Ennio Morricone (1928-2020)

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revpop
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by revpop »

Pour l'année 1980 j'ai encensé dix Bandes originales comprenant vingt-deux titres fabuleux :

Quatre titres de La Banquière
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Trois titres de Il bandito dagli occhi azzurri, Si salvi chi vuole
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Deux titres de Uomini e no, Professione figlio, La Dame aux camélias, Un sacco bello, Stark System
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Un titre de Il pianeta d’acqua, The Island
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Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1980 d'Ennio Morricone


Comme une aurore fulgurante, 1980 s'ouvre sur l'un des plus beaux thèmes d' Ennio échappé de la Banquière. J'ai choisi de commencer par le duo piano/violon, nu et magique, où l'archet foudroie la mélodie soutenue par les notes au bord des larmes du piano, le visage de Romy nous apparait là tel un mirage, puis, en enchainant, survient l'escadron des cordes qui, sur l'incontournable "Dedica", emporte tout dans la haute stratosphère .
Après il faut savoir redescendre, mais Ennio, le magicien, sait faire pour rester dans l'excellence : une partition piano jazz soulevée par des cordes hollywoodiennes ou brisée par un éclat de stridences expressionnistes (Il bandito dagli occhi azzurri), une marche au tempo spartiate suivie d'un morceau jazz-rock gorgé de lave brûlante (Si salvi chi vuole), une déferlante de sons et de rythmes de plus de sept minutes combinant le pointillisme de Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto et les rugissements de Un uomo da rispettare (Uomini e no); on entend la désespérance des cordes sur une plage de sable vénitienne de la belle époque (Professione figlio), un concerto de gouttes de piano glissant sur la peau diaphane de la dame aux camélias, le sifflement divin qui dodeline les têtes et attire les rayons du soleil (Un sacco bello) etc etc ...

Voici d'autres extraits qui ne sont pas sur le site distant.

"Dedica" (La Banquière) :



"Stranamente Un Giorno" (Il bandito dagli occhi azzurri) :



"Colpi Di Piume e Tempesta" (Si salvi chi vuole) :



"Nel Dramma, Un Amore" (Uomini e no) :



"Alba seconda" (Professione figlio) :



"Amori senza amori" (La Dame aux camélias ) :



"Tema Di Marisol Pt.8" (Un sacco bello) :



"Tango grottesco" (Stark System) :
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Major Tom
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by Major Tom »

Reçu aujourd'hui :D :

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Vinyle à 1.500 exemplaires il me semble.
Il commence à être en rupture de stock dans certains endroits. Ne tardez pas. :fiou:

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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by revpop »

Pour l'année 1981 j'ai encensé six Bandes originales comprenant seize titres fabuleux :


Quatre titres de Espion, lève-toi
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Trois titres de Le Professionnel, La Disubbidienza, La tragedia di un uomo ridiculo
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Deux titres de Butterfly
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Un titre de Occhio alla penna
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Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1981 d'Ennio Morricone


1981, à l'arrivée en France des rouges socialistes au pouvoir, Ennio perd ses repères, sa boulimie devient anorexique, sa légendaire qualité se lézarde tel un mur, il ne sait plus mixer le son d'une batterie qui ressemble de plus en plus au doum doum d' une marche éléphantesque, même Christophe Lemaire, le pape de la série B, perd ses repères en désignant On m'appelle Malabar comme étant son meilleur score de l'année.
Toutefois il faut savoir reprendre ses esprits et relativiser car même perdu Ennio nous sort de son cerveau enfumé encore quelques chefs-d'oeuvre.
De plus la production française est ici à l'honneur, comme cela est le fait depuis plusieurs années, certains diront, francophobes, que ce fut le début de la décadence. Sur la plus haute marche nous trouvons Espion, lève-toi, BO aussi stressante, libérant une angoisse primale, que travaillée comme un bijoutier, mais également le Professionnel avec ses incontournables "Le Retour" et surtout "Le Vent, le Cri", avec lequel nous sommes littéralement noyés de variations, ayant, moi, choisi de faire suivre deux variations (la III et la XIII) sans une once de batterie éléphantesque et faisant languir l'auditeur en retardant le plus possible l'arrivée de ses sacrés et satanés violons.
Mais il y a aussi des mélodies impossibles, venues d'ailleurs, des ambiances divines à vous foutre la chair de poule : la suite "Barbara" dans La Tragédie d'un homme ridicule en sera l'acmée !

Voici d'autres extraits qui ne sont pas sur le site distant.

