Robert Aldrich (1918-1983)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Alexandre Angel
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by Alexandre Angel »

Kevin95 wrote:HUSTLE - Robert Aldrich (1975) découverte

Neo noir ou coup de blues chez Robert Aldrich, alors dans sa décennie la plus étrange et dérangée, qui embarque Burt Reynolds dans son spleen après le succès de The Longest Yard (les deux y croient tellement qu’ils montent une société de production à toute berzingue dans l'espoir de multiplier les cartons). Hustle sent le placard : intrigue tordue, personnages au bout du bout, tristesse imprimée sur la pellicule... Seulement, contrairement à certains de ses collègues (au hasard, Chinatown de Roman Polanski), ce neo noir va se casser les dents au box-office. Trop étouffant, trop malsain, trop déprimant (et sans un visuel catchy comme chez Polanski), Hustle tourne en rond, met en scène des personnages qui s'enferment dans trois bouts de mur (budget cric-crac oblige), dans des souvenirs (Ben Johnson) ou dans une nostalgie désuète (Catherine Deneuve et son disque de Charles Aznavour ou sa sortie ciné pour voir Un homme et une femme de Claude Lelouch, Reynolds et ses films à la télé). Un cœur mélancolique dans un corps (époque + intrigue) violent, Aldrich est en fin de parcours et avoue un léger sentiment amoureux, lui d'ordinaire habitué aux films musclés, secs et masculins. Hustle se trouve chez le réalisateur, au croisement de la bizarrerie d'un Kiss Me Deadly des débuts (voir l'interrogatoire vénère de l'albinos) et l'émotion de son testamentaire ...All the Marbles. Polar coupant mais terriblement attachant. Une merveille Aldrich-ienne de plus.
Beau billet Kevin 8)
Des années 70, il ne me manque plus que The Choirboys.
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Kevin95
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by Kevin95 »

Alexandre Angel wrote:Des années 70, il ne me manque plus que The Choirboys.
J'adore celui-là (bon en fait, comme les 3/4 des Aldrich de cette décennie). J'y reviendrais tantôt (enfin, si j'ai le courage).
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Jeremy Fox
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by Jeremy Fox »

L'empereur du Nord chroniqué par Philippe Paul à l'occasion de sa sortie en Bluray chez Wild Side.
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cinephage
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by cinephage »

Jeremy Fox wrote:L'empereur du Nord chroniqué par Robert Aldrich à l'occasion de sa sortie en Bluray chez Wild Side.
:o
Vous avez embauché Aldrich à la rédaction ? Quelle classe...
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Jeremy Fox
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by Jeremy Fox »

cinephage wrote:
Jeremy Fox wrote:L'empereur du Nord chroniqué par Robert Aldrich à l'occasion de sa sortie en Bluray chez Wild Side.
:o
Vous avez embauché Aldrich à la rédaction ? Quelle classe...

Ca vous en bouche un coin hein ?! :mrgreen:
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Rick Blaine
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by Rick Blaine »

:lol:
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by Max Schreck »

Jeremy Fox wrote:L'empereur du Nord chroniqué par Philippe Paul à l'occasion de sa sortie en Bluray chez Wild Side.
Le film d'aventures quasiment parfait : efficacité redoutable de la narration, force de la caractérisation des personnages (où l'émotion n'est pas absente grâce au personnage de Carradine), et tout ça dans un environnement extraordinaire (tant le cadre que l'époque). Impérial, quoi.
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by Supfiction »

L'Ultimatum des trois mercenaires (Twilight's Last Gleaming)

En voyant Burt Lancaster suivre en direct la contre-offensive de l’armée pour reprendre le site qu’il a pris en otage, je ne peux pas m’empecher de penser à Hans Gruber anticipant les actions du FBI dans Die Hard. M’étonnerait pas que McTiernan apprécie beaucoup ce film dans lequel on trouve également des éléments d’intrigue proches de Rambo/Le professionnel.
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Jeremy Fox
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by Jeremy Fox »

Supfiction wrote:L'Ultimatum des trois mercenaires (Twilight's Last Gleaming)

En voyant Burt Lancaster suivre en direct la contre-offensive de l’armée pour reprendre le site qu’il a pris en otage, je ne peux pas m’empecher de penser à Hans Gruber anticipant les actions du FBI dans Die Hard. M’étonnerait pas que McTiernan apprécie beaucoup ce film dans lequel on trouve également des éléments d’intrigue proches de Rambo/Le professionnel.

