit, ne serait ce que pour justifier la conduite de John Garfield.
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by kiemavel »

Alexandre Angel wrote: 22 Dec 20, 21:58 Attention, je parle de The Breaking Point et To have and have not : les deux versions du roman d'Hemingway.

Salieri, Mozart, c'est une façon (certes un peu provocatrice :mrgreen: ) de dire que le To have and have not de Hawks est une variation insolente sur les motifs de Casablanca, c'est Rio Bravo qui vient après Le Train sifflera trois fois. C'est le génie ironique qui passe après la perfection artisanale.
C'est bien ce que j'avais compris.
Pour le reste, je crois saisir ce que tu veux dire mais la variation est "insolente" - si tu veux - mais c'est la nature encore une fois de la relation entre les deux personnages principaux qui déterminent ce ton " ironique ". J'en reviens à ça mais déjà dans un cas tu as un couple qui se retrouve et se trouve déjà en état de "dépendance " (Rick, cette relation passée l'a miné) et dans l'autre un homme et une femme qui se découvrent un égal "en indépendance "
Après, on peut trouver qu'une relation amoureuse si différente détermine un type de récit plus intéressant dans un cas que dans l'autre mais pas forcément un film supérieur à l'autre. Moi, l'un me touche infiniment. Dans l'autre, j'observe la relation des deux personnages comme j'observerai à la jumelle deux flamants roses faisant une parade nuptiale sur un lac (j'ai le sens de la parabole navrante)
Si ce que tu dis va bien au-delà de cette question du couple, explique-moi ce que tu veux dire avec ce parallèle que tu établis avec Le train ... et Rio Bravo, le parallèle sur ce point tu le fais à propos du rôle du personnage principal dans les événements du temps, et donc en revenant à l'arrière-plan historique, la seconde guerre mondiale et la résistance ? Si c'est ça, honnêtement il y a trop longtemps que j'ai vu ces films pour en parler plus finement :wink:
Par contre, je vais quand même me resservir un Bourbon au cas où tu repasses (ah ben, ça va aider c'est sûr)
John Holden wrote: 22 Dec 20, 22:06 Et d'accord avec toi pour souligner la crédibilité du couple Audie Murphy/ Patricia Owens, face à Gita Hall, même si à mon goût, la canaillerie de Patricia Neal a davantage de légitimité dans le déroulé du récit, ne serait ce que pour justifier la conduite de John Garfield.
D'accord à 100 % avec ce que j'ai gardé de ton post

Pour le reste, la note est tout de même significative. Et d'ailleurs, elle permet effectivement de relativiser la divergence puisque pour ma part j'aurais même mis un peu moins :wink: ça pourrait donner : 6 (pour le Siegel), 7,5 (pour le Hawks) et 9 (pour le Curtiz)

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Alexandre Angel
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by Alexandre Angel »

kiemavel wrote: 22 Dec 20, 23:16 J'en reviens à ça mais déjà dans un cas tu as un couple qui se retrouve et se trouve déjà en état de "dépendance " (Rick, cette relation passée l'a miné) et dans l'autre un homme et une femme qui se découvrent un égal "en indépendance "
C'est tout à fait cela. Et rien que ta façon de le formuler répond à la question du parallèle (célèbre) entre Rio Bravo et High Noon. Dans High Noon, un homme passe son temps à ne pas obtenir l'aide qu'il demande aux autres alors que dans Rio Bravo, un homme passe son temps à refuser l'aide que les autres lui proposent :mrgreen: (c'est évidemment caricatural).
kiemavel wrote: 22 Dec 20, 23:16 Après, on peut trouver qu'une relation amoureuse si différente détermine un type de récit plus intéressant dans un cas que dans l'autre mais pas forcément un film supérieur à l'autre.
Tu as raison au sens où Casablanca est un film qui ne mérite pas qu'on se serve d'un autre film pour le rabaisser. La réalisation de Michael Curtiz a de la classe, de l'élégance, du raffinement. C'est un beau film romanesque.
Il faut comprendre que je réagissais aux commentaires plus haut des déçus par To have... Déception qu'ils ont parfaitement le droit (et le devoir même :mrgreen: ) d'exprimer. Mais j'ai le droit aussi de réagir quand je perçois dans ces propos une méconnaissance de ce qu'a apporté Hawks dans le cinéma américain, du ton particulier de son écriture, de son génie moderne, de sa respiration, de son tempo.
On y voit qu'une version un peu cheap de Casablanca . Euh, oui, ça a sans doute couté moins cher.
Il ne faut pas prendre au pied de la lettre tous mes parallèles et mes vis-à-vis, simplement pour moi, si Casablanca est un film qui a de la classe, To have and have not est, dans mon souvenir, franchement génial.
Alors je vais le revoir (je suis obligé maintenant) et reconnais d'emblée que la dernière fois que je l'ai vu, Lauren Bacall m'avait un peu agacé avec ses regards par en dessous (elle ne le fait plus, ou moins, dans The Big Sleep)
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by kiemavel »