"Espion, lève-toi (final)" (Espion, lève-toi) :



"Le Retour - On the Name of Bach" (Le Professionnel) :



"Il Colore Dei Suoi Occhi" (La Disubbidienza) :



"Pour Barbara" & "Ancora pour Barbara" (La tragedia di un uomo ridiculo) :




"Hot Tin Tub" (Butterfly) :
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hansolo
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by hansolo »

Je découvre que c'est Ennio Morricone qui a réalisé le générique d'Italiques (ORTF) qui deviendra le générique de référence des chaînes pendant 36 ans.
Il a repris le thème Lontano, qu'il avait composé pour la bande originale du film À l'aube du cinquième jour (Dio è con noi ou Gott mit uns) de Giuliano Montaldo.
https://www.ina.fr/video/I00017881/gene ... video.html
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- Well, if you fold 'em, they fire you. I usually throw 'em out.

Le grand saut - Joel & Ethan Coen (1994)
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by revpop »

Pour l'année 1982 j'ai encensé sept Bandes originales comprenant dix-neuf titres fabuleux :

Cinq titres de Marco Polo
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Trois titres de White Dog, Extrasensorial
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Deux titres de Le Ruffian, A Time to Die, The Scarlet and the Black, The Thing
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Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1982 d'Ennio Morricone


L'année 1982 est marquée au fer rouge par Marco Polo, série TV de la RAI de huit épisodes : la rencontre de Venise et de la muraille de Chine dans un score où l'aventure de la soie est galvanisée par des orchestrations luxuriantes, une mélancolie secrète qui s'égrène tout le long du voyage, des thèmes contemplatifs qui font flamboyer les Orients.
Mais cette année est aussi hantée par d'autres paysages, ceux intérieurs comme White Dog ou Extrasensorial dans lesquels la musique la plus sublime valse avec les pulsions de mort les plus horribles, ceux nostalgiques comme Le Ruffian, une ode aux contrées sauvages peuplées de mirages, et pour finir par des paysages horrifiques faits de glace et d'inconnu où la chose vous glace de son regard !

Voici d'autres extraits qui ne sont pas sur le site distant.

"Recordo Della Madre" (Marco Polo) :



"The Girl and the Dog" (White Dog) :



"Macabre waltzer" (Extrasensorial) :



"Ricordo Rosa (Sulla Torre Eiffel)" (Le Ruffian) :



"The Third Day At Dusk" (A Time to Die) :



"Humanity Part 1" (The Thing) :
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by revpop »

Pour l'année 1983 j'ai encensé six Bandes originales comprenant quatorze titres fabuleux :

Quatre titres de Copkiller, Les Voleurs de la nuit
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Deux titres de Le Marginal, Sahara
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Un titre de Nana, La Chiave
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Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1983 d'Ennio Morricone


Après l'ambiance exotique "Rêve dans le pavillon rouge" de la BO Marco Polo, cette année est traversée par une suite de symphonies pour cités violentes, où des thèmes sombres, crépusculaires, sont propulsés par des basses monstrueuses, des chocs de batterie tels des coups de tonnerre, des synthés d'outre-tombe et des cordes stridentes qui cisaillent le ciel d'orage. Ce chaos envahit l'atmosphère sulfureuse et se déverse dans les rues de la ville, pleine d'ombres et de fureurs, avec Ennio Morricone comme chef d'orchestre (Copkiller, Les Voleurs de la nuit, Le Marginal).
Vous trouverez aussi un calque de David Bowie période Heroes plus vrai que jamais ("Forecast") pour illustrer une certaine idée de décadence fin de siècle. Heureusement Ennio, c'est son secret, nous a concocté quelques havres de paix, quelques oasis de sensualité, aussi délicieux que romantiques.
(Pour compléter, Ennio a même commis un de ses plus mauvais scores, le nanar Hundra ! grosse machine hollywoodienne pleine de cuivres pétaradants et de choeurs mélodramatiques !)

Voici d'autres extraits qui ne sont pas sur le site distant.

"Copkiller" :



"Thieves After Dark (End Title)" (Les Voleurs de la nuit)


"Forecast" (Le Marginal) :
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by revpop »

Pour l'année 1984 j'ai encensé une UNIQUE Bande originale comprenant huit titres fabuleux :

Huit titres de Once Upon a Time in America
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Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1984 d'Ennio Morricone