Découvert il y a peu, à la sortie du Bluray, ce fut une très agréable surprise.
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by Supfiction »

Excellent oui bien qu’un peu long à démarrer et à finir. Le film décevra peut-être les amateurs d’action. En revanche le propos politique sur le vietnam est plus clair que dans n’importe quel autre film, JFK compris.

A noter qu’un dialogue cite Harry Houdini alors que le stf cite Harry Truman. Pas sûr que ce soit une erreur pour autant, peut-être que Houdini était un surnom ironique pour Truman. Dans le même genre, move your black ass donne remue toi negro.
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by The Eye Of Doom »

Decouvert avant hier.
Je suis netement moins enthousiasme que les avis ci dessus.
Quelqu'un parlait de quasi nanard, ce qui est certe tres exageré, mais je comprend un peu pourquoi.
Peut etre que la forme du thiller des annees 70 passe plus trop aujourd'hui (ha les plans split-screen!)?
Le film est trop long ou en tout cas demarre assez mal. On a du mal a croire à cette "attaque" par les pied nickelés du terrorisme.
L'interpreration est pour le moins inegale : mention speciale a Richard Widmark tres mauvais. Mais bon c'est pas le seul (Joseph Cotten fait de la figuration).

Il faut attendre la seconde moitié c'est a dire les scenes a la maison blanche pour que l'interet naisse.
Le propos est clair et audacieux mais ca suffit pas a faire un bon film.

Je le demande ce que Lumet ou De Palma aurait fait d'un tel script.
Ensuite entendre dire que c'est le dernier grand film d'Aldrich comme si Deux filles au tapis n'existait pas...
Pour moi, il y a pas photos.
Bref, je vais essayer dd revoir L'empereur du nord.
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Frances
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Re: Robert Aldrich (1918-1983)

Post by Frances »

- Fureur apache - Ulzana’s Raid de Robert Aldrich (1972) – Burt Lancaster, Joaquín Martínez, Bruce Davison, Jorge Luke, Richard Jaeckel.

Image

Ce qui déstabilise le plus dans Ulzana’s raid c’est l’impossibilité de s’appuyer sur des références du genre d’autant plus qu’on garde en tête Apache, tourné par Aldrich quinze ans auparavant. Le temps de la caricature réductrice de l’indien sanguinaire me paraissait loin et associé à l’image du patriotisme conquérant. J’ai tenté, durant tout le film de trouver une justification à la vision proposée par le cinéaste. Peut-être qu’il s’agissait de faire de nous les témoins des conséquences d’une lutte acharnée avec pour unique objectif l’extermination d’une civilisation. Partant de ce postulat, la violence comme ultime recours de survie pouvait alors conduire à l’abomination. L’autre hypothèse étant qu’à force de diabolisation, les indiens « choisissaient » d’incarner ce pour quoi on les condamnait, ce qui parait peu probable. Cela dit, il faut apporter des nuances et des précisions. Comme l’indique le titre VF, il s’agit des Apaches en particulier, connus pour leur habilité guerrière et leur obstination. La succession d’actes de violence et de barbarie qui jalonne le film laissent pantois, certes, mais s’ils reflètent la vraie nature de cette tribu, il faut s’interdire toute tentation d’angélisme nourrie par une mauvaise conscience et accepter ce qui nous semble inacceptable. En cela, et à la réflexion, le film d’Aldrich nous invite à se départir de toute vision simplificatrice qu’elle nous convienne ou nous dérange. C’est là que réside la force de son film : créer un réel malaise pour nous bousculer dans nos certitudes.
"Il faut vouloir saisir plus qu'on ne peut étreindre." Robert Browning.
" - De mon temps, on pouvait cracher où on voulait. On n'avait pas encore inventé les microbes." Goupi
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