Alexandre Angel wrote: 23 Dec 20, 06:26
C'est tout à fait cela. Et rien que ta façon de le formuler répond à la question du parallèle (célèbre) entre Rio Bravo et High Noon. Dans High Noon, un homme passe son temps à ne pas obtenir l'aide qu'il demande aux autres alors que dans Rio Bravo, un homme passe son temps à refuser l'aide que les autres lui proposent :mrgreen: (c'est évidemment caricatural).
C'est bien ça. Ce n'est pas si caricatural mais si je connais ce parallèle, je pensais que sur ce point là, au sujet de To Have et Casa, en toute logique tu établissais le parallèle sur le contexte et donc l'attitude des deux personnages masculins et la nature de leur engagement dans la résistance. Mais sur ce point là, la comparaison ne vaut pas selon moi puisque l'un des deux films prend aussi la forme d'un film d'action/d'aventures ; ce que l'autre n'est presque jamais tandis que dans les deux westerns en question, c'est surtout leur manière d'affronter l'adversité qui les différencie ; pas le contexte ou la nature de l'engagement.
Il y aurait d'ailleurs beaucoup à dire sur cette fameuse réponse de Hawks car qui dans un tel contexte refuserait d'être aidé ? Un véritable héros, monsieur ! Bon, quelques-uns évidemment et c'est forcément cette représentation là qui flatte plus facilement l'imaginaire du public (masculin ... voire féminin)
... je perçois dans ces propos une méconnaissance de ce qu'a apporté Hawks dans le cinéma américain, du ton particulier de son écriture, de son génie moderne, de sa respiration, de son tempo.
Oui mais pour poursuivre avec ce que je disais plus haut et hier ... Hawks est très fort sur ses fondamentaux :wink: il est parfait dans son genre mais il manque de liberté par rapport à ses "obsessions ". Je souris toujours un peu en coin devant sa vision de l'amitié virile derrière laquelle filtre à l'évidence une immense tendresse pour les rapports des hommes entre eux. Son "sentimentalisme" de ce point de vue là est amusant ... surtout si on compare avec la méfiance qu'inspire la femme (mais au moins il les a montré fortes et indépendantes) mais quand même sa "modernité se mâtine aussi très fortement de très gros clichés. Très franchement, je marche à fond mais d'un autre côté souris aussi en coin quand je vois ces personnages masculins bourrés de préjugés sur ces aventurières un peu trop libres et suspectés d'être des trainés ; chose qu'elles s'efforcent de démentir pour rassurer le mâle pas si sûr de lui au fond. Même sa façon de montrer l'incapacité des hommes à exprimer le fond de leur pensée face aux femmes qui en diraient trop m'amuse autant qu'elle me touche. Et c'est très bien d'ailleurs. Mais la virilité selon Hawks était celle d'un homme né en 1900 (même si sa façon de montrer le couple en formation revet aussi, surement, un côté immuable et universel)
On y voit qu'une version un peu cheap de Casablanca . Euh, oui, ça a sans doute couté moins cher.
Oui, ça c'est hors sujet, je suis 100 % d'accord
Il ne faut pas prendre au pied de la lettre tous mes parallèles et mes vis-à-vis, simplement pour moi, si Casablanca est un film qui a de la classe, To have and have not est, dans mon souvenir, franchement génial. Alors je vais le revoir (je suis obligé maintenant)
Euh ... Moi j'ai envie de revoir les deux, Mozart :twisted: :wink: et Clayderman
... et reconnais d'emblée que la dernière fois que je l'ai vu, Lauren Bacall m'avait un peu agacé avec ses regards par en dessous (elle ne le fait plus, ou moins, dans The Big Sleep)
Ah ben, oui. Je la préfère aussi dans celui là et plus encore dans Dark Passage . Mais sinon, je préfère même souvent la substitue (Lizabeth Scott) à l'originale

Cela dit, tout ceci demande chez moi aussi à être revu
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Loup Solitaire
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Re: Howard Hawks (1896-1977)

Post by Loup Solitaire »

Un de mes réalisateurs préférés :

1- Le Grand Sommeil
2- Rio Bravo
3- Seuls les anges ont des ailes

Ces trois là à peu près sur un pied d'égalité : trois chefs d'oeuvre, chacun dans leur genre

4- La Rivière Rouge
5- La Dame du Vendredi
6- L'Impossible M. Bébé
7- Scarface
Presque aussi bien que les trois premiers. La fin de la rivière rouge ne m'avait pas plu à la première vision, davantage à la dernière. La dame du vendredi est un petit bijou de screwball comedy, tout comme l'impossible M. bébé (mais je préfère la dynamique entre les deux acteurs principaux dans le premier cité) et Scarface un modèle de film criminel (même s'il doit énormément au Underworld de Sternberg qui fut une vraie découverte)

8- Le Port de l'Angoisse
9- La Captive aux yeux clairs
10- Allez coucher ailleurs
Bons, mais vus il y a longtemps, à revoir

Pas mal : The Thing (je préfère la version de Carpenter), Road to glory

Pas de souvenirs marquants, ou pas vus en entier : La Terre des Pharaons, El Dorado, Rio Lobo, Air Force

Moyens : Sergeant York, Monkey Business, Tiger Shark

Raté : les Hommes préfèrent les blondes

Pas vus les autres
« Better a life like a falling star, brief and bright across the dark, than the long, long waiting of the immortals, loveless and cheerlessly wise » - The Broken Sword - Poul Anderson
« Que sommes nous, tous autant que nous sommes, sinon des spectres disparaissant dans la nuit ?» - Le Crépuscule du Dieu Gris - R.E. Howard