Il est illusoire de croire que les miracles peuvent se multiplier à l'infini, le miracle est de soi unique et singulier. Once Upon A Time In America en est un, et un GRAND.
1984, à l'époque du Big Brother de George Orwell, livre lu pour un futur appelé enfer, deux romains, pratiquement du même âge, décide de plonger en apnée vers un passé qui rappelle la naissance d'une Nation, l'émergence d'un nouvel Eldorado, mais qui porte en lui aussi les graines de violence que dénoncera plus tard l'écrivain. Tout en racontant des amitiés humaines qui se veulent indissolubles, indéfectibles.
Une multitude d'images de ce chef d'oeuvre est gravée dans nos mémoires comme le fumoir d'opium, Deborah dansant, la gare lugubre de New York, le téléphone sonnant le glas...
Mais que dire de la musique ? Ennio s'est surpassé en composant de nombreux thèmes : Poverty, Deborah, Cockeye, Friendship où le souffle d'une flûte de pan est comme le souffle du coeur, où les cordes possèdent ici des accents divinement mahlériens, où les cuivres fêtent là les fins de partie, et la voix céleste d'Edda Dell'Orso élève la mélodie de Deborah au dessus des plaintes des violons et fait un pas de deux sur des notes de clavecin ... Inoubliable !
Comment expliquer cette osmose entre les deux créateurs romains ?


C'est comme si pouvaient se fondre et se loger
Tous les rêves de films dans les yeux de Leone
Toutes les musiques au coeur de Morricone.



Voici d'autres extraits qui ne sont pas sur le site distant.


"Once Upon A Time In America" :


"Friends Pt.1" :


"Childhood Memories" :


"Amapola Pt.2" :
Last edited by revpop on 28 Sep 20, 21:06, edited 3 times in total.
The Eye Of Doom
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by The Eye Of Doom »

Il faudrait que je le revoie, mais a sa sortie, la bo de Morricone m’avait paru le point faible du film, chef d’oeuvre par ailleurs. Un cote un peu sirupeux, surlignant le propos plutot que le transcendant.
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Major Tom
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by Major Tom »

revpop wrote: 26 Sep 20, 10:32 Pour l'année 1984 j'ai encensé une UNIQUE Bande originale comprenant huit titres fabuleux :

Huit titres de Once Upon a Time in America
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Il est illusoire de croire que les miracles peuvent se multiplier à l'infini, il est de soi unique et singulier. Once Upon A Time In America en est un, et un GRAND.
1984, à l'époque du Big Brother de George Orwell, livre lu pour un futur appelé enfer, deux romains pratiquement du même âge décide de plonger en apnée vers un passé qui rappelle la naissance d'une nation, l'émergence d'un nouvel Eldorado, mais qui porte en lui aussi les graines de violence que dénoncera plus tard l'écrivain. Et ceci tout en racontant des amitiés humaines se voulant indissolubles, indéfectibles.
Une multitude d'images de ce chef d'oeuvre est gravée dans nos mémoires comme le fumoir d'opium, Deborah dansant, la gare de New York, le téléphone sonnant comme le glas...
Mais que dire de la musique ? Ennio s'est surpassé en composant de nombreux thèmes : Poverty, Deborah, Cockeye, Friendship où le souffle d'une flûte de pan est comme le souffle du coeur, les cordes ici ont des accents divinement malhériens, les cuivres là fêtent les fins de partie, et la voix Edda Dell'Orso élève la mélodie de Deborah au dessus des plaintes des violons et fait un pas de deux sur des notes de clavecin ... Inoubliable !
Comment expliquer cette osmose entre les deux créateurs romains ?

C'est comme si pouvaient se fondre et se loger
Tous les rêves de films dans les yeux de Leone
toutes les musiques au coeur de Morricone.
Monument.

Très beau texte.
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by revpop »

Pour l'année 1985 j'ai encensé six Bandes originales comprenant treize titres fabuleux :

Quatre titres de La Piovra 2
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Deux titres de Il pentito, La gabbia, Via mala, Red Sonja
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Un titre de La Cage aux folles 3
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Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1985 d'Ennio Morricone


Ennio Morricone rentre chez lui, secoue son manteau trempé, sa casquette en tweed et les pose négligemment dans le vestibule. Il chemine à travers les longs couloirs de son appartement romain jusqu'à une porte qu'il ouvre de sa clé, car elle toujours fermée. Elle donne sur une grande pièce sombre et presque nue où se trouvent un tréteau sur lequel maintes partitions sont posées, un piano droit dans un coin, une méridienne pour se reposer. Et un téléphone qui, justement, sonna. Christophe Lemaire, alors jeune étudiant, venait le féliciter pour son admirable travail sur le film de Leone.
- "Merci, merci beaucoup, mais vois-tu, je suis las, vidé, surtout que Sergio vient de m'annoncer que les américains, toujours aussi irresponsables, voulaient charcuter son film, tant d'efforts pour en arriver là, tout ça pour ça"
- "Ce n'est pas possible, ils n'ont pas le droit de ..."
- "L'argent donne tous les droits, vois-tu, c'est pourquoi je veux faire une pause, me replonger ..."
- "Bonne idée, les plages de Rimini sont belles et calmes hors la saison touristique, peut-être même que Fellini sera présent et ..."
- "Non et non ! c'est pas çà, décidément personne ne veut m'écouter, je disais que je veux me replonger au plus profond de moi-même, être seul avec moi-même, tu comprends ?"

Christophe Lemaire écrivit, vingt ans plus tard, que l'année suivante à son coup de téléphone commencèrent les années mystiques d'Ennio Morricone.

Ennio, fatigué, reprit toutes ses partitions en fouillis qui juchaient sur son tréteau de travail.
Repiqua quelques idées, de Once Upon A Time In America il reprit "Unused theme" pour Il pentito, du Professionnel le thème "Le Retour" pour La gabbia.
Se demanda pourquoi il avait signé avec Richard Fleisher pour ce qu'il pensait être un gros nanar (Red Sonja), comprenez-moi comment écrire un thème comme "Cockeye" pour les muscles d'Arnold, et encore plus désolant, comment se surpasser pour les yeux bovins de Brigitte Nielsen alors que la gracile Elisabeth McGovern en avait de si beaux ?
Se fit la réflexion que La Poivra serait une superbe série sur la mafia, et que de toutes les façons la mafia le motivait toujours, lui donnait plus que des ailes.
"En tout cas quelle année triste" se disait-il quand il sortit d'un gros tas une partition toute froissée, "Ah zut j'ai oublié que je devais me coltiner le troisième épisode de La cage aux folles !". Sans bien comprendre ce qui lui arrivait, sa pensée muta ailleurs : il se souvint de ce vers de Rilke "Pomme à la rondeur pleine et poire, banane, groseille..." et il se mit soudain à improviser sur papier quelques notes aussi chatoyantes que chantantes ("Ask Me #2").
En pensant au grand écart qu'il venait de faire, associé Rilke et La cage aux folles, Ennio sourit.

Voici d'autres extraits qui ne sont pas sur le site distant.

"La morale dell'immorale" (La Poivra 2) :


"Messaggio" (Il pentito) :


"Laura" (La gabbia) :


"Silvie - Momento D'Amore" (Via Mala) :


"Love Theme/End Credits" (Red Sonja) :
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by revpop »

Pour l'année 1986 j'ai encensé trois Bandes originales comprenant onze titres fabuleux :


Quatre titres de The Mission, La venexiana
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Trois titres de Il giorno prima
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Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1986 d'Ennio Morricone


Cette nuit-là, Ennio Morricone, dans son long sommeil, entendit des voix. Toutes sortes de voix.

Des voix qui font s'élever, élan salvateur, des centaines de conquistadors à casque d'or montant, péniblement, dans la boue les flancs de monts ultimes à travers des jungles pluvieuses.
Des voix qui font écho aux vieilles ruelles de Venise, théâtre de maints jeux de masque, aux images d'une jeune fille haletante, fuyant on ne sait quelle ombre, dont les pas agités carillonnent sur les pavés luisants et traversent des cours mystérieuses comme la Corte sconta detta Arcana, au fond desquelles s'ouvrent des portes vers d'autres mondes.
Ou bien un champ de ruines sous une lune incandescente chevauché par des voix démesurées, tel un sombre Requiem pour choeur et orchestre.

Voici d'autres extraits qui ne sont pas sur le site distant.


"The Mission" :


"Solo Baci" (La Venexiana) :


"La Decisione" (Il giorno prima)
Last edited by revpop on 5 Oct 20, 11:49, edited 1 time in total.
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by revpop »

-- Edit --
J'ai ajouté également dans le Best Of 1975 un morceau de Leonor ("Angela E Valeria AKA Leonor") qui a été réutilisé dans la BO La Venexiana de 1986.
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by revpop »

Pour l'année 1987 j'ai encensé six Bandes originales comprenant dix-huit titres fabuleux :


Cinq titres de The secret of Sahara, The Untouchables
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Quatre titres de Mosca addio
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Deux titres de Gli occhiali d'oro
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Un titre de Rampage, La Poivra 3
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Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1987 d'Ennio Morricone


Il y avait bien longtemps qu'Ennio Morricone, ex-prodigue, ne nous avait pas honoré d'aussi longs et beaux scores.
Les Hominis Morriconus (sic) citeraient en priorité le flamboyant The Untouchables de Brian de Palma, BO dans laquelle Ennio montre toute la diversité de son talent : les marches martiales aussi tranchantes que les yeux gris-acier d'Eliot Ness ("The Strength Of The Righteous","On The Rooftops"), la nostalgie napolitaine d'une certaine mafia ("Al Capone"), la mélancolie de nos amitiés ("Four Friends") et tout se terminant par la cavalcade épique aux tonitruants cuivres hollywoodiens !
Je citerais plus volontiers l'énigmatique The Secret Of Sahara où l'éclat solaire du mirage s'aperçoit plutôt à sa disparition que lors de sa présence. Quel beau thème éponyme ! qu'il soit interprété par une renversante flûte basse ou par la voix fantomatique d' Edda Dell'Orso. Et que dire de "Shalomon", un des plus émouvants morceaux composés par Ennio, toujours la larme à l'oeil quand je l'écoute, la flûte basse ici se fait onirique, envoûtante entrecoupée de silences assourdissants : c'est comme le souffle du sable autour de rien, du vide. Le souffle en Dieu. Un vent ...
Je citerais également la tragique partition du film Mosca addio dans laquelle j'ai choisi quatre variations du même thème : une mélodie mirifique hantée par un glissando glaçant de clavecins puis hantée une autre fois par un glissando de violons vous hérissant le poil ("Ricordo di Mosca"), puis hantée par le bruit sonore & diabolique d'un train, d'un train hurlant qui se dirige vers les camps de la mort ("Viaggio") et pour finir, la lumière au bout du tunnel, le thème se transforme en une épure magistrale au piano solo ("Canzone senza parole") !
On pourrait citer aussi la douce mélancolie de Gli occhiali d'oro, et, au delà des carillons, la morsure des violons tragiques dans une nuit sans étoiles de Rampage.
Mais j'aimerais finir cette playlist comme je l'ai commencée, par la voix irréelle d'Edda Dell'Orso dans la saison 3 de la Piovra.

Voici d'autres extraits qui ne sont pas sur le site distant.

"Secret of the Sahara, Pt. 3 - feat. Edda Dell'Orso" :


"The Untouchables (End Title)" :


"Canzone senza parole" (Mosca addio) :


"Nora e Davide" (Gli occhiali d'oro) :
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

Post by revpop »

J'en profite pour ajouter à mon Best Of 66 le morceau oublié de The Bible : le terrifiant, épique et sonore "The Mountain" ! morceau que l'on retrouve sur la BO The Secret of Sahara.
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Re: Ennio Morricone (1928-2020)

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Pour l'année 1988 j'ai encensé quatre Bandes originales comprenant onze titres fabuleux :

Quatre titres de Frantic, Cinema Paradiso
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Deux titres de Gli Indifferenti
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Un titre de A time of Destiny
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Pour plus d'infos, tous les titres retenus et des extraits c'est ici :
Best Of 1988 d'Ennio Morricone


Il se peut qu'Ennio Morricone, en apprenant à la RAI la mort sordide de Jaco Pastorius, violemment battu par un patron de boite de nuit alors qu'il vivait comme un clochard, eût l'idée, quelques semaines plus tard et pour le film de Polanski, de ce solo de basse monstrueux et dévastateur. Durant tout Frantic nous sommes plongés dans une nuit parisienne aux couleurs criardes et acides, une nuit irrespirable jusqu'à la conclusion fatale où se glisse, à l'aurore, le chant mélancolique d'un accordéon.
Il n'y a pas plus éloigné de l'atmosphère acide de ce film que la nostalgie des vieux cinémas sous un soleil éclatant où, jadis, quelques baisers pouvaient être censurés par un projectionniste amoureux de sa profession. Nombreuses scènes à l'ombre desquelles les thèmes distillés sont couleur sépia, tissés de motifs surannés mais qui de temps en temps peuvent êtres secouées de fièvres intenses telle l'incendie du cinéma.
Première rencontre avec Tornatore, par contre avec Bolognini, leurs rencontres ne se comptent plus. Ici Ennio a composé comme thème principal un duo piano & cordes sous le mode d'une conversation de très peu de notes, d'un languissant écho qui se répète ad libitum, une tension de plus en plus intense : c'est comme si de sa bouche un simple souffle pouvait emplir l'univers tout entier.
Il est évident que cette playlist ne pouvait se terminer autrement que par la voix toujours aussi irréelle d' Edda Dell'Orso sur A time of Destiny.

Voici d'autres extraits qui ne sont pas sur le site distant.

"Frantic Pt.2" :


"Infanzia E Maturità" (Cinema Paradiso) :


Trionfo d'Amore (Gli Indifferenti) :